Château de Fréteval

 

Le donjon de Fréteval est réputé pour être un des plus anciens donjons circulaires de France. Si l'ensemble est en ruine , il reste encore d'importants éléments et la fortification est facilement accessible.

C'est probablement dans ce château qu'eut lieu la fameuse "entrevue de Fréteval" entre le roi d'Angleterre, Henri II, et l'archevêque Thomas Becket.

Le donjon est détruit à la guerre de Cent-Ans par les troupes Anglaises venues assiéger Orléans.

Création des Archives et du poste de Gardes des Sceaux, après la bataille de Fréteval en 1194. Cet événement va permettre de créer les archives de France et de trouver un moyen plus pérenne pour les conserver. 

A 2km se trouve aussi la tour de Grisset ( IIe siècle ) ainsi que le château des Énigmes ( ancien château des Rocheux ) ainsi que le manoir de Beauregard dans le village.

donjon freteval chateau

 

 

 

Historique & Histoire 

 

 

Le château de Fréteval fut édifié à la limite des Comtés de Vendôme et de Blois, en plein période de conflits d’intérêts et d’influences entre les deux comtés. Le donjon actuel est construit d’un seul jet vers 1090, soit quelques années avant le donjon de Mondoubleau qui ont notamment comme point commun de ne pas avoir de salles voûtées. Le donjon de Fréteval est probablement l’un des premiers donjons ronds construits dans le royaume de France.

 

butte donjon

Le donjon est installé sur un éperon rocheux, ancien emplacement d'une église romane de Saint-Victor.

 

1ère période

VIIIe siècle, un village est présent et se fortifie autour de l’éperon rocheux avec notamment un « vallum », qui est en fait un grand fossé. Un sanctuaire dédié à Saint-Victor est construit plus tardivement.

1030, Nivelon I est Seigneur de Fréteval et Sénéchal du comte de Blois.

1044, Geoffroy Martel prend le château de Fréteval à Nivelon Payen, ce dernier meurt en essayant de reprendre une position du château de Fréteval qu’il avait perdu.

2ième période : Construction du donjon de Fréteval

 

Vers 1090 un donjon est construit sur l’éperon rocheux, entouré d’une chemise. Si l’église Saint-Victor est encore en activité, les villageois s’installent dans le village du côté gauche du Loir en contrebas du château sur les bords gauches du Loir. En 1096, la paroisse Saint-Nicolas et un prieuré de Marmoutier sont présents du côté droit du Loir. Un pont en bois devait probablement relié les deux paroisses et villages, ainsi qu’un gué ( passage possible dans certaines conditions entre les deux rives sans utiliser de ponts ). Le fief de Fontenaille se trouvait sur l’emplacement de la fonderie actuelle de Fréteval.

Fréteval de cette époque est répartis en trois espaces ayant chacun son rôle :

Le donjon, qui assure le système de protection de l’ensemble.

La Haute-cour, où vivait la garnison, l’intendance.

La Basse-Cour, village en contrebas.

1135, Ursion Ier est au côté de Sulpice II d'Amboise qui infligea une lourde défaite au Comte d'Anjou Geoffroy le Bel à Amboise.[i]

1136, le Vicomte Geoffroy IV de Châteaudun est fait prisonnier par Ursion Ier et enfermé dans le château de Fréteval.

 

3ième période

 

Plan Château de Fréteval ( 1860 )

A partir du milieu du XIIe siècle, occupé par les Plantagenets, le donjon est renforcé par une nouvelle enceinte entouré d’un fossé.

1154, Henri II de Plantagenêt est battu par la garnison de Fréteval dirigé par Hamelin de Meslay.

1158, 31 août, malgré sa victoire précédente Hamelin de Meslay est contraint, par le second traité de Gisors, de donner le château au roi d’Angleterre, ce dernier renforce le château. Ce traité stipule notamment que les rois de France et d’Angleterre conviennent du mariage d’Henri le Jeune avec Marguerite de France qui apporte en dot Gisors, Neaufles et le Vexin normand ; les Templiers deviennent gardiens de Gisors jusqu'en 1161.

1170, « Entrevue de Fréteval » : Henri II de Plantagenêt, après une première entrevue au château de Montmirail,[ii] une nouvelle rencontre a lieu au château de Fréteval avec Thomas Beckett, archevêque de Canterbury. Le « baiser de paix » offert par le roi après cette entrevue à Fréteval, n’était en réalité qu’un baiser de la mort puisqu’en décembre de la même année l’archevêque est assassiné par un groupe de chevaliers français, à la solde du roi d’Angleterre, dans sa cathédrale. L’un des assassins est le chevalier Renaud, fils d’Ursion seigneur de Fréteval.

1187, Henri Plantagenêt rétrocède le Château à Philippe Auguste dans le cadre du traité de Châteauroux. Alors qu’Henri II ne veut pas rendre le château de Gisors et le Vexin normand, dot de Marguerite de France, veuve de Henri le Jeune, et Richard Cœur de Lion refusant catégoriquement l'hommage qu'il devait au roi de France pour l'Aquitaine, le conflit semblait inévitable entre les deux royaumes, mais une trêve surprise intervient le 23 juin 1187 entre les deux protagonistes.

Alors que Philippe-Auguste est au porte de Châteauroux ( Château Raoul ), les troupes anglaises et françaises se font face sans qu’il ne se passe rien pendant une vingtaine de jours. Probablement que le placement des troupes de part et d’autre ne permettaient de prendre un avantage certain sur son adversaire, on retrouvera ce genre de situation plus tardivement pendant la guerre de Cent-Ans comme à la bataille de Montépilloy ou seules quelques escarmouches vont rompre le silence tenace des armes.

Les troupes royales des deux royaumes vont entre-temps tenter de trouver un accord, compliqué, entre les parties qui finit par se conclure le 23 juin.

«  Une trêve de deux ans mettait fin aux hostilités, alors que celles-ci étaient à peine commencées et que d'importants renforts venaient de grossir l'une et l'autre armée. Les deux adversaires s'engageaient à s'indemniser des dommages qu'ils s'étaient mutuellement causés et à licencier leurs troupes. Comme garantie de la trêve, Philippe devait garder provisoirement Issoudun, mais il renonçait à Châteauroux, premier objectif d'une campagne dont les heureux débuts avaient fait naître de grands espoirs chez ses alliés d'Aquitaine. La déception fut vive. « Puisque les barons sont mécontents et irrités de cette paix qu'ont faite les deux rois, proclamait peu après le fougueux poète Bertran de Born, je composerai telle chanson que lorsqu'on l'aura entendu chanter, il tardera à chacun de guerroyer ! Pour un roi déshérité et qui perd ses droits, il est mal de vivre en paix tant qu'il n'a pas obtenu satisfaction. »[iii]

 

Henri II Plantagenet chapelle sainte radegonde

Polychromie d'Henri II de Plantagenêt, peut-être une des rares à avoir été fait de son vivant, dans la chapelle Sainte-Radegonde à Chinon. Il a été inhumé dans l' Abbaye de Fontevraud , son gisant est encore exposé. Les rois d'Angleterre de la lignée des Plantagenêts ( Henri II, Richard Cœur de Lion, Jean sans Terre notamment ) sont probablement les plus "français" des rois de ce pays, ils parlaient habituellement le français, plus que l'anglais de leur époque. Une tradition qui est restée puisque les rois, princes et reines d'Angleterre parlent très bien le français encore aujourd'hui.

1194, Bataille de Fréteval, Création des Archives Royales

Le 5 Juillet, Richard Cœur de Lion affronte les troupes du roi de France Philippe-Auguste. Les « Archives » du roi de France sont perdus lors de la bataille, abandonnés lors de l'attaque surprise des Anglais, cette perte va impliquer une remise en question de la conservation des « Archives » . Initialement elles se déplacaient avec le roi, mais Philippe-Auguste va créer ,après cet événement  un dépôt, permanent pour les archives royales à Paris et crée la fonction de Gardes des Sceaux. 

Situé sur la rive droite du Loir, côté château de Fréteval, le roi part avec  des fantassins légers, des archers et des arbalétriers, tandis que l'armée remonte vers le château sur la rive gauche du Loir. Mais les troupes du roi d'Angleterre, plus légères et probablement équipées pour une embuscade, avancent plus facilement que les chevaliers français et la longue logistique de chariots qui s'embourbent en partie dans les marécages. L'avant-garde française est contrainte de ralentir pour attendre l'arrière-garde occupée à débloquer le convoi.

Entretemps Richard franchit le Loir afin de se placer du même côté que les Français puis il déploie sa cavalerie dans la forêt au-dessus de la plaine de Lignières. Les archers et arbalétriers anglo-normands sont cachés dans les marécages en embuscade.

Le roi de France prend un repos dans le village de Beaufour, tandis que la troupe royale entre dans la plaine de Lignières ,surveillé par les troupes du roi d'Angleterre qui attendent le bon moment. Alors qu'ils vont sortir de la plaine, c'est à ce moment là que les Anglais choisissent d'attaquer, pris de court et surpris, les Français tentent cependant une contre-attaque :

« Entre Fréteval et le château de Blois, est un lieu peu célèbre nommé Beaufour, perdu en quelque sorte au milieu des bois, et enfoncé dans de noires vallées. Le roi était par hasard en ce lieu avec ses barons; et vers le milieu de la matinée, il prenait son repas, tandis que les troupes cheminaient avec les chariots et les chevaux chargés d'armes, de vases et de toutes les autres choses nécessaires pour l'usage d'un camp. Tout à coup, le roi des Anglais s'élance du sein de sa retraite, et disperse facilement ce peuple désarmé et tout chargé de vivres et d'effets : il tue, emmène, enlève les chariots, les bagages, les chevaux, les corbeilles et les vases des cuisines et des tables, vases que l'or et l'argent rendaient éclatants et plus précieux que tous les autres. »

Décontenancés et attaqués de toute part, les Français tentent de riposter et font charger les chevaliers, mais ceux-ci doivent se replier face à la contre-attaque de la cavalerie anglaise. Les hommes sont massacrés et les chariots pillés. « Le même roi s’empara des bagages du roi avec l’argent et les différents meubles […] Le ravisseur n'épargna pas davantage les petits tonneaux tout remplis d'écus, pas plus que les sacs qui renfermaient les ornements, les registres des impôts et effets. » Guillaume le Breton, chapelain, biographe du roi de France.

Alors que Richard Cœur de Lion détruit les archives que Philippe Auguste a abandonné, celui-ci parvient à s’enfuir par le bois de l’Épau. source wikipedia qui tient sa source de  (a)


Destruction du château de Fréteval

1428-1429, le donjon est ravagé par les troupes anglaises de Salisbury afin de mener le siège d’Orléans, le château et son donjon sont progressivement abandonnés.

 

1926, Il est classé Monument Historique.

1968 - 1981 - 1988, Diverses fouilles sont réalisées.

 

sources :

[i] http://www.vendomois.fr/

[ii] Grande chronique de Matthieu Paris, Volume 9 – page 278.

[iii] Le miracle de Déols et la trêve conclue en 1187 entre les rois de France et d'Angleterre – Jean Hubert https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1935_num_96_1_449109

 (a).Eriamel (scénario), Jean-Blaise Djian (scénario), Pierre Liger (scénario), Juliette Derenne (crayonnés, aquarelles) et Bruno Marivain (crayonnés), Freteval, Saint-Martin-du-Bec, Assor-Hist BD, coll. « Le coeur de lion » (no 2), 2015, 73 p

 

 

 

 

 

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