Trésor de la Cathédrale de Troyes

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Coffret reliquaire du XIIe

 

Situé dans la cathédrale de Troyes, le trésor réunit une magnifique collection d’œuvres d’arts principalement liturgiques et religieuses.

À Troyes, le trésor le plus important était situé dans la collégiale Saint-Étienne qui était alors sur la place du Préau de la ville actuelle. Ce trésor fut réuni notamment par les puissants comtes de Champagne.

Les autres églises, abbayes de Saint-Loup et Notre-Dame-aux-Nonnains et la collégiale Saint-Urbain avaient cependant leur propre trésor.

Celle de la cathédrale de Troyes existe depuis au moins le Xe siècle sans qu’on sache précisément son contenu, mais il est attesté par la présence d’un trésorier sur une charte de 991.

Mais la cathédrale actuelle commence à avoir son contenu étoffé par le pillage de Constantinople après son siège du 8 - 13 avril 1204, lors de la quatrième croisade dont l’évêque de Troyes, Garnier de Traînel y participa et fut présent lors du siège et du pillage. Aumônier général de la Croisade de 1202, il siège au conseil de guerre qui se rallie à la volonté du doge de Venise de mettre le cap sur Byzance.

Garnier de Traînel, également doyen des prélats, fut désigné par le pape Innocent III comme gardien des reliques pillées à Constantinople. Néanmoins c’est probablement qu’une infime partie des biens confisqués qu’il put léguer à la cathédrale et qui fut rapporté par son chapelain.

Ce pillage eut un impact majeur dans la région entre les différents courants de la religion chrétienne.  

 

coffret-byzantin-XIe-pillage-constantinople-croisade-1204Coffret Byzantin du pillage de Constantinople en 1204.

 

 

C’est l’évêque de Troyes, Hervée ( 1207 – 1223 ), qui acheva les travaux de la cathédrale et fit faire une genèse du trésor entre 1240 et 1250 sur les trois verrières hautes du chœur.

L’emplacement actuel du trésor est celui qui existait déjà au XIIIe siècle avec néanmoins deux pièces superposées qui communiquaient entre elles.

La pièce inférieure conservait les objets liturgiques courants et les évangéliaires, tandis qu’à l’étage supérieur se trouvait les œuvres les plus précieuses comme les châsses, reliques et reliquaires ainsi que la réserve monétaire.

1789, les différents trésors de la ville sont entreposés comme dépôt révolutionnaire dans la cathédrale.

1793, plusieurs inventaires sont réalisés et seuls huit objets sont proposés à la conservation pour le futur Muséum Central des Arts prescrit par la convention nationale.

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La cathédrale est allégrement pillée au cours des nuits des 9 et 10 janvier 1794 par l'orfèvre Rondot et sa bande. La majorité des reliques sont quant à elles brulées et leurs chasses en or ou en argent sont fondues. C’est plus d’une tonne de métal précieux qui est récupéré et qui fut expédié à Paris au magasin général des dépouilles des églises.

Lors de fouilles archéologiques de 1844 et 1864 afin de réaliser des travaux dans le chœur de la cathédrale, furent mis à jour des objets insignes provenant des sépultures des évêques Hervée, Nicolas de Brie et Pierre d’Arcis. Ces objets furent rajoutés au trésor de la cathédrale.

1807, Monseigneur de la Tour du Pin Mautauban, évêque de Troyes, lègue la chapelle royale d’orfèvrerie aux armes du dauphin, futur Louis XVI.

1808, après la restitution d’une partie du pillage révolutionnaire en 1794, quarante-huit objets sont remis en état par les fabriciens.

1857, la fabrique de la cathédrale, avec l’aide de l’état, acheta la châsse romane de Saint-Alban qui reposait dans l’abbaye de Nesle-la-Reposte.

Viollet-le-Duc fit restauré les reliques de Saint Bernard et de Saint Malachie du XIIe siècle.

Plusieurs dons furent réalisés au XIXe siècle, dont celle du chanoine Coffinet, secrétaire de l’évêché et conservateur archéologique au musée de Troyes.

 

 

 

 

 

Historique
source : source sur place, documentation diverses, Gallica, Wikipedia, Décoration IntérieureDécoration Intérieure

 

 

Photographies