Château des Brétignolles

 

Situé à Anché, sur la route de Chinon, le château est daté de la fin du XVe pour une grande partie. Il se visite depuis 2018, suite à son achat en 2016 par la famille Brendel. Le château a appartenu notamment à la famille Turgot et plus récemment il fut, lors de la seconde guerre mondiale, utilisée par la Gestapo et de généraux allemands, il fut à cette occasion fortement malmené. Le château organise également plusieurs manifestations, dont la fête médiévale fantastique. L'intérêt de ce château est qu'il a été peu modifié depuis le XVe et XVIe siècle, les propriétaires successifs depuis le XVe ont apporté des modifications relativement homogènes.

chateau des bretignolles

 

 

Historique & Histoire 

 

IXe, première mention connue de la terre de Brétignolles, par un acte de Charles le Chauve sous le nom de "Britanniolæ", ce qui signifie "petite colonie de Bretons" et appartenait au chapitre de Saint-Martin de Tours.

XIe, le domaine est la propriété de l’abbaye de Marmoutier et dépend du prieuré de Tavant. Brétignolles est désormais désigné sous le nom "alodium de Britanniolis" dans la charte de Geoffroy de l'Ile-Bouchard.

XIIIe siècle, le château médiéval appartient à Pierre de Sazilly en 1277, il est le premier seigneur connu.

XIVe, la seigneurie entre dans la famille Savary, puis passent à la famille Bernard, famille puissante également à Chinon. La famille Bernard était les seigneurs de la Ferté-Bernard, du Maine et de l’Anjou. Bernard de la Ferté-Bernard épouse Jeanne de Beaumanoir, ils auront quatre fils :

René, puis Guillaume, né en 1375, il épousera Jeanne d’Etiau.

Jean Bernard (1386-1463) devient notamment Maître des requêtes du Roi Charles VII en 1424, chancelier d'Anjou puis archevêque de Tours en 1441. Il construit une partie de la cathédrale de Tours à ses frais, fut ambassadeur à Madrid en 1455 et député de Charles VII au concile de Mantoue en 1459.

chateau du Moyen Age logis des bretignolles

Initialement le château comportait le logis central avec la tour carrée sur la gauche ( XIVe ou début XVe ). A la fin du XVe sont rajoutés la tourelle d'escalier et peut-être les tours actuelles ( à droite sur la photo ), dont une en forme d'éperon, ce qui laisse supposer qu'elle remplace peut-être une plus ancienne. En effet selon mon avis, les deux tours d'angles sont disposées de manières défensives, tout comme la grande tour carrée à l'arrière, dont l'angle fait face aux troglodytes, alors que le logis central est plus adapté une fonction de logement et dénué d'intérêt de défense. 

XVe

Le château actuel

Etienne qui deviendra le premier seigneur de la famille Bernard, en tout cas désigné comme tel dans les textes, de Brétignolles qui va être l’ainé de la branche des Bernard de Champigny ( sur Veude ). On peut penser que c'est ce dernier qui va renforcer le château des Brétignolles, avec la tour du XIVe siècle. Il est probable qu'il a fait apporter des modifications dont on ne connait ni l'ampleur, ni les caractéristiques.

 

grande salle avec cheminée du Moy-Âge

Les cheminées, avec arc de décharge,  semblent plus datées de la fin du XIVe et surtout début du XVe ( jusqu'au premier tiers du siècle ), peut-être édifié par des artisans de Chinon, dont on reconnait en partie l'architecture extérieure que l'on retrouve dans la ville Forte de Chinon ( rue Haute Saint-Maurice principalement ) mais aussi à Loches. Néanmoins les modifications actuelles majeurs ont été opérées probablement par Jean Bernard, son fils et Antoine Bernard son petit-fils. 

Etienne Bernard est un des fidèles de Charles VII bien avant que ce dernier soit roi. Il fut dispensé par Charles VII d’apporter la preuve de « son ancienneté et noble lignée » lors de son anoblissement, avec Guillaume de Ballan, seigneur de Maulévrier, en janvier 1447.

D’abord Maître de la Chambre aux deniers du dauphin, en 1415, il est trésorier de Louis II d’Anjou et de la reine de Sicile, Yolande d’Aragon de 1417 à 1419. En 1428 il est trésorier des finances de la reine Marie d’Anjou, épouse de Charles VII, et trésorier général de la reine de Sicile en ses pays et terres de France. On retrouve notamment les armes de ce personnage très puissant à Chinon dans l’église Saint-Étienne, mais aussi dans la chapelle de Brétignolles et dans la cathédrale de Tours.

Il participe notamment au traité d’Arras qui permet le rapprochement entre les Bourguignons et le royaume de France, il représente alors la reine de Sicile Yolande d’Aragon.

Il épouse en 1405, Anne Legouz, ils auront :

- Jean Bernard, valet de chambre de Monseigneur le Dauphin, gouverneur de Loches, et grenetier au grenier à Sel de Chinon. Il épouse Jeanne de Balan, dont ils auront Etienne, Antoine qui dérivent archiprêtre de Loches et fonde la chapelle du château, Jean et Françoise qui épouse Berthelot et qui aura comme fils Gilles Berthelot seigneur et constructeur du château d’Azay le Rideau actuel.

C'est probablement Jean Bernard qui va après la guerre de Cent-Ans rendre le logis plus confortable et supprimera l'aspect défensif de l'ensemble. Il garde néanmoins un aspect très sobre, très épuré, on s'éloigne des logis comme celui Jacques Coeur de Bourges, néanmoins on reste sur une très belle qualité de construction.

- Guy Bernard, évêque et duc de Langres, il est le premier chancelier de l’Ordre de Saint-Michel.

La famille garde le château de Brétignolles jusqu’en 1640, lorsque Louis Bernard et Claude le Camus vendent le château à Guillaume de Bordeaux. On peut penser que le château est en partie inoccupé à cette époque si on en croit les graffitis de 1636 qu’on retrouve dans la chapelle.

chapelle des bretignolles XVIe

Chapelle des Brétignolles, de forme élancée, assez compacte, elle rappelle néanmoins les dites saintes chapelles princières, mais de façon moins ostentatoires et moins élaborées du point de vue architecture. Elle fut édifée au début du XVIe siècle, malheureusement les vitraux d'origines ont disparus.

chapelle des bretignolles castrale

On remarquera que l'une des faces de l'église est totalement exempt de vitraux et fenêtres ogivales. C'est un peu étonnant, peut-être par volonté de réduire les coûts ou simplement lors de sa construction cela n'était pas nécessaire. Il n'était pas rare d'adapté un bâtiment à son environnement.

1640, les fiefs des Hauts Brétignolles et Basses Brétignolles sont unifiés.

1706, par mariage, la propriété devient une possession de la famille Martineau.

1718, par alliance, le Château des Brétignolles rentre dans la famille Turgot - Michel-Etienne Turgot, prévôt des marchands de Paris et conseiller d’Etat en devient seigneur. Il fait édifier les communs en 1732.

En 1789, le propriétaire est Anne Étienne Michel Turgot, comte de Turgot, officier au régiment des Gardes Françaises.

Le 22 mars 1811, Marie Victoire Turgot - héritière d'Anne Étienne Michel Turgot, vend les Hautes et Basses Brétignolles, le Bois de Veude, La Garde, les moulins de l'Arche et l'Argenson à Pierre-Jean-René de Pierres de Fougeray (1758-1828) - sous-lieutenant à la suite du régiment de cavalerie du Roi, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis. Ce dernier reçoit de Louis XVIII, le titre de vicomte héréditaire le 20 juillet 1816 par lettres patentes et toutes ses terres lui constituèrent son majorat.

1811, par mariage, les Brétignolles deviennent le fief de la famille de Pierres.

1876, Étienne Stéphane, vicomte de Pierres fut inhumé avec son épouse, qui le précéda de trois ans dans la tombe ( 1879 ). dans la chapelle du château. Le mari et la femme furent des figures familières de la cour impériale. Le vicomte était écuyer de l'impératrice Eugénie, dont la vicomtesse était l'une des dames d'honneur. Elle est figurée sous les traits d'Hippolyte, reine des Amazones, au côté de l'impératrice,représentée en Sémiramis, sur la monumentale cheminée des neuf muses qui occupe un côté de la salle des Preuses, au château de Pierrefonds. ( source : editions atlas )

1932, le comte Marcel de Bernard de la Fosse, membre d’une branche descendante de la famille Bernard à l’origine de la construction du Château, achète le Château des Brétignolles.

1939 - juin 1940

Réquisition par l’état français du château.

Marcel Bernard de la Fosse, descendant de la famille Bernard, se plaint notamment des travaux effectués et des nuisances. Il lui ait aussi signalé qu’il doit quitter les lieux afin que le ministère de la Santé puisse s’y installer en juin 1940. Alors que le ministère de la Santé quitte avec perte et fracas le château, le ministère souhaite garder les locaux inoccupés pour leur futur besoin éventuel, obligeant Marcel Bernard de la Fosse à abandonner le château.

21 juin 1940, les Allemands occupent les lieux. Le château est vidé de ces meubles le 28 juillet et l’ensemble du mobilier et linge est pillé, détruit, on en retrouvera même au château du Coudray-Montpensier. L’occupation par les Allemands est un désastre, puisqu’ils détruisent, en général par négligence et aussi par mépris probablement. Le propriétaire en fera un contre rendu agrémenté de photographie qu’on retrouve sur le site officiel.

2004, la Comtesse Yolande de Grasset qui avait acquis par succession le domaine décède le 23 janvier 2004. Ses quatre filles héritent du domaine, une piscine est construite, mais en définitive elles ne reviennent qu’en été, l’une réside à Londres et une autre à New-York, rendant difficile son entretien.

 

En 2016, en juillet, le château des Brétignolles est acquis par la famille Brendel. Le mobilier est vendu aux enchères, avec 330 lots inventoriés, une partie est acquise par les propriétaires actuels.

 

 

 

sources : La Nouvelle République , wikipédia, site Officiel, Amis du Vieux Chinon ( 1932 )

 

Photographies & Photos

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