- Détails
- Catégorie : Seine-et-Marne - 77 - Églises
- Clics : 19310
Cathédrale de Meaux

Informations
- Adresse : Cathédrale Saint-Etienne de Meaux. Place Charles-de-Gaulle, 77100 Meaux
- Google Maps : Carte
- Téléphone : 01 64 36 41 00
- Email :
- Sites officiels : Eglise de Meaux http://www.ville-meaux.fr/
- Heures d'ouvertures & Visites : ouverte tous les jours.
L’histoire de la cathédrale Saint-Étienne de Meaux s'étend sur plus de quatre siècles de construction, reflétant l'évolution des différents styles gothiques. Voici un historique détaillé de l'édifice :
XIIe et XIIIe siècles : Les débuts et les premières difficultés
La construction de l'édifice gothique actuel commence entre 1175 et 1180 par le chœur. Dès 1198, la veuve du comte de Champagne Henri Ier y est inhumée. Vers 1200, une grande partie du chevet (déambulatoire, chapelles rayonnantes et tribunes) est déjà en place. Entre 1215 et 1220, les voûtes d'ogives du chœur sont lancées et le transept commence à s'élever.
Cependant, à peine cinquante ans après le début des travaux, des défauts de construction majeurs apparaissent. Les fondations sont insuffisantes et le poids des tribunes provoque l'affaissement du chœur. Entre 1253 et 1278, l'architecte Gautier de Varinfroy entreprend une reconstruction-restauration. Pour stabiliser l'ensemble, il supprime le niveau des tribunes (en s'inspirant de la cathédrale de Rouen) et surélève les chapelles absidiales pour les harmoniser avec la nouvelle hauteur du déambulatoire.
XIVe et XVe siècles : Entre mécénat royal et guerres
À partir de 1266, une nouvelle campagne est financée par Jeanne Ire de Navarre. Le transept est modernisé avec des façades richement décorées. Au début du XIVe siècle, les rois Philippe V le Long et Charles IV le Bel font des donations pour ajouter de nouvelles chapelles.
Les travaux de la nef se poursuivent mais sont régulièrement interrompus :
En 1358, une jacquerie paysanne arrête le chantier.
La guerre de Cent Ans et l'occupation de la ville par les Anglais (1422-1439) paralysent l'avancement des travaux.
Ce n'est qu'à la fin du XVe siècle que les trois premières travées de la nef sont achevées et que les quatrième et cinquième travées sont modifiées dans le style gothique flamboyant.
XVIe siècle : Achèvement et guerres de religion
La tour nord, haute de 60 mètres, est achevée entre 1505 et 1540. En revanche, la tour sud reste inachevée et reçoit un clocher provisoire en bois, surnommé la "tour noire", qui est toujours en place aujourd'hui. En 1562, la cathédrale subit d'importants dégâts lors de son pillage par les troupes huguenotes durant les guerres de Religion.
XVIIe et XVIIIe siècles : L'époque de Bossuet
Cette période est marquée par la figure de Jacques-Bénigne Bossuet, surnommé "l'Aigle de Meaux", qui fut évêque de la ville de 1681 à 1704. Son monument funéraire et sa statue se trouvent toujours à l'intérieur de l'édifice. C'est aussi à cette époque que le grand orgue est installé (buffet de 1627).
XIXe siècle à nos jours : Restaurations et préservation
Le XIXe siècle est une période difficile pour la structure :
En 1808, la foudre détruit une partie de l'orgue et d'une tourelle.
En 1814, l'explosion d'un magasin de poudre à proximité fragilise les murs.
De 1839 à 1894, une grande campagne de restauration est menée. Les architectes de l'époque, cherchant l'unité de style, modifient certaines parties flamboyantes pour les faire ressembler au reste de la nef.
La cathédrale est classée monument historique sur la liste de 1840 par Prosper Mérimée et a été élevée au rang de basilique mineure en 1912. Elle reste aujourd'hui un témoin majeur de l'art gothique en Île-de-France, malgré sa silhouette asymétrique caractéristique.
XIIe et XIIIe siècles : L'élan du gothique primitif et les premiers défis
La construction de l'édifice actuel débute entre 1175 et 1180 par le chœur. Le chantier avance rapidement : dès 1198, la veuve du comte de Champagne y est inhumée, signe que l'espace est déjà consacré. Vers 1200, le gros œuvre du chevet est en place, comprenant le déambulatoire, trois chapelles rayonnantes, les doubles bas-côtés du chœur et l'étage des tribunes.
Entre 1215 et 1220, les travaux s'élèvent avec la pose des grosses piles de la croisée du transept et l'achèvement des niveaux supérieurs (triforium et fenêtres hautes). Le chœur est alors couvert de voûtes d'ogives. Un dessin précieux de Villard de Honnecourt, datant d'environ 1220, témoigne de cet état primitif avec ses trois chapelles.
De 1220 à 1235, un nouvel architecte prend le relais pour édifier deux travées de la nef et une chapelle du bas-côté droit. Cependant, des malfaçons apparaissent rapidement. Vers 1270, de graves problèmes de fondations imposent une restauration majeure. Gautier de Varinfroy (qui œuvra aussi à Évreux) réalise alors un nouveau chœur pour stabiliser l'édifice.
XIVe siècle : Mécénat royal et interruptions tragiques
Le rayonnement de la cathédrale attire les faveurs de la couronne. En 1266, Jeanne de Navarre finance de nouvelles constructions, dont la modification des façades des deux croisillons du transept. La façade du bras nord est réalisée par Pierre de Varinfroy ; s'inspirant de Notre-Dame de Paris, il réutilise par économie des statues du début du XIIIe siècle.
Le XIVe siècle voit l'ajout de plusieurs chapelles grâce aux dons royaux et bourgeois :
1317 : Philippe V le Long offre des terrains pour deux chapelles rayonnantes.
1322 : Charles IV le Bel effectue une donation.
1331-1335 : Jean de Rose, bourgeois de Meaux, finance une chapelle latérale à droite de la nef.
En 1335, Philippe VI autorise l'allongement de la nef de trois travées, et les tympans de deux portails sont sculptés en 1336. Mais cet élan est brisé en 1358 par la Jacquerie. Sous la conduite de Guillaume Callet, les révoltés brûlent les alentours et massacrent des habitants avec la complicité du maire Jean Soulas. La révolte est finalement réprimée dans le sang par le comte de Foix, Gaston Phoebus.
XVe et XVIe siècles : Guerres, occupation et achèvement partiel
Après une reprise timide des travaux entre 1390 et 1410, la guerre de Cent Ans frappe de plein fouet. En 1421, les Anglais assiègent la ville. Meaux tombe le 10 mai 1422 et les défenseurs sont massacrés par les « godons » (soldats anglais). L’occupation dure jusqu'en 1436.
Le renouveau arrive avec Louis XI, qui restitue les privilèges de la cathédrale en 1464. À la fin du XVe siècle, les trois dernières travées de la nef sont enfin terminées. Le XVIe siècle marque l'ultime phase de construction :
1505 – 1540 : Édification de la tour de droite (nord).
1506 : Achèvement du portail de gauche et d'une chapelle latérale.
1530 – 1540 : Travaux de finition sur le clocher.
Cependant, la cathédrale ne sera jamais finalisée, à l'instar de Saint-Eustache à Paris. En 1562, les guerres de Religion éclatent ; la ville devient un bastion protestant et la cathédrale est pillée, mettant un point final définitif au chantier médiéval.
XIXe siècle : Le temps de la restauration
Après avoir traversé les siècles et l'époque de Bossuet, l'édifice nécessite d'importantes réparations. Une vaste campagne de restauration est menée de 1839 à 1894, redonnant à Saint-Étienne l'éclat et la solidité que nous lui connaissons aujourd'hui.