Village de Crissay-sur-Manse
 

 

Le village de Crissay-sur-Manse fait partie du classement des plus beaux villages de France. Situé à 46m environ au niveau de la rivière de la Manse, tandis que son église est à 60m et le bâtiment au Carroi de la Grange à plus de 100m. Elle fait également partie du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, comme d'autres communes du canton de L’Ile-Bouchard. Crissay-sur-Manse est assez éloignée des grandes voies de communication actuelles ( autoroutes, trains ) ce qui a conduit à une évolution architecturale assez faible depuis le XVIIe siècle, c'est justement ce qui lui confère un bel attrait touristique.

 

Historique Crissay-sur-Manse
  source : site officiel, documentation diverses, source principale : Bulletin de la Société Archéologique de Touraine par Christine Meyer.



 

Des traces d'une première villa romaine permettent de penser qu'il y avait une activité humaine à l'époque gallo-romaine. Néanmoins celle-ci était en contrebas du village, vers l'église.

851, Charles le Chauve confirme que la paroisse de Crissé est sous la protection de l'Abbaye de Cormery. Ce qui permet de penser qu'il existait très probablement déjà une église, très certainement sur l'emplacement de l'actuelle église donc proche de la villa romaine. Il faut dire qu'à une époque tout ce qui était lieu de culte ou de vie à l'époque Gallo-Romaine fut ensuite réapproprié par l'église pour éviter notamment sa réutilisation en lieu de culte dans certains cas. Le village se nomme Crisseium en cette période.

1080 – 1130, le prévôt de l'Île-Bouchard, Vivien Brochard, donne au monastère de Crissay la dîme de l'église de Neuil, puis décide de tout reprendre par la suite pour une raison inconnue. À cette époque le village est cité comme Crissiacum.

1197, première apparition écrite de la famille de Turpin qui va devenir la famille importante de la Touraine et principalement de Crissay sur Manse. Guillaume de Pressigny et Herbert Turpin accompagnent Othon de Brunswick dans le Poitou, Herbert Turpin serait donc à ce moment précis au service de Richard Coeur de Lion.

1204, après que Philippe-Auguste réussi à rattacher des vassaux à sa cause, la famille Turpin devient alors une lignée importante dans la royauté française.

1213, Guillaume II Turpin et Guy Ier sont des Chevaliers-Banneret, Guy Ier meurt cependant pendant la troisième croisade. C'est vers cette période que le nom de Crissé apparait .

1241, Herbet II et Macé de Beaumont sont présents au ban de Chinon.

1250, Barthelemy de l'Île Bouchard accorde à Herbert II le droit de garenne ( chasse au lapin ) sur l'étendue de sa châtellenie.

XIIIe, période incertaine, présence d'un certain Guy II et de Marguerite d'Ussé. Guy III, fils du précédent, se marie avec Jeanne de Bauçay. Marguerite, frère de Guy III, se marie avec Eschivard de Preuilly, elle donnera en dot le château d'Azay-le-Ferron.

1299 et 1305, présence de redevances du domaine sur les "Comptes Royaux" pour Guy III.

1308, un linteau de porte en haut d'un escalier sous le donjon permet de dater son existence, il permettait d'accéder à un souterrain utilisé comme refuge , tout comme celui du Château de Brézé et celui par exemple du Château de la Celle-Guenand

1360, Guy V se marie avec Marie de Rochefort, elle apporte en dot Vihiers. Ce dernier fonde la chapelle Saint-Julien dans la basilique Saint-Martin à Tours ainsi que trois chapellenies dans la chapelle castrale du château de Crissay. Guillaume, son frère est quant à lui archevêque d'Angers entre 1360 et 1371.

1388, Lancelot, fils de Guy V, se marie avec Jeanne soeur de Marguerite de la puissante famille de Sancerre, il est donc le beau-frère de Béraud II de Clermont , alors dauphin d'Auvergne, et oncle de Jean IV de Bueil.

1398, 10 ans plus tard il se marie avec Denise de Montmorency, il pourra donc avoir en apanage Bercy et Deuil-la-Barre. Il meurt en 1414. 

fin XIVe – début XVe le château évolue au gré de la guerre de Cent Ans, avec une certaine précipitation. La charpente des écuries du château serait datée de 1350 – 1400.

1410 – 1411, construction du Rez-de-chaussée et un corps de logis contre un autre qui serait alors en ruine. On peut penser que la construction d'un autre logis accolé sur un ruiné est probablement à un manque de préparation dû à l'instabilité en période de guerre, il fallait faire au plus pressé. Daterait de cette époque ladite la Salle Rouge mais fortement remaniée depuis.

1429, février, Jeanne d'Arc - Histoire & Parcours a probablement utilisé le chemin passant par Crissay sur Manse, c'était entre Sainte-Catherine de Fierbois et Chinon. C'était l'un des chemins les plus courts et surtout l'un des plus sécurisés. On sait notamment qu'en 1499 il existait un péage à Panzoult sur le " grant chemin tirant de Chinon à Crissé et à Sainte-Catherine-de-Fierbois".

1432, 10 février, Charles VII passe à Crissay-sur-Manse. Il écrit une lettre aux habitants de Reims.

 



1490, Jacques Ier se marie avec Louise de Blanchefort. Il est l'un des secrétaires du roi Louis XI. La guerre de Cent Ans ayant pris fin depuis quelques années, les revenues et la paix s'installant, s'ouvre alors une nouvelle période de construction dans un but de rendre plus confortable les châteaux médiévaux. La Salle Rouge, ou Chambre Rouge, est remaniée, les poutres sont de 1496.

1530, les menuiseries des fenêtres à triples meneaux et les poutres de la charpente sont de cette époque. Néanmoins la façade du château n'est pas terminée faute de moyen.

Vers 1536, avant janvier, les enfants de  Catherine du Bellay et ceux d'Isabeau Chabot, seconde noce, se partagent les biens avec un avantage aux enfants du dernier mariage. Aujourd'hui on trouve encore les tapisseries de Louise de Blanchefort dans la Salle Rouge.

1545, François Ier autorise Jacques II Turpin de Crissé à entreprendre la restauration des murailles, quatre portes fortifiées (portes de la Motte, de Saint-Epain, du Puits Auger et Bigot) et  tours de la ville. Il ne reste aujourd'hui que deux portes, fortement dégradées.

1566, Charles Ier Turpin meurt, il est gentilhomme de la Chambre du Roi. Cependant il laisse des dettes importantes par des achats de sa femme Simonne de La Roche ( dame de Catherine de Médicis et gouvernante d'Elizabeth de France ).

1586, la conversion de leur suzerain Claude de la Trémoille au protestantisme, oblige Charles II Turpin à s'endetter encore plus pour protéger la ville et le château. Entraînant de nombreux procès pour récupérer les fonds.

16041605, Charles II et sa femme respectivement meurs. Le Chapitre tente de récupérer leurs dus jusqu'en 1613. Charles III meurt endetté en 1614.

1632, 1er juillet, les terres et le château de Crissay sur Manse sont saisis. Augustin d'Évrard, sieur de Haïccourt et de Jouy en fait l'acquisition. La famille Turpin présente à Crissay depuis le XIIIe siècle perd donc ses terres.

1665, Crissay sur Manse est racheté, tout comme Mongauger, Neuil et les Roches-Tranchelion, par Jacques de Beauveau. XVIIIème quelques actes portent le nom de Crissai.

1789, la ville prend le nom de Crissay.

XXe, le village prend le nom de Crissay-sur-Manse pour éviter les confusions postales avec Cussay.



 

Photographies
 
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