Château du duc d'Épernon

 

Château du Duc d'Epernon - Fontenay Trésigny

Le château du Duc d'Epernon à Fontenay-Trésigny, appelé aussi parfois le château des Sources ou de Fontenay, éventuellement Château du Marquis de Trésigny , date du XIIe pour ses parties les plus anciennes ( soubassement ) mais fut reconstruit au XVIIe. Néanmoins il est mentionné dès Louis VI dit Le Gros une fortification.

Parmi les personnages les plus importants qui ont possédé le château il y a Louis de Coutes, page de Jeanne d'Arc, la famille des Nogaret de la Valette qui inviterons à partir de 1570,  Catherine de Médicis, puis François II, puis Charles IX qui passeront au château. Jean-Louis Nogaret de la Valette est fait Duc d'Epernon en 1580 par Henri III qui avait célébré son mariage dans ce château. Il est également nommé gouverneur et lieutenant-général du Roi en Normandie le 7 novembre 1587 (2). Il est possible que ce soit dans ce château que fut décidé le massacre de la Saint-Barthélémy. 

Le terme de Fontenay vient de Fontanetum du XIIe siècle ( et avant ) et Trésigny provient de la famille Letonnelier de Breteuil dont les membres se qualifiaient de marquis de Trésigny. (3)

En 2007 la société JP Immo rachète le site de 110 ha afin d’y construire des appartements de luxe dans les communs ainsi que dans le château. Le projet est avorté par la faillite de la société immobilière malgré la vente d'une quarantaine d'appartements, dont trois dans le château. 

C'est un château aujourd'hui fortement endommagé, en état de délabrement avancé malgré les tentatives d'associations et de citoyens pour le sauver de la destruction totale.

 

 

Historique & Histoire 

 

Antiquité


Entre - 2500 et - 1000, déforestation progressive, augmentation de la population, travail du cuivre, du bronze, puis du fer ; les terres sont mises en culture.

Durant la période gauloise, le site est à la limite des peuples celtes des Meldes (Meldi) au nord et des Sénons (Senones) au sud. C'est un lieu de passage entre l'oppidum sénon de Metlosédum (Melun) et la capitale melde Iantinum (Meaux).

En - 52, défaite à Lutèce des tribus commandées par chef gaulois Camulogène face au légat de Jules César le lieutenant Titius Labiénus.

Période gallo-romaine : essor des cités de Meaux (Meldès) et Melun (Melodunum) bien situées sur les berges de la Seine et de la Marne. Une voie antique passait par le Vivier et Marles50, et des monnaies romaines ont été découvertes sur le territoire de la commune51. Une voie antique (Chemin Paré) allait également de Melun à Meaux en passant par Rozay. La via Agrippa (Chemin Paré) passe à Châteaubleau (Riobé) et à Chailly-en-Brie en remontant vers Meaux.

Au ve siècle, déclin de la civilisation gallo-romaine et ascension des Francs en Gaule.

Durant la Préhistoire : le site de Fontenay-Trésigny est incontestablement occupé. Des silex taillés et des haches de la période la pierre polie y sont retrouvés.
Au Néolithique : la forêt (Brigia Sylva) recouvre alors 80% de la Brie. La chasse et la cueillette sont pratiquées.
Antiquité
Entre -2500 et -1000 : déforestation progressive, augmentation de la population, travail du cuivre, du bronze, puis du fer ; les terres sont mises en culture.
Période gauloise : le site est à la limite des peuples celtes des Meldes (Meldi) au nord et des Sénons (Senones) au sud. C'est un lieu de passage entre l'oppidum sénon de Metlosédum (Melun) et la capitale melde Iantinum (Meaux).

En -52 : défaite à Melun des tribus commandées par chef gaulois Camulogène face au légat de Jules César le lieutenant Titius Labiénus.

Période gallo-romaine : essor des villes de Meaux (Meldès) et Melun (Melodunum) bien situées sur les berges de la Seine et de la Marne. Une voie antique passait par le Vivier et Marles, et des monnaies romaines ont été découvertes sur le territoire de Fontenay-Trésigny. La Via Agrippa (Chemin Paré) passe à Châteaubleau (Riobé) et à Chailly-en-Brie en remontant vers Meaux.

Au ve siècle : déclin de la civilisation gallo-romaine et ascension des Francs en Gaule.


Moyen Âge

852 puis en 861, raids vikings sur les villes de Melun et de Meaux. Nouveau raid sur Melun en 886.

Au XIe siècle, les terres sont dans la mouvance de la famille de Garlande. La famille de Garlande, originaire de la Brie, est de modeste extraction, probablement de lignage chevaleresque. La connaissance de la famille, fidèles du roi, commence avec Guillaume de Garlande qui exerce l'avouerie de deux domaines proches de Faremoutiers dépendant de l'abbaye Saint-Jean de Lagny.

Au XIe siècle, présence d'un prieuré-cure de chanoines réguliers à la collation de l'abbé de Notre-Dame de Chaâge, à Meaux.

Au XIIe siècle, la limite entre le domaine royal et le comté de Champagne passe au cœur de la Brie. Fontenay se situe sur le domaine royal.

Sous le règne de Louis VI le Gros (1108-1137), la modeste bourgade ne possède qu'un prieuré et un château fort. Le château fort, occupé par Louis VI le Gros, menace ruine. Il fut bâti sur un site stratégique, sur le chemin de Rome (une route de pèlerinage venant de Paris, qui se poursuivait vers Troyes par Rozay-en-Brie et Provins, et vraisemblablement utilisée par les marchands qui se rendaient aux célèbres foires de Champagne et par les pèlerins. Le seigneur y percevait un péage au passage sur son domaine33), sur le Bréon (qui alimentait les douves) en amont de la vallée (qui abritait le château du Vivier et où passait une voie), en bordure des terres royales face au comté de Champagne (Rozay-en-Brie et Bernay-Vilbert étaient alors en terre champenoise, séparée de Fontenay par les bois de Lumigny, de Bernay et de Vilbert).

 1113, le roi donne à des religieuses plusieurs terres à Fontenay.

Vers 1110, Gilbert de Garlande dit « Le Jeune », frère d'Anseau de Garlande, est seigneur de Tournan-en-Brie et La Houssaye, grand bouteiller de France (1112-1127/28), disgracié.

Vers 1140, Gui de Garlande est seigneur de La Houssaye, Possesse vers 1166/67 et Tournan-en-Brie vers 1173.

1166, sont seigneurs Anseau et Guy de Garlande, seigneur de Possesse, comme représentant Hugues de Possesse, seigneur de Tournan. Les seigneurs de Garlande se perpétuent pendant plus d'un siècle : Ansel (ou Anseau) II de Garlande et son frère Jean de Garlande en 1191, Dame veuve d'Ansel II de Garlande en 1201, Robert de Garlande en 1218, Anseau III de Garlande en 1246.

1233, fondation d'une chapelle dans l'église par Roger et Milon d'Attilly, écuyers, fils de Manassès d'Atilly. La chapelle devait être desservie par les religieux de l'abbaye de Notre-Dame de Chaâge.

1257, Anseau IV de Garlande, seigneur de Tournan, possède le château de Fontenay et les terres du domaine. Il meurt en 1287.

1271, Anseau IV de Garlande prétendit que Fontenay en Brie était de sa châtellenie, mais le parlement de Pentecôte jugea que le lieu était de la châtellenie de Melun36. Fontenay en Brie resta toutefois à la châtellenie de Tournan.

Aux XIIe et XIIIe siècles : essor des foires de Champagne, notamment à Provins et Lagny reliées entre elles par les villes de Jouy le Châtel  et Crécy-la-Chapelle.

L'époque de construction du château du Vivier n'est pas connue. Des ordonnances et édits relatifs à la propriété auraient été rendus en 1260. Le château a appartenu aux comtes de Champagne et de Brie et est passé dans le domaine des rois de France lorsque Jeanne de Navarre épousa Philippe IV le Bel, le 16 août 1284. Louis X le Hutin, Philippe V le Long et Charles IV le Bel, ont laissé peu de traces de leur passage au Vivier. Philippe le Long a daté de ce château trois ordonnances en 1319 et 132037.

1284, réunion du comté de Champagne au domaine royal, la Brie restera divisée entre Brie française et Brie champenoise jusqu'à la création du département de Seine-et-Marne.

En mai 1293, Jean de Garlande vend la châtellenie du Château de Garlande à Tournan-en-Brie à Pierre VI de Chambly dit « Le Gras », grand chambellan de Philippe IV le Bel. La châtellenie de Tournan est cédée en octobre 1293 à Charles de Valois. La châtellenie de Tournan est ensuite peu à peu démembrée et appartint à différents seigneurs.

1316, le pape Jean XXII publie une bulle autorisant la fondation d'une chapelle au Vivier dédiée à saint Thomas de Cantorbéry.

1325, Charles de Valois, avant de mourir, lègue le Vivier à son fils le futur Philippe VI de Valois qui viendra à plusieurs reprises entre 1328 et 1344.

1343, le roi Philippe VI de Valois fait don du Vivier à son fils Jean qui deviendra roi en 1350.

1348, arrivée de la peste noire, qui va décimer une grande partie de la population. D'autres épidémies de peste se produiront dans la Brie jusqu'au xviie siècle39.

1352, édification de la chapelle royale du Vivier en Brie par le roi Charles V le Sage. En février 1352, Jeanne de France épousa Charles II le Mauvais (1332-1387) dans la chapelle royale du Vivier.

1357, le roi Charles V dote le chapitre du Vivier en Brie de nombreux biens et de rentes, à Chaumes et à Tournan, la Haute Borne, Châtre et Romillieux (Renouilleux).

1358, la Brie est soulevée par la Grande Jacquerie lors de la guerre de Cent Ans. À cette époque, les riches laboureurs protégeaient leurs récoltes derrière les murs de leurs fermes fortifiées. Les fermes de Fontenay remontant à cette époque sont les fermes de Jean Grogne, de Renouilleux et de Malassise.

1360, les dotations du chapitre du Vivier sont confirmées, par lettres-patentes par le roi Jean. Nouvelle confirmation par Charles V devenu roi.

1367, Philippe le Hardi, frère de Charles V et duc de Bourgogne, en prend possession.

1368, lettres de sauvegarde et privilège datée du Vivier, en faveur du chapitre. En mars 1368, don à la chapelle du Vivier, de la terre et seigneurie du Tertre dans le Vexin français, revendue le 12 mars 1370 pour 600 francs d'or après un lettre de permission du roi du 17 janvier 1370. Don par Charles V d'un reliquaire enrichi de lames d'or et de pierres précieuses, qui contenait du bois de la vraie croix, extrait de celui de la Saint-Chapelle du Palais de Paris. La chapelle royale devient la Sainte-Chapelle Royale du Vivier-en-Brie

Le 7 mai 1370, fondation par le roi d'un collège (un trésorier, quatre chanoines, quatre vicaires et quatre clercs) et désignation des pièces de bois et leur contenance, dont les bois de Renouilleux.

Charles VI, ayant choisi le Vivier pour sa demeure et récréation, y fit beaucoup de belles fondations. On a prétendu que les cartes à jouer avaient été imaginées au Vivier par le médecin du roi, pour le distraire pendant sa longue maladie.

1389, Charles VI fait don par lettres patentes des terres de Fontenay à son conseiller Jean le Mercier, chevalier, seigneur de Noviant, la Neuville et Rugles, avec l’autorisation de reconstruire le vieux château tombé en ruines. Deux ans après, le nouveau château était debout avec auditoire de justice et prisons. Le château est alors clos de murs et de fossés autour d'une cour intérieure, avec deux pont-levis, au nord face à l'église et au sud. L'édifice actuel a conservé le plan rectangulaire cantonné de tours rondes32. Jean le Mercier est capitaine du château du Vivier en Brie41.

La seconde femme de Jean le Mercier, Jeanne de Vendôme, lui donna un fils, Charles le Mercier. Il hérita des domaines, seigneur de Noviant, la Neuville, Rugles et Fontenay en Brie, chambellan du roi et du duc de Guyenne. Il fut marié à Isabelle la Maréchale, demoiselle de corps de la reine, et mourut en 1414, sans enfants. Sa première sœur, Jeanne le Mercier, épousa Oger de Nantouillet et lui porta les fiefs de Noviant et de Neuville (qui firent par la suite retour aux Coutes). Sa seconde sœur, Catherine le Mercier, épousa Jean de Coutes, dit Minguet, et lui porta les fiefs de Rugles et Fontenay en Brie42.

Après la mort de Charles VI en 1422, Château Royal du Vivier-en-Brie - Fontenay-Trésigny, quoi qu'il restât nominalement séjour royal, n'eut plus pour habitants que les chanoines qui célébraient la messe dans la chapelle.

1420, la Brie passe sous la domination des Anglais et de leurs alliés bourguignons à la suite du traité dans la Cathédrale de Troyes.

1423, le roi d'Angleterre qui possède Fontenay en fait don à Erard Rollin, l'un de ses officiers déjà châtelain de Nesles.

1435, la Brie est reconquise par les Français mais le pays resta encore longtemps sillonné par les bandits français, bourguignons et anglais.

1437-1438, le rude hiver engendra la famine dans le pays de Brie.

 

 

1446, Louis de Coutes, dit Minguet, Magot ou Imerguet 

Il était âgé de quatorze ans lorsque le roi Charles VII de France le désigna pour servir de page à Jeanne d'Arc. Il veilla à la sécurité de la Pucelle d'Orléans jusqu'à que qu'il devienne écuyer le 22 août 1429, mais il suivra Jeanne d'Arc à Paris tente le siège de la ville.

 Il fut châtelain et seigneur de Fontenay en Brie, Viry, Neelle la Gilleberde, etc., en indivision avec ses frères et sœurs Jean de Coutes, dit Minguet, Raoul de Coutes, Jeanne de Coutes et Anne de Coutes, transporte l'usufruit à Denis du Moulin, alors évêque de Paris. Denis du Moulin, fils de Jean du Moulin44, chevalier, seigneur de Fontenay en Brie, fut maître des requêtes de l'hôtel du Roi, conseiller et ministre d'État et ambassadeur en Savoie en 1415. Il fut archevêque de Toulouse en 1422 et évêque de Paris en 1439. Il meurt en 1447.

 

Témoignage de Louis de Coutes lors du procès de Réhabilitation de Jeanne d'Arc

Déposition de Louis de Coules, dit Magot ou Imerguet seigneur de Novyon et de Reugles , page de Jeanne.
 

L’année où Jeanne vint à Chinon, j’avais quatorze ou quinze ans, et j’étais, en qualité de page, de la suite du seigneur de Gaucourt, capitaine dudit lieu de Chinon.

Jeanne arriva à Chinon en compagnie de deux gentilshommes qui la présentèrent au roi. Plusieurs fois je la vis aller et venir chez le roi. Elle prit logis dans une tour du château de Couldray, près de Chinon ; j’y demeurai avec elle tout le temps qu’elle y resta. J’étais continuellement en sa compagnie pendant le jour ; mais la nuit elle avait des femmes avec elle.

Je me souviens fort bien que pendant que Jeanne habitait la tour du Couldray, des personnes de qualité vinrent pendant plusieurs jours s’entretenir avec elle. Je ne sais ce qu’elle  faisaient ou disaient. Toujours en les voyant entrer, je me retirais.

Vers le même temps et dans cette même tour où j’étais avec elle, je vis maintes fois Jeanne à genoux. Elle paraissait en prières mais je n’entendais pas bien ce qu’elle disait. Assez souvent elle pleurait.

Peu après, Jeanne fut conduite à Poitiers, puis à  Tours ( voir Maison de Jeanne d'Arc à Tours,) dans la maison de la femme Lapau. A Tours, le duc d’Alençon donna à Jeanne un cheval que j’ai vu précisément au logis Lapau. C’est à Tours encore que je devins page de Jeanne avec un nommé Raymond. Depuis lors je restai toujours avec Jeanne et allai constamment en sa compagnie, la servant en l’office de page tant à Blois qu’à Orléans et, jusqu’à ce qu’on allât devant Paris.

Durant le séjour de Jeanne à Tours, le roi lui fit faire une armure complète et lui donna une maison militaire,

De Tours Jeanne se rendit à Blois, en compagnie d’hommes d’armes, ayant grande confiance en elle. Elle demeura quelque temps à Blois avec les troupes du roi. Combien de temps ? Je ne m’en souviens pas. Mais on finit par décider de quitter Blois et d’aller à Orléans par la Sologne. Jeanne partit tout armée avec une escorte d’hommes d’armes. Elle leur disait sans cesse d’avoir confiance en Dieu et de confesser leurs péchés. Eu route je l’ai vue communier.

Quand nous fûmes proche d’Orléans par le chemin de Sologne, Jeanne, plusieurs autres et moi, fûmes conduits au delà de l’eau, sur le côté de la ville d’Orléans, et de là entrâmes dans cette ville. Pendant le trajet de Blois à Orléans, Jeanne avait été fortement meurtrie pour avoir dormi tout armée la nuit du départ de Blois.

A Orléans elle fut logée dans le logis du trésorier de la ville, en face la porte Bannier. Il me semble même qu’elle reçut dans ce logis le sacrement de l’Eucharistie.

Le lendemain de notre entrée dans la ville, Jeanne alla trouver le bâtard d’Orléans et s’entretint avec lui. Au retour, elle était fort courroucée, parce que, disait- elle, on avait décidé qu’il n’y aurait pas d’attaque ce jour-là.

Néanmoins, elle s’en fut à un boulevard qu’occupaient les gens du roi, vis-à-vis d’un boulevard des Anglais ; et là, parlant aux Anglais qui étaient sur le boulevard en face d’elle, elle leur dit: « En nom Dieu, retirez-vous, sinon je vous chasserai.» L’un d’eux, appelé le bâtard de Granville, lui dit plusieurs injures : « Veux-tu donc, lui criait-il, que nous nous rendions à une femme? » Et il appelait les Français qui étaient avec Jeanne, « maquereaulx, mescréans ». Sur ce, Jeanne revint à son logis et monta dans sa chambre.

Je croyais qu’elle allait dormir, lorsque presque aussitôt elle descendit et me dit: « Ha, sanglant garson, vous ce me disiez pas que le sang de France feust répandu ! »En même temps elle m’ordonna d’aller quérir son cheval. Pendant que j’y allai, elle se fit armer par la dame de la maison et sa fille. A mon retour, je la trouvai déjà armée. Elle me commanda d’aller chercher son étendard qui était resté dans sa chambre, et je le lui passai par la fenêtre. L’étendard une fois en sa main, elle partit au galop vers la porte de Bourgogne. « Courez après elle,» me dit l’hôtesse. Ainsi fis-je.

Il y avait en ce moment une escarmouche vers la Bastille Saint-Loup , Château de Saint-Loup, et dans cette escarmouche le boulevard fut pris.

En route, Jeanne rencontra quelques Français blessés, ce qui la fâcha beaucoup. Pourtant les Anglais s’apprêtaient à faire bonne défense. Jeanne s’avança contre eux en grande hâte. Aussitôt qu’ils l’aperçurent, les Français se mirent à jeter de grands cris, et fut prise la bastille Saint-Loup.

D’après ce que j’ai ouï dire, quelques clercs qui étaient parmi les Anglais revêtirent leurs ornements ecclésiastiques pour venir au-devant de Jeanne. Jeanne les reçut et les fit conduire en son hôtel sans permettre qu’on leur fît aucun mal. Quant aux autres Anglais, ils furent tués par les gens d’Orléans.

Le soir, Jeanne vint souper en son hôtel. Elle était très sobre. Bien des fois, en toute une journée, elle n’a mangé qu’un morceau de pain. J’admirais qu’elle mangeât si peu. Lorsqu’elle restait chez elle, elle mangeait seulement deux fois par jour.

Le lendemain, vers trois heures, les hommes d’armes du roi passèrent la bastille de Saint-Jean-le-Blanc, qu’ils prirent ainsi que la bastille des Augustins, Jeanne passa la Loire avec eux. J’étais là, lui parlant. On rentra à Orléans, et Jeanne coucha dans son hôtel avec quelques femmes, selon son habitude. Chaque nuit, autant que possible, elle avait une femme pour compagne de lit. Quand elle n’en pouvait trouver en guerre et en campagne, elle couchait tout habillée.

[Le jour suivant, on prit la bastille du Pont], le lendemain, tous les Anglais qui étaient autour d’Orléans se retirèrent à Beaugeacy et à Meung. L’armée du roi, avec Jeanne, alla les y chercher. Offre fut faite de rendre Beaugency honorablement ou de combattre. Mais le jour du combat venu, les Anglais décampèrent de Beaugency. Les gens du roi les poursuivirent avec Jeanne. Etienne de Vignole dit La Hire conduisit l’avant-garde ; de quoi Jeanne fut fort contrariée; car elle désirait avoir la charge de l’avant-garde.

La Hire tomba sur les Anglais. On se battit. La victoire fut à nous. Presque tous les Anglais furent tués.

Jeanne, qui était très compatissante, eut grand pitié d’une telle boucherie. Voici un trait qui le prouve. Un Français qui menait quelques Anglais prisonniers venait de frapper l’un d’eux à la tête si fortement que l’homme tomba comme mort. A cette vue, Jeanne mit pied à terre, et fit confesser l’Anglais, en lui soutenant la tête et en le consolant selon son pouvoir.

Autant que j’ai pu la connaître, Jeanne était une bonne et prude femme, vivant catholiquement. Elle aimait beaucoup à entendre la messe et elle n’y manquait jamais, sauf les cas d’impossibilité. Elle était très fâchée quand elle entendait blasphémer Dieu et jurer. Je sais que souvent, quand monseigneur le due d’Alençon jurait ou disait quelque parole blasphématoire, Jeanne le reprenait. En général, dans l’armée, personne n’eût osé jurer ou blasphémer devant elle, crainte de ses réprimandes.

Jeanne ne voulait pas de femmes dans l’armée. Un jour, près de Château-Thierry ayant aperçu, montée sur un cheval, une femme qui était la maîtresse d’un homme d’armes, elle se mit à la poursuivre l’épée à la main. L’ayant atteinte, elle ne la frappa point, mais l’avertit avec douceur et charité de ne plus se trouver dorénavant dans la compagnie des hommes d’armes; sinon, elle lui en donnerait regret.

Voilà tout.

 

Le 1er octobre 1451, Jean du Moulin, fils de Denis du Moulin, échanson du roi, reçoit du roi pouvoir de rétablir le château, terre et seigneurie de Fontenay en Brie, l'hôtel de la Fleur de lis, l'hôtel de Sourdeau, ceux de Viry et d'Escoubley, qu'il a nouvellement acquis de Louis de Coutes.


Époque moderne

Au début du xvie siècle : les terres de Fontenay reviennent au roi François Ier qui les concède en 1529 au Chambellan François d’Escars de la Vauguyon. Ce dernier transporte son droit contre deniers comptants à Guillaume Prudhomme, qui fût Trésorier de l'Épargne.

1572 : massacre de la Saint-Barthélemy, qui aurait été décidé au château de Fontenay.

Du XVIe siècle au XVIIIe siècle : le bourg fortifié est entouré d'une enceinte de murailles et de fossés, dont la porte basse en 1544 et la porte haute en 1661.

Durant la première moitié du XVIIe siècle : construction du château du duc d'Épernon sur l'emplacement de l’ancien château médiéval.

Dès le XVIIIe siècle : Fontenay se situe à la croisée des routes rectilignes de Paris à Rozay et de Melun à Meaux.

Juridictions d'Ancien Régime : Intendance, Paris - Élection, Rozay - Subdélégation, Rozay - Grenier à sel, Lagny - Coutume, Meaux - Parlement, Paris - Bailliage, Prévôté et Vicomté de Paris - Gouvernement, Île-de-France - Diocèse, Meaux - Archidiaconé, Brie - Doyenné, Rozay.

1771 : rattachement au canton de Rozay. La municipalité de Fontenay-Trésigny perd en même temps son bailliage et sa compagnie d'arquebusiers.

1781 : création du lavoir du trou Babet.

1788-1789 : rude hiver et pénurie de blé.

 

Époque contemporaine

1789 : Révolution française, Fontenay-en-Brie devient Fontenay-Trésigny. Fin de l'Ancien Régime.

1790 : création du département de Seine-et-Marne le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie des provinces d'Île-de-France et de Champagne.

1792 : la Terreur sévit dans la Brie.

1814 : victoires de Mormant (17 février 1814) et de Montereau (18 février 1814) sur les troupes coalisées.

1815-1818 : la Brie se trouve dans la zone d’occupation russe.

1820 : destruction de la porte haute.

À partir de 1830 : arrivée de la machine à vapeur.

1852 : construction de la mairie-école sur les Bordes, terres situées à l'est de la vieille ville.

1856-1858 : construction de la voie ferrée de Paris à Mulhouse.

1861-1863 : construction de la voie ferrée de Gretz-Armainvilliers à Coulommiers.

Vers 1860 : débuts de la menuiserie Hardy qui s'installera sur 1 900 m2 et emploiera jusqu'à 260 ouvriers.

1860 et 1866 : comblement des fossés est et nord et transformation en boulevards.

1870-1871 : guerre franco-allemande. Du 11 septembre 1870 au 16 septembre 1870 : occupation de la Brie par les Prussiens. Un corps de garde prussien s'installe à Fontenay-Trésigny qui eut à supporter nombre de réquisitions dont le total s'élève à 72 000 francs. En septembre 1871, les troupes d'occupation allemandes quittent la Brie.

1893 : construction de la ligne reliant celle de Paris-Belfort et celle de Paris-Coulommiers entre Verneuil-l'Étang et Marles-en-Brie via Chaumes en Brie et Fontenay-Trésigny.

1910 : construction des bains-douches à côté du lavoir du trou Babet.

1902 : ouverture de la ligne du Réseau de Seine-et-Marne qui fermera définitivement en 1938.

1914-1918 : Première Guerre mondiale. Du 6 septembre 1914 au 13 septembre 1914 : la première bataille de la Marne aux portes de Meaux et de Coulommiers se soldera par une victoire des alliés français et anglais.

1923 : installation de l'électricité.

1936, la famille Tasse achète le domaine du château de Fontenay.

1939-1945 : Seconde Guerre mondiale. En juin 1940 : défaite de la France, l’exode remplit les routes. Le 14 juin 1940, en pleine débâcle de l'armée française, la Wehrmacht fait son entrée à Fontenay-Trésigny. La ville sera libérée le 26 août 1944 suite à l'offensive du Général Patton.

1954 : arrivée de l'eau courante.

1969 : fermeture de la gare de Fontenay-Trésigny.

À partir des années 1960 : urbanisation progressive de la ville et fort accroissement de la population. Déviation des RN 4 en 1960 et RN 36 en 1989.

 

 

 

 

Différents nom de Fontenay

Fontanettum en 1135

Fontanetum 1189

Fontenai en 1230

Fontenetum in Bria 1256

Fontenay fin XIIIe

Fontenay en Brie en 1547

Fontenay Trésigny en Brie en 1717

Durant la Préhistoire, le site de Fontenay-Trésigny est incontestablement occupé. Des silex taillés et des haches de la période de la pierre polie y sont retrouvés.

Au Néolithique, la forêt (Brigia Sylva) recouvre alors 80 % de la Brie. La chasse et la cueillette sont pratiquées.

 

 

sources : le parisien (1), Titre :  Discours de l'entrée du duc d'Épernon à Caen, le 14 mai 1588 (par Jacques de Cahaignes) / publié, avec une introduction, par R. de Formigny de La Londe (2), Dictionnaire topographique du département de Seine-et-Marne : comprenant les noms de lieu anciens et modernes / par Henri Stein,... ; revu et publié par Jean Hubert,... Auteur :  Stein, Henri (3), Wikipédia pour la chronologie, 

 

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