Histoire & Visite

Eglise Saint-Julien , Art Roman, Mars sur Allier, Bourgogne France Comté

 

L'église est datée du XIe et XIIe siècles, elle est dédiée à Saint-Julien, né à Vienne dans le Dauphiné, qui , engagé dans l'armée Romaine, fut martyrisé à Brioude en 304.

Elle fut confisquée à la Révolution, puis elle est vendue à des particuliers avant d'être donnée à la commune pour devenir une église paroissiale.

Son architecture romane relativement commune est cependant magnifiée par de très beaux modillons représentants des formes humaines, monstres et animaux. Le tympan qui surplombe le portail de la façade occidentale se compose de deux parties, la partie supérieure représentait une tête de monstre, tandis que la partie inférieure représente Jésus, assis, entouré de symboles des évangélistes et de six apôtres parmis lesquels Saint-Pierre avec sa clé et Saint-Paul déroulant son phylactère. L'ensemble est inspiré des représentations byzantines, ce qui en fait une des plus belles églises romanes du département et de la région.

Elle fut entièrement restaurée au XIXe siècle. A quelques centaines de mètres vous pourrez découvrir les vestiges du camp de Mars-sur-Allier construit par l'armée américaine de 1917 à 1918 sur les terres de Saint-Parize-le-Chatel.

 

 

Historique & Histoire 
source : source sur place, documentation diverses,

 

Mars-sur-Allier était, comme Chantenay et Champvoux, cure et prieuré; la cure était aussi à la collation du prieur de Souvigny.

Tous ces prieurés n'étaient point conventuels ; ils étaient composés de trois ou quatre religieux, parmi lesquels un ou deux étaient prêtres.

Le prieuré de Mars devait jouir d'une grande aisance, si on en juge par le soin mis dans la construction de l'église prieurale. Un petit hospice à la collation de l'évêque de Nevers, domus dei de Marcio, et une vicairie à la collation du comte, venaient compléter les établissements religieux de cette localité. La vicairie était sous le vocable de saint Sylvain de Roche.

L'église de Mars à trois nefs est divisée en trois travées jusqu'à la partie que nous nommerons  improprement le transept, et qui précède  le chœur. La première travée n'est pas d'égale dimension que les autres.

Cette région est garnie de colonnes monocylindriques qui reçoivent sur leurs tailloirs les arcades de pénétration avec les bas-côtés; mais les arcs-doubleaux de la voûte centrale, plus élevée, viennent reposer sur des pilastres, avec chapiteaux à feuilles grasses, qui portent sur les tailloirs des colonnes monocylindriques.

 

La travée qui précède le chœur, remplaçant, le transept, prend un caractère spécial ; les piliers sont carrés avec colonnes engagées et cantonnées en croix; ils soutiennent les quarts de cercle qui vont contre-buter l'arcade d'ouverture du sanctuaire, et, par une curieuse combinaison , ils servent d'appui au clocher à double étage qui s'élève sur ces quarts de cercle. Ici les arcs-doubleaux de pénétration reposent sur une des colonnes engagées, disposition qui se rencontre vers le portail, où un tronçon de colonne de même dimension sert de support à l'arcade de ce côté. Au chœur cessent les trois nefs et commence l'abside, circulaire à l'intérieur et à pans coupés à l'extérieur. On remarque ici des substructions qui annoncent que celte région date d'une époque un peu moins ancienne ; on peut lui assigner le douzième siècle, tandis que le reste daterait du onzième.

Les arcades des nefs ont une forme ogivale, mais celles du chœur, de l'abside et du portail sont au plein cintre ainsi que les baies des fenêtres.

Nous ne pouvons passer sous silence le portail en saillie et le triple voussoir surmontant les colonnes qui flanquent les pied-droit de la porte. Le tympan mérite d'être étudié : c'est le Sauveur bénissant. Il est placé dans une auréole ovoïde avec une croix épaisse sans nimbe qui orne sa tête; les quatre animaux symboliques sont disposés autour de lui suivant la place hiérarchique qui leur est attribuée dans l'iconographie chrétienne ; puis trois apôtres sont placés de chaque côté. On distingue facilement saint Pierre, le premier de ceux qui occupent la droite du Christ; le premier de gauche, tenant un phylactère déroulé, est probablement saint Paul. Tous ces personnages reproduisent les formes byzantines, soit dans l'agencement de leurs vêtements, soit dans leur pose et la coupe de leurs cheveux.

Tympan christ en majesté, Art Roman, Bourgogne France Comté

C'est sans contredit une des sculptures les plus curieuses que le onzième siècle nous ait laissées. Il est une particularité que nous devons annoter. Ce n'est pas un livre que le Sauveur tient de la main gauche ; c'est un cube ou, si on aime mieux, un dé. Nous ferons la même observation pour le lion de Saint Marc. On sait que, dans les Catacombes, l'arche de Noé a cette forme ; c'est, selon nous, la vraie figure de l'Eglise qui, comme le dé, peut être ballottée dans le cornet des épreuves, mais qui retombe toujours sur sa base. Ce symbole peut être appliqué aussi à l'Evangile dont les principes sont immuables, iota unum aut unus apex non prœteribit a lege.

 

Art Roman, Modillons

L'église de Mars est un bijou qui brille d'un éclat tout particulier sur la rive gauche de l'Allier.

 

 

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