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mise au tombeau de Chaource
mise au tombeau de Chaource

 

L'église Saint Jean Baptiste de Chaource possède probablement l'un des plus beaux sépulcre du XVIe d'Europe.  La mise au tombeau est située dans une chapelle à demi enterrée, ou plus communément appelée une crypte, juste à côté de l'abside de l'église dont cette partie date du XIIIe. Un gisant avec deux personnages en orant sont disposés juste en face, il s'agit de Jean de Monstier, capitaine de Chaource, et de Jacqueline de Laigne sa femme.

 

 

Historique & Histoire 
source : source sur place, documentation diverses,

Située dans une petite crypte, ou petite chapelle à demi enterrée, elle fut édifiée au début du XVIe siècle. La mise au tombeau possédait deux entrées, une réservée pour le clergé, qui était l’entrée principale. Elle fut découverte seulement en 1972.

La chapelle avait deux lucarnes pour l’éclairer, elles participent d’ailleurs à la mise en scène de la mise au tombeau et du gisant.

Lorsqu’on rentre on est fraichement accueilli par trois gardiens au regard saisissant et intimidant, surtout celui de droite.

 

La mise au tombeau de Chaource

La Mise au tombeau datée de 1515 ; elle se trouve dans la chapelle du Sépulcre de l'église Saint-Jean-Baptiste de Chaource.

 

Jésus est étendu sur un linceul, lui-même sur une dalle blanche. On est dans une époque où le corps d’un mort ou d’un blessé est rendu dans un soucis du détail frappant ( voir le gisant de Louis XII à Saint-Denis réalisé également au début du XVIe siècle ), ce qui explique le transis de Jésus exprimé de cette façon.

Jésus est tenu par les pieds par Joseph d’Arimathie, c’est ce dernier qui avait demandé à Pons Pilate, alors préfet de Judée, de pouvoir l’ensevelir dans son propre tombeau.

Nicodème soulève le torse de Jésus en le présentant à Marie qui elle-même se penche sur son fils le visage attristé.

Saint-Jean se tient derrière elle, soutenant Marie et semblant être dans un état second, peut-être en réflexion.

Marie-Salomé se tient juste à côté de gens, les mains presque croisées, les yeux baissés, ayant du mal à poser le regard sur le corps de Jésus.

Marie-Madeleine est le seul personnage à être actif puisqu’elle s’apprête à répandre le parfum, forme d’embaumement odorant.

Marie-Cléophas porte la couronne d’épine et semble ne pas pouvoir se détacher du visage du Christ.

Historiquement, selon les évangiles, c’est seulement Nicodème qui fut chargé de mettre le corps de Jésus dans le tombeau, la présence des autres personnage est donc ici principalement symbolique et ne reflète pas la réalité historique ou biblique.

Selon Koechlin et Marquet de Vasselot, en 1900 la Sculpture à Troyes et dans la Champagne Méridionale, les statues ont été réalisées par des artistes différents du même atelier de production dit «  Maître de la Sainte Marthe », nom aujourd’hui donné à l’atelier faute d’avoir pu l’identifier.

Sur un des gardes en habit de Renaissance de l’entrée de la crypte, une inscription fait office peut-être de la signature du maître : «  Mathieu de Tronchoy ».

 

Orant de Nicolas de Monstier et de Jacqueline de Laignes

 

Orant de Chaource

On est cette fois-ci sur un orant qui reprend des caractéristiques de l’époque et déjà plus courant. Les deux personnages sont Nicolas de Monstier, mort en 1515, et de Jacqueline de Laignes, dame de la Jaisse de Montigny, Lasson, la Petite Brosse, Bruchon, Pichancourt et Sailly, morte après 1527.

Jacqueline de Laignes
Jacqueline de Laignes

On remarquera la forte ressemblence entre Saint-Jean de la Mise au Tombeau et Nicolas de Monstier, et de Jacqueline de Laignes et les quatre Marie présentent sur le sépulcre.

Nicolas de Monstier
Nicolas de Monstier

Cela ne doit rien au hasard, la question serait alors : est-ce que Jacqueline et Nicolas sont représentés assez fidèlement ou est-ce alors une interprétation des artistes ? en pratique on est déjà depuis la fin du XIIIe siècle sur des représentations assez fidèles, et non plus imagés, des personnages importants même si cela n'est pas systématique. Il est donc fort probable que les deux orants sont fidèles à la réalité et que les personnages ayant une forte ressemblance sont une forme d'hommage aux commanditaires de l'oeuvre. On peut penser aussi que les personnages choisis, Saint-Jean notamment pour Nicolas de Monstier, soit en corrélation avec leur demande.

Il reste un doute sur la date de la commande de l’Orant car en général les gisants, orants et œuvres funéraires dédiés à un personnage important étaient réalisés de leur vivant, plusieurs années avant, sauf mort subite imprévus.

Certains historiens pensent que l’œuvre fut commandée par Jacqueline de Laignes lors de son testament en 1527, elle aurait alors fait commander l’Orant au même artiste que la mise au tombeau 12 ans plus tard, néanmoins ,sauf surprise, cela va en contradiction avec les usages de l’époque. Cependant il est vrai qu'elle est représentée  en veuve ( voile noir ).

On peut lire sur la plaque funéraire au-dessus :

« Nicolas de Monstier, escuyer en son vivant seigneur de Chesleay, Fontaine et Cussangy en partie, capitaine de Chaourse et damoiselle Jacqueline de Laignes sa femme, dame de la Jaisse Montigny, Lasson, la Petite Brosse, Bruchon, Pichancourt et Sailly, firent ce présent sépulcre en l’an 1515 ; et gist le dis ecuyer sous le crucifix de céans. Priez dieu pour eux »

On sait que le Sépulcre fut donc réalisé en 1515, sur l’Orant on constate que seul Nicolas de Monstier est cité comme gisant, donc décédé ; et Jacqueline n’est pas désignée comme morte mais cependant comme Co-commanditaire du sépulcre, ce qui explique les doutes. Mais il n'est pas inconcevable que Nicolas de Monstier ait fait faire l'Orant pour lui et sa femme en même temps.

 

 

 

Photographies
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