Château de Pierrefonds
 

château de Pierrefonds est situé en Hauts-de-France, dans l'Oise

 

Le château de Pierrefonds est situé en Hauts-de-France, dans l'Oise,  il a été entièrement restauré par Napoléon III fin XIXe. Le château fut édifié en 1396 par le duc d'Orléans, frère de Charles VI et oncle de Charles VII, père du Comte Jean de Dunois - Bâtard d'Orléans. Il fut assassiné en 1407 par le Ducs de Bourgogne Jean sans Peur car devenu gênant puisqu'il avait ,avec le Duc de Berry notamment, la régence du royaume avec Isabeau de Bavières lorsque Charles VI redevenait temporairement fou.

Souvent injustement décrié pour être  "trop neuf"  le château ressemble cependant peu ou prou à celui qui a pu exister au XVe, il est donc un parfait exemple de château médiéval vu de l'extérieur mais plutôt renaissance vu de l'intérieur. Certes on peut toujours reprocher certaines choses, mais Napoléon III et Viollet le Duc ont eu le mérite de sauver le château.

Petit historique
   sources : La France illustrée, Victor Duruy - documentations diverses, Jean Mesqui Doc 1 et Doc 2  

 
 

Il est situé à 43 km de Compiègne, sur la lisière orientale de la forêt. Ce lieu doit sa célébrité à ses deux châteaux, séjour de seigneurs puissants au Moyen-âge. Le second château est celui que nous connaissons aujourd’hui, entièrement réhabilité et restauré par Viollet-le-Duc au détriment de celui de Coucy.

Le premier château de Pierrefonds pourrait avoir existé dès le XIe, avant la naissance de Nivelon Ier premier seigneur du village. Le petit-fils de Nivelon agrandit le château et entendit son autorité sur une vaste étendue autour du château.
 
Mais cette lignée de seigneur s’éteignit en 1185, Philippe-Auguste acheta la châtellenie, dont les seigneurs portaient déjà à cette époque le titre de Pairs du Royaume.

C’est Louis d’Orléans, frère de Charles VI, qui jeta les fondements du château actuel, comme celui du château de la Ferté-Milon,  c’est donc le second château de Pierrefonds. Selon Enguerrand de Monstrelet dans l’une de ses chroniques, il dira la chose suivante «  un château moult bel, puissamment édifié et fort défensable » en français plus courant «  un « château bien beau, puissamment édifié avec de forte défense ».  Il avait quatre faces irrégulières et sept tours élevées de 35 mètres. Situé sur un « roc » le château est creusé dans ses fondations par des caves et cachots, Pierrefonds à le triste privilège d’être un des rares châteaux à posséder vraiment des « oubliettes » et non pas seulement de « simple » cachots. Les architectes et ouvriers ayant travaillés sur le château sont :

Robert Fouchier, sergent d’armes et charpentier du roi, peut-être celui qui a fait les plans du château. Jean Lenoir, l’architecte probable de Pierrefonds  et Jean Aubelet sergent d’armes et maçon général du Duc. Il ne faut pas faire d’anachronisme, le titre de Maçon Général étaient à l’époque un titre important équivalent à un architecte, maître d’œuvre ou  ingénieur en construction. Raymond du Temple est également souvent cité comme l'architecte de Pierrefonds.

Nicolas Bosquieux est investi du commandement du château avant d’être contraint et forcé d’abandonner cette charge en 1408 après l’assassinat de Louis Ier d’Orléans le 23 novembre 1407. Entre temps la guerre de Cent-Ans fait rage, le comte de Saint-Pol au service du Duc de Bourgogne a fait détruire des tours et les combes par le feu. Nicolas Bosquieux reste au château 10 ans plus tard après les ravages des Bourguignons.

En 1589, le château devient un refuge pour pillard, le célèbre Rieux l’utilise comme point de replis pour ravager les pays alentours.

Pour mettre un terme à cette bande de pillard et à la tentative avorté de régicide par Rieux, Henri IV fait assiéger le château par le Duc d’Epernon, sans résultat. Une nouvelle tentative du maréchal de Biron échoue également dans la même année en 1594.
 
Mais la chevauchée épique de Rieux est coupée net par sa capture dans les environs de Compiègne, il y est pendu. Le « lieutenant » Chamant du chef des brigands livra le château à Henri IV.

Sous Louis XIII  Villeneuve va tenter de faire comme Rieux, Charles de Valois envoi 15 000 hommes pour réprimer et prend le château en quelques jours.  Pour éviter que le château ne serve à nouveau de replis aux pillards, Richelieu décide alors de mettre hors d’état de service le château : destruction des toitures et entailles dans les murs.

Le château est acheté en 1810 par l’empereur Napoléon Ier pour 3000 francs. Mais c’est Napoléon III qui va restaurer le château par Viollet le Duc, cela aurait pu être cependant celui de Coucy.
 

Cour intérieure du Château de Pierrefonds

 
Cour intérieure du château de Pierrefonds
 
 
Salle des Preuses,  Château de Pierrefonds
 
 
 
Salle des Preuse de Pierrefonds
 
 
 
 
 
Caves , bal des Gisants, du Château de Pierrefonds
 
 
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Lorsqu’on sort de la forêt de Compiègne et que l’on arrive brusquement à Pierrefonds, on découvre un site à la fois charmant et grandiose. D’abord un joli lac entouré de verdure, un village pittoresquement groupé sur la rive, de hautes collines couronnées de bois; puis, au centre du paysage, la masse imposante d’une forteresse gigantesque, solidement assise sur le roc, avec ses tours et ses tourelles crénelées, ses mâ­chicoulis et ses pignons aigus. Les murs sont d’une blancheur éblouissante, parfaitement nets. Les sculp­tures sont intactes. Pendant une minute, on peut se croire en plein moyen âge.

Cependant le château que l’on a sous les yeux est moderne ; c’est une restau­ration ou mieux une restitution hardie, grandiose, accomplie de tout point avec un art supérieur. Le magicien qui a su ainsi évoquer le passé est un archi­tecte moderne, des plus illustres il est vrai, Viollet-le-Duc.

Laissons les admirateurs romantiques des ruines croulantes et moussues regretter les pans de murs et les tours éventrées que l’on visitait il y a vingt-cinq ans à cette même place. Il leur reste, Dieu merci, Coucy, et la Ferté-Milon, Chinon, Loches et Clisson. Ici il est impossible de ne pas se laisser séduire, de ne pas admirer et rendre justice à celui qui a fait sortir d’un monceau de débris ce féerique manoir.

Le château qu’il nous a rendu n’est pas le premier qu’on ait bâti sur cet emplacement. Dès le Xe siècle peut-être une forteresse importante s’élevait au-dessus du petit lac de Pierrefonds. Au XIe siècle elle appartenait à un seigneur nommé Nivelon, qui la fit ériger en pairie. Elle passa, longtemps après, à Philippe, comte de Flandres, qui la céda a Philippe-Auguste. Ce prince accorda aux habitants de Pierrefonds la confirmation de leur charte et de leurs privilèges communaux sous condition de lui fournir soixante sergents avec une voiture à quatre chevaux.

Après bien d’autres vicissitudes, la seigneurie de Pierrefonds échut, en 1390, à Louis, duc d’Orléans, frère du roi Charles VI, qui ordonna la construction du château actuel.

En 1411, après l’assassinat du duc d’Orléans, à Paris, par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, Charles VI, tuteur de son neveu le jeune duc Charles d Orléans, envoya le comte de Saint-Pol en Valois pour prendre, en son nom, possession du « chastel de Pierrefonds qui estoit, dit Monstrelet, moult fort dei- fensable et bien garny et bien remply de toutes choses appartenant à la guerre ». Plus tard, Saint-Pol refusa longtemps de rendre cette forteresse à son maître, même sur l’ordre du roi. Il en sortit enfin, mais après y avoir mis le feu. Cet incendie fut terrible, et les contemporains en parlent comme d’un désastre. Le duc d’Orléans répara les dommages, mais d’une ma­nière provisoire.

En 1420, le château de Pierrefonds, dont la garni­son était dépourvue de vivres et de munitions, ouvrit ses portes aux Anglais réunis aux Bourguignons et ne rentra que longtemps après sous l’obéissance de Charles VI.

Louis XII, étant duc d’Orléans, fit faire quelques réparations au château de Pierrefonds; toutefois, il est à croire que ces derniers travaux ne consistaient guère qu’en ouvrages intérieurs, en distribution d’ap­partements, car la masse imposante des constructions appartient tout entière au quinzième siècle.

François Ier vint quelquefois à Pierrefonds et ne pouvait, dit-on, se lasser d’admirer la force et la beauté du château.

Vers la fin de la Ligue, Pierrefonds était au pouvoir d’un certain capitaine Rieux, ardent catholique, intré­pide partisan, cruel comme le sont les gens de guerre au temps des guerres civiles. Il était fils d’un maré­chal ferrant. Il tint tète au duc d’Epernon, le blessa, et le roi fut obligé d’envoyer contre Rieux le maréchal de Biron ; mais les canons de l’armée ne faisaient que « blanchir » les murailles du château, tant elles étaient « épaisses et de bonne étoffe ». Biron leva le siège. Rieux, dans une sortie, fut pris par la garnison de Compiègne et pendu haut et court. Le gouverneur qui lui succéda vendit la place pour une somme d’argent considérable, et en 1595 le maréchal de Schomberg annonçait au connétable Henri de Montmorency que l’intention de Henri IY était que la place fût rasée. En effet, la place de Pierrefonds était devenue si redou­table pour tous les environs et jusqu’aux portes de Paris, qu’après la remise du château aux gens du roi de France, le prévôt des marchands et les échevins de Paris adressèrent une circulaire aux notables de Com­piègne, de Crespy et de Meaux, pour les engager il de­mander sa démolition de concert avec eux.

Henri IV néan­moins respecta le château, qu’il consi­déra comme une des résidences roya­les ies plus impor­tantes ; il en lit pein­dre le plan et la vue extérieure dans la galerie des Cerfs à Fontainebleau.

Sous Louis XIII, ce château servit encore de retraite à un hardi routier. Le capitaine Ville- neuve commandait pour le seigneur de Cœuvres, qui avait embrassé le parti des mécon­tents. Villeneuve ne sortait du château que pour ravager le pays : toute l’Ile-de-France était infestée de ses brigandages. Il arrêta plusieurs fois les coches de Normandie, de Flan­dre et de Picardie, et les rançonna. Il fallut une grosse artillerie et une armée de 15 000 hommes, commandée par Charles de Valois, comte d’Auvergne, pour obli­ger Villeneuve à capituler. Le siège ne fut pas long. Le comte d’Auvergne vit qu’il avait affaire à un en­nemi dissipateur, qui ne savait point ménager son feu et ses munitions. Il excita pendant quelques jours sa bravoure ; et, dès qu’il s’aperçut que le feu des as­siégés tombait et que leur première ardeur était rail­lerie, il fit battre en brèche le grand donjon, et em­porta bientôt la place l’épée à la main.

Un an après, le conseil du roi Louis XIII fit entière­ment démanteler le château. On fit sauter les deux grosses tours par la mine ; les logements furent dé­truits, les planchers et les charpentes brûlés, les tours et les courtines du Nord éventrées à la sape, parce que de ce côté le voisinage immédiat du village ne permet­tait pas d’employer la mine.

A la Révolution, les ruines du château de Pierrefonds furent vendues comme bien national et sorti­rent du domaine de la couronne royale, pour rentrer dans celui de la couronne impériale en 1813, Napo­léon les ayant rachetées pour 2 700 francs.

Napoléon III se prit d’affection pour ces ruines et résolut de les relever. La restauration, continuée avec lenteur de­puis dix-neuf ans, est aujourd’hui terminée ou à peu près.

Le château de Pierrefonds est situé à vingt-cinq mètres au-dessus du petit lac, à l’extrémité d’un étroit promontoire. Une vallée assez profonde l’entoure sur trois côtés ; un fossé achève de l’isoler sur le qua­trième coté. D’importantes fortifications précèdent les murailles, surtout en face du donjon, auquel on accède par une série de pont-levis et de herses. Huit tours flanquent ses énormes murailles et chacune d’elles porte la statue et le nom d’un preux : César, Charlemagne, Artus, Alexandre, Godefroy de Bouillon, Josué, Hector et David. Le donjon défendu par les formi­dables tours de César et de Charlemagne, et surmonté de deux élégantes tourelles de guetteur, domine tout le château de sa masse superbe. L’ensemble est d’une majesté incomparable.

La grande cour, où 1 on pénètre par un passage for­tifié, séduit d’abord par sa pittoresque irrégularité. A droite c’est le donjon, avec son gracieux escalier d’honneur tout brodé de fines sculptures; la chapelle, dont le joli portail rappelle les plus précieux monu­ments du quinzième siècle. A gauche, la grande galerie avec ses hautes fenêtres à meneaux ; en face, un logis droit coupé de pavillons de forme originale, auxquels on accède par un large perron précédé de la statue en bronze du duc Louis d’Orléans. Autant l’aspect exté­rieur du château est sévère et massif, autant ses fa­çades intérieures sont élégantes et légères.

Le donjon servait jadis d’habitation au châtelain.

Il contient au rez-de-chaussée offices et cuisines, caves et magasins ; à ses deux principaux étages, de vastes salles somptueusement ornées de boiseries dentelées et de vives peintures semblables aux enluminures des vieux missels. Des vitraux tamisent le jour qui pénètre abondamment par les croisées aux profondes embra­sures. Sur le manteau des immenses cheminées, où un bœuf entier rôtirait aisément, sont peintes d’innom­brables arabesques et des figures empruntées à 1 his­toire sacrée et profane et aux romans de chevalerie. Quel dommage que l’on ne puisse disposer dans ces vastes salles les somptueux meubles du temps, sus­pendre le long des murs des verdures et des tapisseries de haute lice, disposer sur des crédences 1 argenterie ciselée et les faïences aux éclatantes couleurs ! L’évocation serait complète ; le rêve serait réalité !

Au sortir du donjon, l'on pénètre dans les bâtiments qui renferment les grandes salles du château. La ga­lerie seigneuriale est précédée d un vestibule suppôt- tant une vaste tribune où l’on plaçait les musiciens pendant les banquets et les lètes. La porte est toute brillante de sculptures et de dorures. La voûte, décorée d’ingénieux rinceaux, est lambrissée eh berceau et percée de grandes lucarnes du côté de la cour. Le manteau de la cheminée à double foyer qui fait lace a l’entrée est orné des statues peintes des neuf preuses : Sémiramis, Déifemme, Lampédo, Hippolyte, Déiphile, Thamyris, Tanqua, Ménelippe et Pentésilée. Les embrasures des fenêtres sont peintes de fines arabesques. Cette superbe galerie n’a pas sa rivale en France. Elle contenait autrefois la collection d’armes particulière de Napoléon III.

Il ne nous reste plus qu’à parler des oubliettes ; on en a découvert un spécimen dans la tour d’Artus. Au- dessous du rez-de-chaussée de ’cette tour [se trouve d’abord un étage voûté, et plus bas encore une cave profonde de 7 mètres. On ne peut descendre dans cette cave que par un œil percé à la partie supérieure de la voûte, c’est-à-dire au moyen d’une échelle ou d’une corde. Sous cet œil s’ouvre un puits profond de 14 mètres et large de 1 m. 30. Cette cave, à peine éclairée par une étroite meurtrière, est accompagnée d’un siège d’aisances pratiqué dans l’épaisseur du mur. Elle était donc destinée à des prisonniers, et le puits était probablement une tombe toujours béante pour les malheureux que l’on voulait faire disparaître à jamais.

Tel était ce fameux castel de Pierrefonds : forte­resse au dehors, à l’intérieur habitation de plaisance et parfois prison inexorable. Le moyen âge y revit tout entier.

 

 

source : Les palais nationaux : Fontainebleau, Chantilly, Compiègne, Saint-Germain, Rambouillet, Pau, etc., etc. / par Louis Tarsot et Maurice Charlot ( date d'édition inconnue mais probablement fin XIXe ), numérisation et OCR par montjoye.net avec  des rajouts et modifications du texte initial.

Vous pouvez néanmoins trouvez un exemplaire numérique sur gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6448891b

 

 

 

 

 

 
 
 
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