Hôtel Bodard de la Jacopière

 

L'édifice, pour sa partie la plus ancienne, est probablement du XIIIe jusqu'au XVe, avec des modifications majeures au XVIe et XVIIe. L'Hôtel porte le nom d'un ancien maire de Chinon, Jean-Baptiste Pascal Bodard de la Jacopière dont il fut propriétaire. C'est en réalité initialement deux hôtels particuliers du XIIIe réunis en un seul au XVe siècle, il était intégré dans la ville forte.

Il a été racheté par Carsten Hanssen en 2021, architecte à Chinon, pour 200 000€ environ, avec un emprunt de 150 000 afin d'effectuer une première tranche de travaux qui sont nombreux. Ce dernier s'occupe également des travaux au château de la château de La Mothe-Chandeniers mais aussi de l'église Saint-Saturnin à Champigny-sur-Marne.

L'hôtel à son entrée principale du côté de la Vienne mais possède aussi plusieurs entrées du côté de la "ville forte" au niveau de la rue Haute-Saint-Maurice, rue présente depuis au moins le XIIe siècle et qui fut pendant des siècles l'artère vitale de la ville. C'est aujourd'hui l'une des rues les plus fréquentées de la cité médiévale, parralèle au château de Chinon, en période estivale et l'une des plus belles de la région. 

L'abandon progressif de l'hôtel au cours du XIXe et XXe, des différents rebondissements depuis qu'il a été décidé de le vendre en 2011 reflète assez bien la problématique de vendre et d'entretenir un patrimoine classé dont l'usage a été fortement modifié au cours des années. Usage qui n'a jamais été pérenne et sans financement autre que pour son fonctionnement, laissant les gros oeuvres nécessaires toujours repoussés jusqu'à qu'il  devienne en définitive quasiment insalubre et impropre à un usage sans de coûteux travaux.

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 Façade plein sud face à la Vienne, sur la gauche l'ancienne école maternelle qui sera détruite. Au centre on remarque la tourelle d'escalier du XVe qui dessert les deux bâtiments.

 

 

Chronologie 

Vers le XIIIe, deux bâtiments sont construits, peut-être sur de plus anciens. Celui de gauche ( voir photo précédente ) comporte des cuisines, une  salle haute ( au niveau de la rue Haute Saint-Maurice ),  une autre salle au second étage  et un grenier. Celui de droite comportait un étage de moins. Les deux logis sont dans des parcelles disctintes et probablement cloisonnées par un mur délimitant les parcelles. Celui de droite comporte qu'un seul étage au niveau de la cour, alors que celui de gauche en possède deux. Il n'est pas impossible qu'ils aient deux fonctions différentes, celui de gauche étant un lieu d'habitation d'un notable alors que celui de droite  serait multifonctionnel, avec probablement des utilisations différentes selon les époques.

XIVe, une grande salle est installée dans le logis de gauche.

XVe, une aile est construite et un escalier, celui que nous voyons aujourd'hui, est mis en place et permet de réunir les deux logis en un seul tout en gardant des caractéristiques disctinctes.

XVe-XVIe, une nouvelle grande salle est mise en place mais cette fois-ci sur le logis de droite.

XVIe, époque Renaissance, une nouvelle aile est édifiée mais à la différence de celle du XVe, elle n'est pas totalement intégrée au bâtiment de droite.

XVIIe, l'aile Renaissance est allongée par de nouveaux bâtiments, probablement avec un usage de communs ( cuisines, etc )

1820, le 19 mars, l'hôtel est racheté par la ville de Chinon.

1820 - 1890, pendant cette période les Soeurs de la Croix Saint-André occupent en tant que locataire le bâtiment. 1821, création d'une école congréganiste de filles, membre d'une congrégation ou d'une confrérie religieuse. En 1843, en toute discrétion, il est crée une salle d'asile qui sera finalement concrétisée officiellement en 1887 par la municipalité. Puis une école maternelle est crée mais les éléves seront en définitive déplacées dans l'école communale et en 1892 l'école religieuse est fermée.

L'hôtel est abandonné pendant une trentaine d'année avant qu'il ne soit réemployé par la La société des Amis du Vieux Chinon qui mettront leurs bureaux dans les combles en 1922. L'association commence le déménagement en 1974 dans la Maison des États généraux, aujourd'hui le Musée du Grand Carroi. 

Une école maternelle est à nouveau crée, à cette fin, des bâtiments sont construits dans la cour, bâtiments qui seront détruits dans le nouveau projet.

 

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Situé dans la rue Haute Saint-Maurice, l'hôtel Bodard de la Jacopière se trouve sur la photo à gauche. Sa façade est fortemement dégradée.

 

1987, l'hôtel perd sa fonction d'école maternelle et  les locaux sont donc mis à disposition de la chambre des métiers et de l’Institut national tertiaire social et de la formation continue (Infac) du Centre Ouest.

Il est envisagé de transformer le bâtiment en résidence séniors mais le coût exorbitant des travaux réduisent à néant le projet. Les premiers et dernier étages sont alors occupés par les syndicats FO et CGT.

1989-1991, les Amis du Moyen-Âge proposent des visites nocturnes animées, mais le contrat n'est pas renouvelé.

Louis Bourdin, architecte, étudie la faisabilité d'une Maison du Développement, pendant ce temps le Syndicat intercommunal du Val de Vienne occupe les bureaux, elle est rejoint en 1993 par l’Agence de développement et d’urbanisme en Chinonais (Aduc) puis plus tardivement par l’Association des Compagnons du devoir.

2000, il est classé au titre des Monuments historiques.

2004, l'ADUC, siège officiellement à Bodard de la Jacopière et y reste jusqu'en 2010.

2011, Chinon étant une ville très endettée, il est voté le 2 avril lors du conseil municipal de le céder. Ceci enjendre une certaine réticence, d'une partie de la population et l'association Protection du site de Chinon qui propose ironiquement de vendre la Mairie.

2014, après plusieurs décennies de gestion socialiste, dont le projet de parking gargantuesque a probablement été le coup de massue pour la population, la ville passe à droite.

2017, l'hôtel est classé afin de le protéger d'une destruction éventuelle après sa vente.

2019, la vente au  promoteur immobilier Histoire et Patrimoine semblait être acquise avant que Carsten Hanssen ne propose une autre offre sous l’égide de l’Association pour le sauvetage de l’hôtel Bodard de la Jacopière. Il est vendu pour 200 000€ environ, à noter que pour les services des impôts il était estimé à 470 000€ s'en prendre en compte probablement les travaux de sauvetages.

2021, la cession est actée par le compromis de vente le 3 mai 2021 avec la SCI de Liesse dont le siège est au 81 rue Haute Saint-Maurice.

Association sauvetage hotel Bodard de la Jacopiere

 L'association propose des visites guidées lors des journées du patrimoines ou en période estivale.

 

Le projet en quelques mots

Carsten Hanssen devrait signer le compromis de vente définitif en novembre 2021 avant d'entreprendre les premiers travaux entre décembre et mars 2022. Le cabinet d'architecte, Atelier 27, devrait prendre place pendant cette période. Il est prévu de détruire les bâtiments de l'ancienne école maternelle et de mettre en place un restaurant gastronomique et un Centre International du Patrimoine.

L'ensemble de l'hôtel devrait restaurer dans son intégralité, notamment la façade extérieure rue Haute Saint-Maurice qui est fortement dégradée à l'heure actuelle, néanmoins il ne s'agit pas de restaurer l'ensemble comme au XVe et au XVIe mais de garder une trace des ses différentes évolutions.

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sources : Documentation et visite  sur place, La Nouvelle République, Site officiel ( bodard.eu ), http://shenandoahdavis

 

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