Histoire & Visite

 

Château de la Rochefoucauld

 

Le château actuel fut édifié pour les parties les plus anciennes au XIIe siècle, et les parties principales actuelles au XVIe et  XVIIIe siècle. Le château reçoit 26 000 visiteurs par an ( chiffre 2018 ) selon Pierre Cazenave. Un projet de construction d’un donjon en verre, pour un coût estimé de 5 millions d'euro, par l’architecte de la Pyramide du Louvre, Ieoh Ming Pei, est toujours d’actualité en 2018.

 

 

Historique & Histoire 
source : source sur place, documentation diverses, wikipedia pour une grande partie, edition atlas, La Charente Libre, Dictionnaire des Châteaux et Fortifications

 

Le premier château fut probablement édifié vers 1026.

1019, Foucauld, seigneur de La Roche, apparaît dans un acte du cartulaire d'Uzerche : il assiste avec ses fils, sa fille Ava et son gendre, Aimery Ostafranc, à une donation du vicomte de Limoges de l'église de Nieuil à l'abbaye d'Uzerche. Il serait le petit-fils d’Aymard de Lusignan, famille qui va notamment s’illustré à Chypre plus tard, dont la légende faire de lui le fils de la fée Mélusine.

Le site prend le nom à l’époque de Roche de Foucauld, c’est ce qui donnera non seulement le nom de famille mais également au village qui se développe sur la rive opposée. [i]

1026, Edouard II, seigneur de la Roche, est désigné comme un seigneur très noble « vir nobilissimus Fulcaudus de castrum qui vocatur Rocha », dans un texte écrit de l’abbaye de Saint-Cybard d’Angoulême.

 

Construction du donjon carré

XIe siècle, construction du donjon carré, peut-être par le seigneur désigné par l’Abbaye de Saint-Cybard. Il comporte quelques similitude avec ceux du Château de Langeais ( vers 994 ) et du Château  de Loches vers 1030.

Le logis seigneurial était probablement en bois à l’époque, le donjon offrant qu’une protection contre une attaque, il s’agit d’une construction purement militaire car dénué de cheminée.

Il se composait de deux étages, sur une hauteur modérée de 16m. Un premier niveau, sans ouverture extérieure avec 10m de hauteur, il était accessible uniquement par une trappe d’accès dans la voûte. Il devait probablement servir initialement de cellier.

Puis le second niveau, ou premier étage, d’une hauteur de 5.40m, qui était utilisé pour s’y réfugier. Le manque de cheminée laisse à penser qu’il ne fut pas habité continuellement.

Il avait une dimension de 11,78 × 12,06 m de côté et les murs ont une épaisseur comprise entre 2,30 à 2,50 m munis de contreforts plats à arcatures de 80 cm de largeur au milieu des côtés et dans les angles. Il existe encore quelques résidus de l’ancien par la jointure de reprise entre les deux époques du donjon.[ii]

 

Vers 1050, répartition des biens de la vicomté de Limoges, les Foucauld deviennent seigneur de La Roce, néanmoins le fief vicomtal est resté encore un temps aux vicomtes de Limoges.

1059, Gui et Adémar font venir neuf moines de l’Abbaye de Saint-Florent de Saumur afin d’y implanter un prieuré sur les terres en face du château.

1109, un écrit décrit un bâtiment d’habitation accolé au donjon, c’est le logis seigneurial où vivait la famille.

1135, le comte d’Angoulême Bougrain II prend le château en représailles des tentatives des seigneurs de La Roche de prendre le contrôle des Châteaux de Loubert, Chabanais et Confolens.

 

Donjon de la Château de la Rochefoucauld

 

Début de construction de l'actuel château

1147, Guillaume IV Taillefer, comte d’Angoulême et fils de Bougrain II, pille le château de La Rochefoucauld.[iii]

1140, Emma de La Rochefoucauld (environ 1090-1140) épouse Robert de Marthon, le château entre dans la famille de Marthon.

Guy de Marthon, fils d’Emma et Robert de Marthon, prend le nom de sa mère et devient seigneur La Rochefoucauld, Verteuil, Marthon, Blanzac etc. Il est à l’origine de la famille actuelle de La Rochefoucauld.

1299, Philippe le Bel érige la seigneurie de La Rochefoucauld en baronnie.

1308, Gui Ier de Lusignan, comte d’Angoulême, meurt sans descendance direct. Par son testament du 22 septembre 1304, Gui de Lusignan avait choisi pour lui succéder Yolande, sa sœur ainée. Mais Philippe le Bel avait décidé de réunir l'Angoumois et La Marche au domaine royal. Il traita donc avec Yolande, qui conserva l'usufruit des comtés de La Marche et d'Angoulême (testament daté du 12 août 1314). Le roi racheta, en 1308 et 1309, de différentes manières, les droits de plusieurs autres parents du dernier comte de La Marche, à savoir : de Jeanne de La Marche, de Marie, comtesse de Sancerre, et d'Aymar de Valence, comte de Pembroke.

1310, Philippe le Bel laisse à l’évêque d’Angoulême le choix pour le fief vicomtal dont il est encore le suzerain. Il vend le fief vicomtal pour 1400 livres à son oncle Gui VII de La Rochefoucauld.

1350, Aimeri III de La Rochefoucauld fait construire le châtelet d’entrée.

1453, Jean de La Rochefoucauld édifie les trois tours d'angle et surélève le donjon. Le 17 juillet de la même année Charles VII se trouve au château de La Rochefoucauld, chez son conseiller et chambellan. Il apprendra la victoire à la bataille de Castillon qui mettra fin à la guerre de Cent-Ans.

1494, François Ier de la Rochefoucauld est le parrain du fils du comte d'Angoulême et de Louise de Savoie (le futur roi François Ier et son prénom fut attribué à l’enfant).

1515, François Ier érigea en sa faveur la baronnie de La Rochefoucauld en comté en y incorporant la baronnie de Marthon.

 

Construction des ailes principales du château actuel

Galerie Renaissance sur Trois niveaux

Galerie Renaissance sur Trois niveaux, cas unique à priori en France de cette époque ( XVIe )

Entre 1528 et 1538, François II de La Rochefoucauld (1494-1533), marié à Anne de Polignac, fait construire les deux ailes principales Sud et Est avec des galeries superposées, la chapelle et un grand escalier en colimaçon du même dessin que celui du château de Bonnivet, édifié en 1515, en Poitou qui sera rasé au XIXe siècle après sa vente en 1788 en multiples lots.

Le château va s’inspirer de l’art italien avec notamment des galeries qui sont superposées sur trois étages ( comme le palais Farnèse).

Le donjon est cependant conservé, ainsi que les tours.

XVIe siècle, François II de La Rochefoucauld ordonna en 1533 à sa future veuve de se retirer dans le château de Verteuil et le château de La Rochefoucauld inhabité ne fut plus utilisé que pour les grandes réceptions officielles.

1700 - Plan du château et parc de Larochefoucault : [dessin] / [Agence Jules Hardouin-Mansart]

1760, l’aile Ouest édifiée au XVIIe siècle qui avait brulée, est reconstruite.

La Révolution Française entraine la destruction des archives du château.

Fin du XIXe siècle l'aquafortiste vendéen Octave de Rochebrune (1824-1900) a représenté au moins deux aspects du château : sa façade dominant la Tardoire et le bourg et celles à triples galeries Renaissance de la cour intérieure.

Début du XXe siècle, le château est en partie restauré.

1909, François XVII de La Rochefoucauld meurt prématurément, son tombeau est placé dans la chapelle du château.

Plan 1912 Chateau Rochefoucauld

Des cartes postales de la collection Braun montrent la chapelle et certaines pièces meublées, mais la succession obérée de la duchesse, qui n'y aurait vécu que deux ans entraînèrent la vente de son mobilier, dont certains éléments présumés provenir du comte puis prince Orlov (1787-1862) furent acquis par Alphonse et Raymond Réthoré pour leur projet de château à la Mercerie près de Villebois-Lavalette mené de 1939 à 1970, et dont le mobilier fut lui-même vendu aux enchères en 1987.

Le château, vidé, resta inhabité pendant de longues années.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, il sert d’abord de dépôt d’archives mais il se trouve occupé par les allemands. A la fin de la guerre le château est fortement dégradé.

1960, 28 janvier, la partie Ouest du donjon s’effondre, notamment le glissement de la partie Sud sur la roche affectera le donjon. D’importantes cavités karstiques mettent en danger le bâtiment et interdit de fait la visite.

1963, 12 juin, Charles de Gaulle est en visite à La Rochefoucauld, il est sollicité afin d’engager des travaux. André Malraux, ministre des Affaires culturelles, d'engager des études, notamment sur l'état du sous-sol portant les fondations, élément qui conditionnerait l'éventuelle intervention financière de l'État.

Le château est renforcé au niveau des soubassements, sans que pour autant le donjon soit restauré.

1992, Sonia Matossian prend contact avec Ieoh Ming Pei, le père de la pyramide du Louvre.

1993, le XIVe duc de La Rochefoucault vend le château de Montmirail, la plupart du mobilier ainsi que les portraits de famille sont installés au château de La Rochefoucauld. Le château de Liancourt participe également en y transférant plus de 20 000 ouvrages, un chartrier comportant 10 000 pièces d’archives et 300 cartes et estampes.

Le château fit l'objet depuis 1990 d'une restauration d'envergure sous l'impulsion de Sonia Marie Matossian, veuve et seconde épouse du 14e duc de La Rochefoucauld.

1999. L'architecte sino-américain est reçu en Charente par Jacques Bobe, alors président du conseil général, qui appuie le projet.

2005, Le conseil général présidé par Michel Boutant, qui devait financer 15% de la construction, se désengage.

2010, Sonia Matossian, avec le soutien de la Drac, lance l'étude de faisabilité du donjon en verre (300 000 euros), cofinancée par l'État, qui aboutit à une nouvelle estimation des travaux.[iv]

2013,  La propriétaire en appelle aux mécènes via la fondation de la Demeure historique afin de faire construire le donjon en verre.

 

[i] Edition Atlas

[ii] Dictionnaire des Châteaux et Fortifications, Charles Laurent Salch.

[iii] Dictionnaire des Châteaux et Fortifications, Charles Laurent Salch.

 

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