Histoire & Visite

 

château de Meudon

Le château de Meudon est en réalité un ensemble de deux châteaux, le Château-Vieux qui fut incendié pendant la Révolution Française (1795 ) dont il ne reste plus rien ,ou presque, et le Château-Neuf  qui fut incendié par les Prussiens en décembre 1870, il reste pour se dernier une grande partie mais qui fut ensuite transformé en observatoire astronomique.

Aujourd'hui le domaine de Meudon se visite tous les jours sauf exception.

 

 

 

Historique & Histoire 
source : source sur place, documentation diverses,

 

 

Quand le train, qui va de Paris à Versailles par la rive gauche, s’engage sur le viaduc du Val-Fleury, on aperçoit au-delà d’un vallon parsemé de villas et de parcs, au-dessus d’un groupe de maisons en am­phithéâtre, un pavillon campé de profil qui domine une longue terrasse de pierre. C’est tout ce qui leste des deux châteaux de Meudon qui comptaient Parmi les plus somptueuses demeures des environs de Paris.

Le premier manoir de Meudon appartenait sous François Ier a la duchesse d’ Étampes qui l’avait en­touré, grâce aux libéralités du roi, d’un parc immense et clos de murailles. Elle ne tarda pas à le céder au cardinal de Lorraine, archevêque de Reims. Ce prélat fit aussitôt élever par Philibert Delorme un véri­table palais dont la cour d’honneur avec son pavillon central, orné de colonnes de marbre rose, était un des chefs-d’œuvre de la Renaissance. Pendant cent ans, les princes de la maison de Lorraine se plurent à embel­lir cette résidence que l’un d’eux céda, en 1654, au surintendant des finances Servien. Celui-ci fit cons­truire la terrasse et chargea Le Nôtre d’embellir ses jardins. Le domaine était admirablement entretenu lorsque le fils de Servien le vendit à Louvois, en 1682.

Quand Louvois meurt en 1691, Mlle de Montpensier venait de léguer au Grand Dauphin, fils de Louis XIV, le château de Choisy. Or, le roi « accou­tumé, dit Saint-Simon, à dominer dans sa famille, et qui la voulait toujours rassemblée sous ses yeux, n’avait pu voir avec plaisir, ni ce don, ni les voyages fréquents que le Dauphin et ses favoris faisaient à Choisy : il voulut rapprocher son fils de lui. Meudon bien plus vaste, plus magnifique, et où Louvois avait enfoui des millions, lui parut propre à ses desseins». Par un accord conclu avec la veuve de Louvois, Meudon fut échangé contre Choisy et 900 000 livres de retour.

Le Dauphin ne tarda pas à aimer son nouveau do­maine. Il « voltigeoit » sans cesse de Versailles à Meu­don, où, à l’imitation du roi, il fit beaucoup de dépen­ses dans la maison et dans les jardins. Bientôt il fit construire par Mansart un nouveau château. Ce logis ne fut pas du goût de Louis XIV qui, venu a Meudon pour le visiter, se contenta de jeter un coup d’œil sur la façade et s’écria sans vouloir y entrer : « Ceci ressemble plus à la maison d’un riche financier qu’à celle d’un grand prince ! »

La reine du lieu était Mlle Chouin que le Dauphin avait probablement épousée en secret. Elle jouait à Meudon (toutes proportions gardées) le rôle que M'"° de Maintenon tenait à Versailles, et, comme dit Saint-Simon, « tontes les batteries pour le futur règne étaient dressées et pointées sur elle ». C’était une femme d’esprit, point tracassière, et qui aimait réellement le Dauphin.

La pauvre femme vit d’ailleurs ses rêves (si elle en eut) bien cruellement déçus par la mort imprévue du Dauphin. Ce prince, allant de Versailles à Meudon, rencontra un prêtre qui portait le viatique à un malade atteint de la petite vérole. Le lendemain il était lui-même atteint. Le roi accourut de Marly, et ne quitta pas son fils. La maladie empirait d’heure en heure. On cacha quelque temps à Louis XIV cette situa­tion désespérée. Quand on la lui apprit brusquement, il fut atterré, et on dut 1 arrêter à la porte de la chambre du Dauphin. « Alors, presque en faiblesse d’un renversement si entier et si subit, il se laissa aller sur un canapé placé dans la pièce dans la chambre du mourant. Il demandait des nou­velles à tout ce qui en sortit, sans que presque personne osât lui répondre. Mmc de Maintenon, accourue près du roi et assise sur le même canapé, tâchoit de pleurer. Elle essayait d’emmener le roi dont les carrosses étaient déjà prêts dans la cour, mais il n’y eut pas moyen de l’y faire résoudre que son fils ne fût expiré. » (14 avril 1711.)

A la fin du règne de Louis XIV et pendant la Régence, Meudon fut habité par la duchesse de Berry, fille du Régent et veuve de l’un des petits-fils de Louis XIV. « Née avec un esprit supérieur et, quand elle voulait également agréable et aimable, et une figure qui im­posent et qui arrêtait les yeux, mais que sur la fin le trop d’embonpoint gâta un peu, elle parlait avec une grâce singulière, une éloquence naturelle, qui lui était par­ticulière, et qui coulait avec aisance et de source ; en­fin avec une justesse d’expression qui surprenait et qui charmait. » Mais la princesse était en outre d’un or­gueil insoutenable, insatiable de tous les plaisirs, effrénée dans toutes ses passions. Mal élevée par un père qui l’aimait à 1 excès, elle se laissa aller aux ex­trémités de la débauche et peut-être du crime. On l’a accusée d’avoir empoisonné son mari. Si l’on en croit les mémoires du temps, ce ne serait là que le moindre de ses forfaits. Elle venait souvent à Meudon, et ses séjours étaient marqués par des orgies dignes de celles de Saint-Cloud. En mars 1719 elle voulut rece­voir à Meudon le régent son père et lui donna en plein air un repas et une fête nocturnes. Le froid la prit. Usée par une vie de plaisirs elle se traîna péni­blement jusqu’en juillet et mourut au château de la Muette, près du bois de Boulogne.

Après la duchesse de Berry, de peu édifiante mé­moire, nous rencontrons à Meudon le roi détrôné de Pologne, le bon Stanislas Leczinski, dont Louis XV venait d’épouser la fille Marie Leczinska. On sait que Louis XV fut pendant plus de dix ans un mari modèle. Aux premiers mois de la lune de miel il venait souvent avec sa femme et quelques intimes passer quelques jours dans la retraite de son beau-père. Dès lors cependant plus d’un courtisan tâchait d’en­traîner le jeune roi à se départir un peu de sa rigou­reuse fidélité conjugale. A quelqu’un qui lui vantait un jour la beauté d’une femme de la cour, Louis XV fit cette réponse aussi adroite que fine : « Est-elle plus belle que la reine ?» Phrase imprévue dans 1a bouche de Louis XV.

Stanislas retourna en Pologne et ne revint en France que pour prendre possession de son duché de Lorraine. Meudon est abandonné, et jusqu’à la Révolution la cour n’y fait plus que de rares apparitions. Cette belle ha­bitation n’est plus qu’un rendez-vous de chasse, où Louis XV et Louis XVI viennent parfois déjeuner avant de courre le cerf dans les bois de Meudon et de Ver­rières.

N’oublions pas cependant que le fils aîné de Louis XVI, enfant rachitique, auquel on avait ordonné l’air et la solitude, passa au château de Meudon les derniers mois d’une vie qui s’éteignit le 4 juin 1789.

Pendant la Révolution, Meudon devient un établis­sement militaire où se font, dans le plus grand secret, des recherches relatives au perfectionnement de l’ar­tillerie.

Le domaine ne gagna pas beaucoup à cette transfor­mation. Les jardins furent saccagés, et en 1795 un in­cendie endommagea une partie du vieux château qui tomba en ruine et fut démoli en 1804.

Restait le château neuf, intact encore quoique fort délabré. Son heureuse situation attira l’attention de Napoléon qui le fit restaurer. La cour y fit de courts séjours jusqu’en 1812. A cette époque Marie-Louise vint s’y installer avec le roi de Rome et y demeura presque continuellement pendant toute la campagne de Russie. Plus tard, à Sainte-Hélène, Napoléon dut revoir bien souvent les ombrages de Meudon sous lesquels avait joué son fils. Comme l’a dit Victor Hugo dans son Napoléon II :

Le soir, quand son génie se perdait dans l’alcôve,

Ce qui se remuait dans cette tête chauve,

Ce que son œil cherchait dans le passé profond,

Tandis que ses geôliers, sentinelles placées Pour guetter nuit et jour le vol de ses pensées,

En regardaient passer les ombres sur son front;

Ce n’était pas Madrid, le Kremlin et le Phare,

La diane au matin fredonnant sa fanfare,

Le bivac sommeillant dans les feux étoilés,

Les dragons chevelus, les grenadiers épiques,

Et les rouges lanciers fourmillant dans les piques Comme des fleurs de pourpre en l’épaisseur des blés ;

Non, ce qui l’occupait, c’est l’ombre blonde et rose D’un bel enfant qui dort la bouche demi-close,

Gracieux comme l’Orient,

Tandis qu’avec amour sa nourrice enchantée,

D’une goutte de lait au bout du sein restée,

Agace sa lèvre en riant.

Depuis le premier Empire Meudon a été tour à tour le séjour du duc d’Orléans, du maréchal Soult, du prince Jérôme Bonaparte, l’ancien roi de Wurtemberg, et de son fils le prince Napoléon. Les Allemands in­cendièrent le château en décembre 1870. On en a restauré le pavillon central devenu une annexe de l’Observatoire de Paris.

Le parc depuis le mois d’oc­tobre 1888 est consacré aux ébats des lycéens de Paris qui viennent y respirer chaque jeudi l’air vivi­fiant des bois d’alentour.

 

source : Les palais nationaux : Fontainebleau, Chantilly, Compiègne, Saint-Germain, Rambouillet, Pau, etc., etc. / par Louis Tarsot et Maurice Charlot ( date d'édition inconnue mais probablement fin XIXe ), numérisation et OCR par montjoye.net avec quelques rajouts et modifications du texte initial.

Vous pouvez néanmoins trouvez un exemplaire numérique sur gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6448891b