Château de Tours
 

Château de la ville de Tours

Il reste de l’époque médiéval la Tour de Guise, la Tour du Cachot Secret, une partie du Logis des Gouverneurs ainsi que des éléments plus anciens des fortifications Gallo-Romaine. Le pavillon de Mars fut édifié au XVIIIe siècle.

Etonnamment ce château qui fut un lieu important au XVe siècle va être délaissé par la conjonction de plusieurs facteurs géographies et historiques, notamment par la construction du château de Plessis-lés-Tours, des crues de la Loire qui vont avoir un impact majeur sur le pont d'Eudes. Il va devenir quasiment ruiné au XVIIIe siècle avant de servir de carrière de pierre et de caserne militaire, apportant le coup de grâce à l’ancien château comtal.

C’est seulement  vers les années 80 du XXe siècle qu’il va redevenir un intérêt majeur de la ville de Tours sans pour autant retrouver les fastes d’antan.

Aujourd'hui c'est un lieu d'exposition, d'art contemporain et d'histoire locale avec entre 50 000 et 70 000 visiteurs par an.

 

Historique
source : source sur place, documentation diverses, Le voyageur en Touraine par e. Brossard, site officiel, Gallica.bnf.fr, Wikipedia

 

 

Le terme de Tours viendrait des Turones, peuplade de la Gaule. Ils fondèrent la ville de Tours sur les bords de la Loire ( Allionos ).

Les Turones furent présent avec Vercingétorix à Alésia, Jules César après sa victoire fait raser la ville de Tours et son nom fut changée en Caesarodunum.

Au IVe siècle la ville s’étend et prend de l’importance, elle est devenue l’une des capitales des divisions territoriales de la Gaule Romaine.

Le christianisme y est présent, selon Grégoire de Tours, dès Saint-Gratien qui fut missionné par le pape Fabien pour évangéliser la Touraine vers 250, il serait mort vers 300.

Saint Martin de Tours, aussi nommé Martin le Miséricordieux, ou encore Saint-Martin des Champs, né dans l'Empire romain, plus précisément à Savaria, dans la province romaine de Pannonie (actuelle Hongrie), en 316, et mort à Candes-Saint-Martin, en Gaule, le 8 novembre 397, est l'un des principaux saints de la chrétienté et le plus célèbre des évêques de Tours avec Grégoire de Tours. Il fut inhumé à Tours à quelques mètres des remparts.

Ve siècle, les Wisigoths envahissent Caesarodunum qu’ils occuperont jusqu’à la victoire de Clovis à Vouillé en 507. La ville reprend le nom de Turones.

La ville va devenir notamment un point névralgique de la religion chrétienne dans le royaume Franc. La ville s’agrandit autour du tombeau de Saint-Martin et une ville nouvelle prend le nom de Martinopolis.

 

Différentes étapes des fortifications de la ville de Tours en Touraine

fortifications de la ville de Tours en Touraine

selon un plan de Eugène Giraudet

IXe siècle

845, Tours repousse une première attaque du chef viking Hasting.

850, les Vikings s’installent aux embouchures de la Seine et de la Loire qu'ils empruntent et contrôlent. Néanmoins Tours est sauvée du pillage par la crue de la Loire.

853, Tours et l’Abbaye de Marmoutier tombent sous les viking d’Hasting.

XIe siècle

Tours va devenir partitionnée en deux, cette situation s’exprime nettement à partir du XIe. D’un côté le bourg canonial de Châteauneuf nouvellement fortifié autour de la basilique Saint-Martin et de son pèlerinage (castrum novum) et l’autre partie distance d’environ un km avec le château comtal situé dans l'angle nord-ouest de l'ancienne cité - qui englobe la cathédrale et l'évêché - contrôle le seul pont enjambant la Loire, sur la route reliant Île-de-France au Sud-Ouest de la France.

 

Châteauneuf ( IXe et Xe )

Châteauneuf ou Martinpole de la ville de Tours

selon un plan de Eugène Giraudet

Bleu  : Châteauneuf

Rouge : XIVe construction

 

IXe et Xe, ce sont les Normands qui cette fois-ci menace la ville. Pour mieux se défendre la ville les chanoines de Saint-Martin édifient de nouvelles tours de défense, la forteresse prend le nom de Châteauneuf.

941, Thibaud le comte de Blois permet à la Touraine de devenir temporairement indépendante du pouvoir royal.

975, une lutte s’engage entre Foulque de Nerra, comte d’Anjou et le comte de Blois.

1044, le comté de Blois tombe sous la coupe des comtes d’Anjou.

1067, Geoffroy le Barbu avait été emprisonné au château en 1067 par son frère Foulque le Réchin jusqu'à l’intervention du pape Alexandre 1146.

 

Le château comtal en pierre du XIe ( entre 1044 et 1060 )

 

Château Comtal de Tours, Caesarodunum

selon un plan de Eugène Giraudet

Vert : Caesarodunum

Jaune : époque médiévale XIIe, le château comtal.

Rouge : XIVe construction

 

 

Le château des comtes de Blois est édifié sur l’emplacement des Thermes d’origine Gallo-Romaine, cette fortification en pierre cette fois-ci, alors qu’elle était en partie en bois précédemment, fut probablement édifié par Geoffroy Martel.

Il est édifié en partie en prenant appui sur les anciennes fortification Gallo-Romaine dont les murs sont plus épais ( 4.5m ) que ceux du nouvel édifice ( 2.6m ). Ce réemploi n’est pas rare dans les cités ayant une importance dans la période Gallo-Romaines.

L’un des entrées du côté Loire, fut décorée tardivement d'une frise en bas-relief dite du « tombeau de Turnus », est également conservée au XIIIe siècle et XVe.

 

XIIe - XIIIe siècle

1154, Henri Plantagenet, comte d’Anjou, devient roi d’Angleterre, de ce fait la Touraine entre dans le giron du royaume d’Anglerre.

1204, 50 après le roi de France, Philippe-Auguste, reprend les terres à Jean-sans-Terre.

1258, Henri III d’Angleterre et le Roi Saint-Louis, Louis IX, signent un accord redonnant la Touraine au royaume de France. La Touraine deviendra jusqu’en 1584, sous Henri III, une terre partagée en apanage à divers princes de sang royal.

XIVe

1308, Philippe le Bel réunit les Etats Généraux à Tours, évoquant l’affaire des Templiers.

1356, 30 mars, par lettres patentes, le roi Jean II le Bon, « Jean, par la grâce de Dieu, au bailli de Tours, par le péril de la guerre, ordonne de fortifier murs et maisons, et organiser le guet pour la défense de la ville ». Par cet acte royal il réunifie les deux parties de la ville de Tous avec la partie dite antique de Caesarodunum et de Martinopole ou dit aussi Châteauneuf

1365, Une enceinte médiévale est donc construite pour défendre l’ensemble de la cité.

1392, le 26 juillet, Charles VI conclut au château un traité avec Jean IV de Bretagne qui replace la Bretagne dans la même situation que le premier Traité de Guérande (1365) lui avait assigné.

XVe

1408 à 1409, Charles VI et le dauphin Charles vinrent se réfugier à Tours.

1417, le duc de Bourgogne Jean sans Peur se voit ouvrir les portes de la ville, mais le futur Charles VII réussit néanmoins à reprendre la ville.

1413, le futur Charles VII fête ses accordailles (fiançailles) avec Marie d'Anjou au château de Tours, acte scellé au Louvre le 18 décembre 1413.

1422, Charles VI meurt et Charles VII, qualifié péjorativement de « petit roi de Bourges » se fixe principalement en Touraine jusqu’à la reconquête du Royaume.

1429, Jeanne d'Arc est probablement passée au château, même si aucune élément écrit le confirme expressément. On sait surtout qu’elle fut à Tours 1429, dans la maison de Jean Dupuy, au 15 rue Paul-Louis-Courrier. Elle se rendra souvent au couvent des augustins, pour voir son confesseur, Jean Pasquerel. C’est à Tours qu’elle recevra son armure et qu’elle demanda de faire chercher l’épée de Sainte-Catherine-de-Fierbois.

1436, 24 juin, Marguerite d'Écosse (âgée de 11 ans) épouse, dans la chapelle du château, le fils (âgé de 13 ans) du roi Charles VII, par ailleurs duc de Touraine, et de Marie d'Anjou, le futur Louis XI de France, devant l'archevêque de Reims, Renault de Chartres.

1467, un des poternes est affublée d’une échauguette. Marie d’Anjou demande la construction de bâtiments plus confortable «  l’ostel neuf du roy », aujourd’hui le « Logis des Gouverneurs »

1444, Charles VII s'installe au château de Montils-lèz-Tours, alors à l’extérieur de la ville et de son enceinte défensive, qui deviendra le château de Plessis-Lès-Tours. Le 28 mai 1844, la trêve de Tours est conclue au château de Montils-les-Tours entre le royaume de France et le royaume d'Angleterre. Elle mit fin temporairement aux hostilités de la guerre de Cent Ans.  La délégation anglaise était conduite par William de la Pole, comte de Suffolk tandis Jean de Dunois, comte de Longueville et Louis de Beaumont conduisaient la délégation française.

 

XVIe

1545, le château devient la résidence du Gouverneur de Tours jusqu’à la Révolution Française.

1453, Jacques Cœur, accusé d’avoir participé à la mort d’Agnès Sorel, est enfermé quelques temps au château de Tours.

1468, le Cardinal La Balue, conseiller de Louis XI, y est également enfermé après son arrestation.

1532, elle devient le siège du baillage de Tours qui devient gouvernement militaire. C’est ainsi que les bâtiments deviennent « Palais des gouverneurs ».

1562, les Huguenots prennent le château de Tours pendant une centaine de jours.

1588, Henri III préside les Etats Généraux puis conclu une alliance avec le futur Henri IV au château de Plessis-Lès-Tours (anciennement Montils-lès-Tours sous Charles VII )

1591, 15 août, la Tour du château de Tours prendra le nom de Tour de Guise après cette histoire :

France Henri III fait assassiner Henri de Guise, chef de la ligue catholique. Puis il fait enfermer le fils et toute sa famille. Le jeune Charles ( de Guise ), alors âgé de 15 ans, est retenu moins de 3 ans dans la tour maîtresse du château de Tours, au niveau 4,  sous la garde de trente archers.

Charles de Guise s’évade du château le 15 août 1591, jour de l'assomption après s'être rendu à la chapelle du château y entendre la messe.

Afin de distraire les gardes, il leur propose de monter la tour à cloche-pied l’escalier à vis de la tour. Il distance ces derniers et réussi à s’enfermer dans sa chambre. Les gardes n’arrivent pas à ouvrir la porte, probablement renforcée comme porte de prison. Le jeune Charles prend une corde cachée dans son linge et descend. Les gardes s’en aperçoivent et tire des coups d’arquebuse, les domestiques lâche la corde et le jeune fuyard tombe de 4.5m en se blessant légèrement le genou. Il réussit à s’enfuir à cheval et traverse le Cher grâce à des complices. Il rejoint Bourges, puis Paris et se faire reconnaître chef de la Ligue.

Le nom de la tour en conserve le souvenir et plus tard, celle-ci donnera son nom à la caserne qui s'établira dans ces lieux.

 

XVIIe - XVIIIe siècle

 

A la fin du XVIIe le château est déjà dans un état de délabrement avancé malgré qu’il soit utilisé comme arsenal.

1755, le pont d’Eudes devient quasiment impraticable, la nouvelle construction d’un pont en pierre va jouer un rôle important dans l’abandon du château médiéval.

1768 à 1782, il sert de dépôt de mendicité et de prison.

1780, il sert de carrière de pierre, utilisées pour les quais de Loire et pour des casernements militaires.

1765 – 1778, l’ancien pont de pierre du XIe siècle est remplacé et déplacé et prendra le nom pont Wilson en 1918. L’Architecte est « de Bayeux ». La construction du pont va rendre le château comtal définitivement obsolète.

 

Pavillon de Mars, Tours

1781, édification probable du dit «  Pavillon de Mars », comportant trois étages. Il est édifié sur l'emplacement de la haute cour intérieure de l'ancien château et est adossé aux ruines de la partie habitable délabrée du dit château, côté ouest. Il ne reste alors que deux tours du château médiéval.

 

XIXe et XXe siècle

 

1815, la ville de Tours transforme le château en casernement. Cette nouvelle fonction va faire que le château médiéval sera fortement modifié, les parties les plus ruinés complètement détruites et l’ensemble du quartier totalement réaménagé.

1816, puis entre 1824 et 1832, suivant les plans de l'ingénieur départemental Cormier reliant entre autres le château et le Logis des Gouverneurs, ou de manière indépendante.

Le Logis des Gouverneurs précédemment amputé d'un tiers de sa longueur, à l'est, par le percement de la rue des Maures dès 1800, est allongé par compensation à l'ouest en 1826. Les mâchicoulis de la tour de Guise et l'ensemble de la tour, qui menace ruine, sont restaurés durant cette période. La tour servira de cartoucherie. Les vestiges ouest du château, détruites vers 1813, laissent la place à une cour

1845 – 1847, La passerelle Saint-Symphorien (ou Pont de fil) est un pont suspendu piétonnier et cyclable traversant la Loire à Tours, édifié par les frères Seguin quasiment sur l’ancien pont médiéval de Tours.

1870, lors de la guerre le gouvernement de la Défense Nationale s’installe temporairement à Tours avant de se déplacer à Bordeaux.

1887, la caserne prend le nom de Caserne Meuniers.

1913, l'ensemble fût classé monument historique mais ne changera rien en définitive sur le dépérissement global du château.

Pendant la Seconde Guerre-Mondiale, le château est utilisé par les Allemands comme prison.

1970 - 1980, la ville de Tours prend conscience de sauvegarder le château qui est relativement oublié des habitants de Tours. C’est aussi une époque de fouille importante.

1978, la tour de Guise est rénovée.

 

 

Photographies
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