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- Catégorie : Ille-et-Vilaine - 35
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Château de la Haye-Saint-Hilaire
Situé à quelques kilomètres de Fougères, le château de La Haye est le berceau de la famille de La Haye-Saint-Hilaire, une lignée bretonne dont la présence sur ces terres est attestée depuis le XIIe siècle. Fidèle à ses racines, la famille qui a possédé la demeure, qui n'a jamais été vendue en plusieurs siècles d'histoire, jusqu'en 2016 où le château fut mis en vente par les héritiers et vendu en janvier 2021 aux propriétaires actuels.

Image colorisée à partir d'une vieille carte postale du milieu du XXe.
Pages officielles :
https://www.facebook.com/LaHayeStHilaire
https://www.instagram.com/la_haye_sthilaire/
Le Château de La Haye : La Noblesse du Granit en Bretagne
Une Architecture du "Grand Siècle"
L'édifice actuel, principalement reconstruit au XVIIe siècle, reflète l'influence du règne de Louis XIV avec une grâce austère typiquement bretonne. Les points clés de son architecture incluent :
Le corps de logis : Construit en granit, il est coiffé d'un toit à la Mansart souligné par une corniche à modillons.
Vestiges médiévaux : La façade conserve des corbeaux en saillie, traces d'un ancien chemin de ronde, et les dépendances au nord sont flanquées d'une tour cylindrique plus ancienne.
L'entrée : L'accès à la cour carrée se fait par un portail conservant les rainures de l'ancien pont-levis. L'entrée du domaine témoigne encore aujourd'hui du passé défensif de la seigneurie de La Haye. L'accès à la cour carrée s'effectue par l'Est via un ensemble architectural significatif:
Le portail principal : Il est percé d'une large ouverture en plein cintre, permettant le passage des attelages.
La porte piétonne : Une ouverture plus étroite est réservée à la circulation des personnes à pied.
Le système de défense : Dans la partie supérieure de ce portail, on distingue encore nettement trois rainures. Celles-ci servaient autrefois au mécanisme d'un pont-levis, soulignant que le château était originellement entouré de douves.
Ces éléments, combinés aux vestiges de l'ancien chemin de ronde visibles sur la façade du logis, rappellent que la construction du XVIIe siècle a réutilisé et transformé les structures d'une "vieille maison forte" médiévale.
La chapelle : Dédiée à la Sainte Famille et bénie en 1687, elle est sommée d'un campanile et abrite une Vierge à l'Enfant du XVe siècle. Reliée au corps de logis par une balustrade de pierre , la chapelle du château est un remarquable édifice en granit appareillé dédié à la Sainte Famille. Sa structure se distingue par un toit d'ardoise surmonté d'un campanile.
Ce lieu de culte, dont la bénédiction remonte à 1687 , a été érigé sous l'impulsion d'Anne de La Haye et de son épouse Louise de Canaber. Véritable panthéon familial, elle abrite : Une statue de la Vierge à l'Enfant en bois polychrome datant du XVe siècle.
Les sépultures de nombreux membres de la lignée de La Haye. En plus de cet édifice privé, le seigneur disposait également de privilèges dans l'église paroissiale de Saint-Hilaire, où il possédait son propre banc ainsi qu'un enfeu.
Droits Seigneuriaux et Histoire de Famille
Érigée en châtellenie en 1593 par Henri IV pour récompenser la loyauté de René de La Haye, la seigneurie jouissait de privilèges importants. Le seigneur détenait le droit de haute justice sur le bourg de Saint-Hilaire et pouvait y organiser deux foires annuelles.
Un Engagement Historique Marqué
La famille s'est illustrée par sa fidélité aux causes royales :
Guerres de religion : René de La Haye soutint Henri IV contre la Ligue.
La Chouannerie : Pendant la Révolution, deux fils de la famille, Louis-Joseph-Benigne et Charles-Édouard, furent des figures majeures de la résistance bretonne contre la République. Charles-Édouard fut d'ailleurs fusillé à Vannes en 1807.
Le château et sa chapelle sont aujourd'hui protégés, ayant été classés au titre des Monuments historiques en 1926.
La Famille de La Haye et la Chouannerie
Pendant la Révolution française, la fidélité de la famille à la cause royale a entraîné l'émigration du seigneur Louis-François de La Haye, dont les biens furent confisqués par la Nation. Ses deux fils sont toutefois restés en France pour mener une lutte armée active au sein de la chouannerie bretonne.
La devise de la famille : Épargne le petit et ne crains pas le grand (en latin Parcere subjectis, debellare superbos)
Louis-Joseph-Benigne de La Haye-Saint-Hilaire (1766-1838) dit Le Ulhan.

Ancien officier d'infanterie, il devient une figure centrale de la contre-révolution:
Il rejoint d'abord le marquis de La Rouërie pour soulever l'Ouest contre les forces révolutionnaires.
Il s'exile temporairement en Angleterre pour servir d'agent de liaison avec l'armée vendéenne.
De retour en Bretagne, il prend le commandement d'une division pour combattre les troupes de la République.
Charles-Édouard de La Haye-Saint-Hilaire
Le frère cadet s'illustre par un engagement tout aussi radical sous le Premier Empire:
Il sert comme lieutenant de Georges Cadoudal, le célèbre chef chouan.
Après l'exécution de Cadoudal en 1804, il vit dans la clandestinité pour échapper aux autorités impériales.
Finalement arrêté, il est fusillé à Vannes le 6 octobre 1807.
source principale : Fiche Edition Atlas