Gabriel Ier de Montgommery

 

Gabriel de Lorges, comte de Montgommery, seigneur de Ducey et de Lorges, est né au château de Ducey en 1530 et exécuté à Paris sur la place de Grève en 1574 après un procès relativement sommaire.

Il est un ancien commandant de la garde Ecossaise du roi, comme le fut son père Jacques Ier. Il fut le malheureux régicide involontaire d'Henri II. Après avoir été rapidement démis de ses fonctions, remplacé par son père, il part quelques temps en Italie et se convertit au prostestantisme à Ducey, ce qui va entraîner une rivalité de la cour royale à son encontre.

Il deviendra un farouche opposant aux troupes catholique dont Catherine de Médicis, épouse d'Henri II, gardera un fort ressentiment animosité jusqu'à la mort du comte. Cette situation conduira à la mort du Comte dont le marcéchal de Matignon avait ordre de le capturer par Charles IX.

 

 

Historique & Histoire 
source : source sur place, documentation diverses, Germaine Ramos dans la vie merveille des grands châteaux de France (1934 ), Le comte de Montgomery by Marlet, Léon

 

1530, naissance de Gabriel au château de Ducey. 

1558, Gabriel Ier de Montgommery fait arrêté par ordre du roi un prédicateur protestant.

 

La mort d'Henri II

 

henri II gravure tournoi saint antoine paris

1559, le roi Henri II tué accidentellement par Gabriel Ier de Montgommery lors d'un tournoi à Paris. Document disponible dans les archives de la défense à Vincennes.

1559, Gabriel Ier de Montgommery devait partir normalement au pays de Caux, afin de mettre fin à l'hérésie protestant " par le fer et le feu". Mais le destin en voulu autrement, puisqu'il du reporter son expédition car il devait participer à un tournoi en l'honneur du mariage de Elisabeth avec le roi d'Espagne et Marguerite avec le duc de Savoie.

Le roi, Guise et le duc de Nemours devaient jouter afin d'inciter "les jeunes à la vertus". Les deux premiers jours du tournois, Gabriel Ier réussi haut la main ses joutes sans incident particulier.

Le troisième jour, Henri II le convoque pour lui charger de la mission après le tournoi et lui dit " mettre au fil de l'épée tous ceux qui seraient en résistance; ceux qui seraient convaicus ou confessant, leur donner la question extraordinaire, couper la langue et brûler à petit feu, ceux qui sont soupçonnés, faire crever les yeux".

Ce même jour Henri II jouta contre Nemours et de Guise, il en fut vainqueur, mais contre Montgommery, le combat fut indécis.

 

armure Henri II*

Armure du dauphin Henri, par Negroli, Francesco vers 1540, il ne s'agit pas de celle qui fut utilisée lors de la joute, mais elle est probablement similaire. 

Malgré la tradition et malgré que Gabriel Ier annonce Henri II vainqueur et " qu'il n'y avait pas moyen de faire mieux", le roi refuse de céder et veut sa revanche, au grand regret de Catherine de Médicis qui lui demande de renoncer.

Ils s'élancèrent; le choc fut violent, les chevaux furent renversés, Montgommery réussi à se cramponner à sa selle et ne tomba pas, tandis qu'Henri II se cramponna à son cheval. Henri II tomba sur Tavannes et Montgommery qui l'attrapèrent dans leur bras, mais ils constatèrent qu'un éclat de la lance sortait de la visière ouverte.

Il semble donc qu'Henri II ne fut pas touché directement au visage par la lance de Montgommery mais par un éclat de la lance de ce dernier qui entra dans la visière, manifestement elle ne fut pas fermée totalement ou mal fixée, l'armurier fut soupçonné d'avoir mal fait son travail mais d'autres estimaient qu'Henri II trop pressé d'en découdre, et de finir la joute, aurait négligé de fermer, vérifier, fermement la visière par empressement.

Gabriel Ier, aux pieds du roi, lui supplia de le mettre à mort et Henri II lui répondit " ne vous souciez pas, vous n'avez besoin de pardon, ayant obéi à votre roi et fait acte de bon chevalier et vaillant homme d'armes".

Pendant 10 jours, le roi agonise, Ambroise Paré, médecin de la cour, tente en vain de le sauver, il aurait même essayer sur des cobayes, des  prisonniers, avant de tenter de soigner le roi. 

Il ne fut pas inquiété directement par la suite, néanmoins François II le démet de ses fonctions de commandant de la Garde Ecossaise et il est reprit par Jacques Ier de Montgommery toujours vivant, afin de se faire oublier quelques temps il part pour l'Italie et revint quelques temps plus tard.

 

Prophétie de Nostradamus

 

« Le Lyon jeune le vieux surmontera ;
En champ bellique par singulier duel,
Dans cage d'or les yeux lui crèvera,
Deux classes une puis mourir mort cruelle. »

Néanmoins ce quatrain fut écrit pour l'année 1555, il aurait pu s'adapter à n'importe quel autre évènement ressemblant. Néanmoins la proximité du quartain et la mort d'Henri II, qui fut un choc retentissant dans toute l'Europe, conduit inévitablement à en faire un rapprochement.

 

 hotel montgomery pontorson

 Manoir des Montgomery à Pontorson, il fut édifié en 1526  ou  1528 (?). Il sera un des refuges de Gabriel Ier de Montgommery. C'est aujourd'hui un hôtel, une des chambres possède encore le lit baldaquin d'époque. Vendu, il est transformé en hôtel en 1850 de 32 chambres. Il conserve ses parquets, boiseries et escalier d’origines. 

Conversion au Protestantisme

 

Il se converti au Protestantisme, qu'il avait combattu sous Henri II,  et c'est à partir de ce moment là que les choses vont commencer à se dégrader.

Gabriel Ier revint en Normandie et notamment à Ducey en 1563, il avait déjà apporté quelques modifications au château. Il y resta quelques jours et rassembla 150 chevaux, dont une partie pris aux armées royales, et commença à partir en campagne. Il faillit être capturé mais réussi à se réfugié à Saint-Lo, entre-temps Ducey est pillé par les troupes royales. Les villes d'Avranches et Vire sont également prisent et pillés, Gabriel Ier pris les villes de Bayeux et Coutances. Malgré toutes les tentatives de le capturer, les troupes de Catherine de Médicis échouent.

1563, 18 septembre, il arrive à Rouen qu'il doit protéger contre les troupes catholiques. Il renforce la ville de fossés et de barricades. Les catholiques lui propose la vie sauve en échange de la reddition de la ville, il répondit " celui qui parlera de se rendre, je le ferai tailler en pièces".

Le Mont-Saint-Michel tombe, ce qui amène de nouveaux renforts catholique,  Rouen est assiégée par 10 000 hommes en armes le 29 septembre, tandis que Montgommery ne peut rassembler qu'environ 2000 hommes. Voyant qu'il ne peut lutter, il propose de rendre la ville en échange de la liberté de tous ses combattants, ceux à quoi on lui apporte une fin de non recevoir.

La lutte est fraticide, Montgommery, résiste, il apparaissait comme "l'ange de la bataille", semant la mort, terrible et invicible, "faisant cabrer son cheval dans les tempêtes de mitraille".

Une brêche est ouverte dans la muraille et les troupes royales entrent dans Rouen, Montgommery est contraint de fuir par la Seine dans une galère, et vogue la galère ! Néanmoins, son épouse qui l'avait suivie, elle ne peut fuir et fut capturée par les troupes du roi. Elle fut libérée quelques jours plus tard et rejoint le Havre, occupée par les troupes anglaises.

Montgommery défend la ville de Dieppe; tandis que Catherine de Médicis offre à un officier de Tibergeau, le collier de Saint-Michel, si il lui livre Gabriel Ier, il refusa.

La paix, temporaire, vint entre 1563 et 1567, Montgommery rentre à Ducey, mais ni Catherine de Médicis, ni Charles IX, ne veulent oublier l'affront sans oublier qu'il est toujours celui qui a tué involontairement le mari de Catherine, Henri II.

Charles IX ordonne à Matignon " d'appréhender Montgommery au corps, employant la force au besoin et de le constituer prisonnier en lieu si sûr qu'il lui en put rendre compte"

Matignon vint à Ducey mais ne trouva pas Montgommery déjà bien loin. La paix, que l'ont pourrait plutôt qualifier de trêve, de Longjumeau est signée  le 23 mars 1568, entre les chefs des armées royale et protestante. Montgommery rentre à Ducey et ne "s'occupa qu'à gouverner toutes choses tranquillment, dans l'intérêt de la religion".

La cour royale tente toujours de le faire arrêter en vain, il part pour Vire qu'il s'accage à coups de couleuvrine, comme il avait fait à Bourges. Il rejoint le Poitou, il est repoussé à la Motte et à Jarnac. Une rumeur vint aux oreilles de Catherine, qu'il fut tué, mais l'ambassadeur de Toscane répondit qu'il était on ne peut plus vivant au grand dam de cette dernière.

Montgommery devenu un chef important de la cause protestante, il entre à Castres, Orthez et dans le comté de Bigorre. Le Béarn est pris pour Jeanne d'Albret. 

Une nouvelle paix règne entre les Catholiques et Protestants à la faveur de l'Edit Saint-Germain du 8 août 1570. Montgommery revient à Ducey et en Normandie, il réussit même à revenir temporairement à la cour royale.

Après le mariage d'Henri de Navarre et Marguerite de Valois, le 18 août 1572, Coligny est blessé dans un attentat par Maurevert, petit noble le 22 août 1572.


Nuit du 23 au 24 août 1572, massacre de la Saint-Barthélemy

 

Montgommery loge dans un hôtel particulier au faubourg Saint-Germain, à l'extérieur de Paris ce qui le sauvera probablement. Il est alerté très tôt le matin, étonnamment il prend une barque sur la Seine et se dirige vers le Louvre, il manque de se faire tuer, fini par rejoindre la rive, et s'enfuit à cheval. Guise le poursuit et Gabriel Ier se réfugie à Montfort l'Amaury, le duc de Guise est contraint de rebrousser chemin.

Charles IX ordonne à Matignon de capturer Montgommery. Gabriel Ier ne revient pas à Ducey mais il se réfugie sur l'île anglaise de Jersey avec sa famille. Charles IX tente d'extrader le comte mais la reine Elisabeth lui répond une fin de non recevoir " On tue des protestants en France, dit-elle, le renvoyer ? ma conscience ne pourrait le permettre".

Montgommery réussit à réunir une flotte, très légère, avec l'aide discrète de la reine d'Angleterre. Il veut secourir la Rochelle mais ses derniers l'enjoint de repartir. Il prend Belle-Île et l'île d'Yeu, mais il apprit qu'une flotte royale cherchait à le capturer, il repart dans les Cornouailles. Manifestement il revient en Normandie quelques temps plus tard. 

 

le 27 mai 1574 il  est  assiégé au Château de Domfront puis capturé par le Maréchal de Matignon.

 

chateau de domfront

Donjon Normand du château de Domfront

Il est enfermé dans la  prison de la Conciergerie, puis condamné pour crime de lèse-majesté, puis torturé et décapité en place de Grève le 26 juin 1574, sous les yeux de Catherine de Médicis qui assistait au spectacle depuis une fenêtre de l'hôtel de ville.

Il eut le temps de saluer son ami Fervacques avant de faire ses prières à la foule. Informé sur l'échafaud qu'un édit royal confisquait ses biens et privait ses enfants de leurs titres, il dit à ses bourreaux : "Dites à mes enfants que s'ils ne peuvent reprendre ce qui a été pris, je les maudis de ma tombe" cependant cette confiscation des biens est amoindris par Henri III.

Ainsi fut la fin d'un Gabriel Ier, fort malchanceux mais dont le courage, la dextérité au combat et sa bravoure lui auront autant servis que desservis.

 

Photographies & Photos

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