Le Puiset

 
 
Le château situé dans la commune Le Puiset est à mi-chemin entre Etampes et Orléans, à la jonction d’anciennes routes antiques, le Puiset est connu aujourd’hui surtout pour avoir été une des seigneuries en conflit avec des rois de France, Philippe Ier et Louis VI, ce dernier va être contraint de raser le château médiéval. Des membres de la famille éponyme feront aussi les croisades en terre sainte.

 chateau Le Puiset

 

Historique & Histoire 

 

Ier siège du château

Décrit dans les Miracles de Saint-Benoît, d’André de Fleury.

972 - 1031, le Puiset est fortifié par Robert II le Pieux, probablement par la mise en place d’une motte castrale, avec tour en bois et chemise en bois. Après la mort du roi, Constance d’Arles tente de mettre en place Robert au détriment d’Henri Ier, l’ainé des deux enfants. Elle prend le château du Puiset, Henri Ier assiège le château et reprend probablement la place. C’est le premier siège connu du château, qui devient à priori un château royal.

Vers 1063, mariage de Hugues, Hugues Ier Blavons, futur seigneur du Puiset et d’Alix de Monthléry.  Il devient seigneur du Puiset (1067), seigneur de Villepreux en 1078, il devient Vicomte de Chartres par Thibaud III, comte de Blois et de Chartres. Il serait né vers 1035, décédé probablement le 29 décembre 1094 à l'âge d'environ 59 ans. Alix de Monthléry est la fille de Gui Ier, seigneur de Montlhéry, né vers 1015 et mort en 1095, il fut aussi forestier du roi Robert et de Hodierne de Gometz. Il était fils d'Érard Ier, vicomte de Chartres et comte de Breteuil, et d'Humberge de Sours.

1067, Hugues Ier prend le château royal du Puiset et s’y installe. Philippe Ier étant mineur et son autorité relativement faible.

1073, malgré que Thibaud III, comte de Blois et de Chartres, le fait vicomte de Chartes, Hugues Ier se montre particulièrement guerroyeur et peu enclin à être un vassal soumis.

1079, devenu majeur, Philippe Ier tente de reprendre la place, en vain, les troupes royales sont mises en déroute.

A la fin du siècle, avant son décès, Hugues Ier fait enfermer pendant deux ans l’évêque de Chartres.

On retrouve dans la famille du Puiset de nombreux croisés  :

Hugues III du Puiset (vers 1095-1132), comte de Corbeil, meurt en Palestine en 1132. Il était le fils d'Érard III, seigneur du Puiset et vicomte de Chartres, et d'Adélaïde, comtesse de Corbeil. Son père participa à la première croisade et mourut en Palestine en 1099, alors qu'il était encore enfant. Ce fut son oncle Hugues Ier du Puiset-Jaffa qui gouverna le Puiset, avant de partir en Terre sainte en 1106 où il devint comte de Jaffa.

Lorsqu’il devint seigneur, il n’hésita pas piller les terres voisines, y compris les édifices religieux. Voyant qu’il n’y avait pas de résistance féroce, il tenta cette fois-ci de s’attaquer au comté de Chartres, alors une terre ( douaire ) de sa belle-mère Adèle de Normandie, mère du comte Thibaut IV de Blois. Thibaut IV ne réussit pas à remettre son vassal au pas et fait appel au roi de France Louis VI dit le Gros, ce dernier réuni un conseil à Melun afin d’entendre les différents protagonistes : l'archevêque de Sens Daimbert et les évêques Jean II Flora, d'Orléans, d'Yves de Chartres, ainsi qu'Adam, l'abbé de Saint-Denis, témoignèrent contre Hugues du Puiset. Hugues est convoqué pour se défendre devant le roi mais il ne se présente pas, peut-être par méfiance ou par affront, il est donc jugé coupable.

 entree chateau puiset

 

 

IIème siège en 1111

Prudent le roi de France demande à son abbé de Saint-Denis, le fameux Suger, de faire édifier une forteresse à Toury, petite bourgade située à 6km environ du Puiset ( à ne pas confondre avec Toury à côté de Château-Landon ).

La forteresse va permettre au roi d’y mettre une garnison et de l’utiliser comme avant-poste afin de prendre la forteresse du Puiset.

Siège du Puiset selon  Ernest Menault

Suger, suivant l'ordre du roi et de son abbé, partit aussitôt, ramassa tout ce qu'il put trouver de gens de guerre et les mit dans Toury en attendant la décision du procès, qui fut bientôt connue, car on vit paraître le roi à la tête de son armée, venant pour forcer
le château du Puiset si le seigneur refusait de le lui remettre entre les mains. Hugues ne voulant point céder, le roi tient parole. Il commande qu'on dresse autour du château les machines de guerre. Déjà mangonneaux, balistes, dondaines, truies, béliers, bou-
touers, tortues, taudis, beffrois sont en présence d'une place qui consistait en une tour et un donjon de bois élevés sur une éminence et fortifiés d'un rempart défendu par une bonne palissade et un fossé avec un parapet.

Deux attaques régulières se font : l'une commandée par Thibaut, comte de Chartres, suivi des Chartrains. La seconde par Louis, à la suite duquel s'était fait un concours innombrable de personnes de tout âge, de tout sexe, de tout rang : hommes, femmes,
enfants, moines, prêtres venus de toutes les paroisses de la Beauce pour aider à la prise de ce vautour qui ravageait le pays.

Le combat s'engage, c'est une lutte terrible, un acharnement égal de part et d'autre. Ce n'est en l'air  qu'une grêle de pierres, de flèches, de javelots qui tombent sur les salades, les rondaches, les pavois
des assiégeants, les rompent, les brisent et sèment la mort au hasard.

Après huit heures d'une lutte acharnée pendant laquelle assiégeants et assiégés eurent tour à tour le dessus, le roi et le comte de Blois se retirent pour se concerter. Pendant ce temps, Suger payait aussi de sa personne. Craignant l'impuissance des premiers
efforts, il était allé dans les campagnes environnantes ramasser nombre de vieilles portes, d'ais, de pieux, de bois, pour faire des mantelets, des taillevas. De plus, il amenait à sa suite des chariots pleins d'épines, depaille, d'huile, dégraissé, de sang de bœuf, en un mot
de toutes matières inflammables. Il arrive et, après avoir fait ranger les combustibles au pied de la muraille, il commande qu'on y mette le feu. Bientôt un nuage d'épaisse et infecte fumée monte vers les assiégés. Leur vue en est obscurcie, les assaillants échap-
pent à leurs coups. Ils gagnent du terrain, leur trouée s'avance, et le succès ne paraît pas douteux, quand une pluie épouvantable et le changement de vent viennent un peu déconcerter leurs efforts.

Les compagnons de Hugues voient dans cette pluie un secours du ciel ; leur courage se relève, leur ardeur se ranime et ils recommencent la lutte avec vigueur. Les assiégeants, battus, repoussés de toutes parts, désespèrent du succès, quand un certain curé,
le chauve curé de Guilleville, arrive avec tous ses paroissiens attaquer aussi le tant redouté seigneur du Puiset, qui souvent, assiégeant sa basse-cour, lui avait enlevé ses poules, ses canards, et même aussi son cellier.

Ce brave curé, qui, selon l'expression d'Auteuil, n'avait pas passé tout son temps à faire des prônes, au moment où les troupes mollissaient et commençaient à fuir, s'emparant d'un méchant ais en guise de bouclier, se lance vers la tour du côté de Neuvy
où elle n'avait pas encore été attaquée; il monte, la tête nue, jusqu'au pied de la palissade, trouve une espèce d'abri, s'y cache et s'ouvre en silence un passage. Il fait en même temps signe à ce qu'il y avait de soldats incertains et désœuvrés dans le camp. Ils
l'aperçoivent sans défense; ils volent avec des haches, des armes, toutes sortes d'instruments, ils fendent, brisent, forcent tous les obstacles. Les assiégeants ont vu que la palissade est rompue, ils se portent de ce côté. A ce moment le roi et le comte de Chartres,
un peu honteux de voir un curé de campagne leur apprendre à enlever une forteresse, se précipitent à à leur tour par la trouée et rivalisent d'ardeur.

A cette vue, Hugues gagne le haut de la tour, blessé, et là, craignant d'être accablé sous la grêle de flèches et de traits qu'on y faisait pleuvoir, il se rend. Chargé de chaînes, il fut envoyé au Château-Landon pour  y demeurer prisonnier.

 

L’armée royale, l’ost, se met en branle et prend la direction de Toury. La forteresse d’Hugues est rapidement prise et Hugues III est capturé et enfermé à Château-Landon en 1111.

Mais la mort d’Eudes, oncle maternel, comte de Corbeil va permettre à Hugues dont il était l’unique héritier, de pouvoir négocier avec le roi. Il propose d’abandonner Corbeil en échange de sa liberté.

 

IIIème siège en 1112

Hugues libéré par en Flandre, reconstitue rapidement une nouvelle une armée et prend la forteresse de Toury, avec notamment l’aide des seigneurs de Monthléry et de Thibaut IV. Louis VI, fait remettre une armée et défait une nouvelle fois Hugues qui est contraint de revenir au Puiset.

Une nouvelle fois la forteresse est assiégée, puis prise. Hugues est une nouvelle fois mis en prison et cette fois-ci le roi ordonne la destruction de la forteresse.

Hugues est libéré et part en Terre Sainte, il y meurt en 1132 à l’âge de 37 ans.

 

 eglise romane le puiset

Église Saint-Étienne-et-Sainte-Madeleine du Puiset

 

 

sources : Comte de Jaffa et d'Alascon - Suger : agriculteur, abbé de Saint-Denis... ministre, régent de France... / par Ernest Menault - Le château du Puiset au début du XIIe siècle et sa place dans l'évolution de l'architecture militaire

 

Photographies & Photos

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