Château de Beaufort-en-Vallée

Première forteresse au Xe siècle par les comtes d'Anjou, le château est détruit, ou fortement endommagé, au XIIIe puis reconstruit plus d'un siècle plus tard. L'actuel château a édifié au XIVe et XVe sur une motte castrale. C'est autour de cette Forteresse que la petite cité de Beaufort-en-Vallée prend son essor. 

Le château-fort est démoli une première fois en 1214, puis reconstruit, en 1346, par Guillaume Roger, ce dernier est le frère du pape Clément VI, c'est le château que nous voyons partiellement aujourd'hui. Certaines modifications importantes ont été réalisées au milieu du XVe siècle.

Après la guerre de Cent-Ans le château médiéval perd de son intérêt défensif, il est néanmoins aménagé afin de le rendre plus confortable. René, duc d'Anjou, y apportera de substantielle modification.

Au XVIIe siècle, il est encore utilisé comme garnison avant qu'il ne soit démantelé et utilisé comme carrière de pierre pour la cité. A la révolution est vendu comme Bien National, puis racheté par la commune.
C'est encore une très belle ruine, étudiée par de nombreux spécialiste, dont Jean Mesqui.

 

chateau de beaufort en vallee en anjou

 

Historique & Histoire 

 Construit au XIe siècle, par Foulques Nerra, comte d'Anjou, sur un oppidum gallo-romain. Détruit en 1212, par Louis VIII, fils de Philippe-Auguste; et aussitôt rebâti, il fut reconstruit (1346-1356) par le premier comte de Beaufort, Guillaume Roger, frère du pape Clément VI, père du pape Grégoire XI (maîtres d'œuvres : Guill. Laureau, en 1348, puis Thibault de Villiers). — Le « beau fort »—bellum forte — se composait de quatre tours carrées (h. environ 46 mètres) ; celle de gauche est détruite ; celle de droite fut reconstruite octogone par René d'Anjou et Jeanne de Laval, vers 1455. —

Entre ces deux tours régnait la « Grande Salle », construite (1348) sur des murs du XIe siècle et sur deux étages d'anciens souterrains voûtés en ogives (l'un passe sous le nouveau collège), dominée par un mur crénelé (hauteur de la plate-forme intérieure : 35 pieds, du fossé extérieur : 170 pieds). — Un puits plus ancien, incomplètement exploré en 1871, existe au centre du monticule fortifié. — Des murs cintrés reliaient les quatre tours. — Les fondations (de 60 pieds) ont été faites en six semaines, par trente-cinq ouvriers, gagnant en moyenne 2 sols par jour (équivalant à environ 2 fr. 50). 

— Les murs des tours avaient une épaisseur de 9 pieds aux fondations, de 8 jusqu'au deuxième étage, de 7 au-dessus. Ils étaient surmontés de deux étages en bois, couverts d'ardoises et dominés par la bannière armoriée du comte Roger. — Le prieur de Cunaud et l'abbé de Saint-Florent, près Saumur, fournirent à leurs frais 60.000 tuffeaux. Les autres pierres proviennent de Fontaine-Guérin, Brion, Saumur, Langeais, Chaillé et de Beaufort même (d'après les comptes, aux Archives Nationales).

Seigneurs, Comte et Roi à Beaufort en Vallée

938-958, Foulques le Bon, comte d'Anjou et seigneur de Beaufort

960-986, Geoffroy Ier Grisgenoelle, comte d'Anjou et seigneur de Beaufort. Il est le fils de Foulques le Bon, comte d'Anjou et seigneur de Beaufort.

970-1040, Foulques III Nerra, comte d'Anjou et seigneur de Beaufort

Puis Geoffroy II Martel, puis Foulques IV le Réchin, né en 1043 et mort en 1109.

Henri II de Plantagenêt, comte d'Anjou et seigneur de Beaufort, qui deviendra Roi d'Angleterre.

Tombeau à l'Abbaye Notre-Dame de Fontevraud , Henri II et Aliénor d'Aquitaine

 

Jean Sans Terre assigne la terre de Beaufort en douaire à Isabelle d'Angoulême.

1206, mai, Philippe Auguste donne garde et jouissance à Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou, en récompense de la prise de Beaufort en 1203.

1230, Louis IX donne la terre de Beaufort en apanage à son frère, Charles, comte d'Anjou.

Philippe III le Hardi donne 2000 livres de rentes sur Baugé et Beaufort à sa mère Marguerite de Provence.

1342, le futur Jean II le Bon, donne une rente à Guillaume Roger, que son père Philippe VI renouvelle. Guillaume Roger obtient le droit de rebâtir et fortifier Beaufort.

Philippe VI de Valois, seigneur de Beaufort de 1328 à 1344, donne le 22 août 1343, à Guillaume Roger, 1000 livres de rentes sur la châtellenie de Beaufort.

1344, le 7 juin, Beaufort devient vicomté puis en avril 1347, comté.

1350, Louis de France, premier duc d'Anjou, roi de Naples, remet la main sur Beaufort et chasse les proches de Guillaume Roger, mais en 1371 le 31, les donations royales sont confirmées.


Maréchal de Boucicaut

Jean le Meingre, dit Boucicaut, Maréchal de France, grand connétable de l'empereur et de l'empire de Constantinople, comte de Beaufort, de Clux, d'Alest, vicomte de Turenne. Après la défaite d'Azincourt, dont il commande l'armée royale, il est capturé puis transféré en Angleterre où il meurt. Entre temps son épouse Antoinette de Beaufort, vicomtesse de Turenne, meurt le 14 juillet 1416.

Victoire de Pont-Valain (1370). Il fut réoccupé par les Anglais en 1421, à la veille de la bataille de Baugé (le Vieil).

 

Le roi René d'Anjou s'y plaisait beaucoup ; il y avait une ménagerie, des plantes rares, une bibliothèque, où se trouva entre autres le manuscrit de la Chronique de Joinville ( 1). Il donna Beaufort en douaire à Jeanne de Laval, qui y réside, pendant son veuvage, jusqu'à sa mort (1480-1498).

Calvinistes et royalistes se le disputèrent tour à tour en 1568 76, 85, 89, 91 et en 1622.

En 1635, le roi autorisa à en prendre les matériaux pour le couvent des Recollets. De même, en 1725, pour la réparation du collège, et, en 1769, pour la reconstruction de l'hospice des Incurables. A la demande des Angevins, le rasement du château de Beaufort avait été ordonné, mais non effectué complètement, en 1645. —

Vendues comme Bien National, en 1796, les ruines furent rachetées par la Commune en 1832.

 

 

L’Entrée. 

Entre les deux tours (XIVe siècle) s’abattait le pont-levis (existant encore en 1635), surmonté d’une tourelle en saillie, (reconstruite en 1346 sur un noyau du xie siècle) laquelle avait 18 pieds carrés dans œuvre ; elle s’élevait de deux étages de pierres (12 pieds et 10 pieds de haut), un étage en bois (7 pieds), recouverts d’ardoises , le tout élevé de 15 pieds au-dessus des quatre grandes tours. Au deuxième étage étaient braqués les pierriers, les canons de défense et les « archières ».

 

9 — Tour construite en 1346-47.

Elle s’élevait à 46 m. au-dessus des douves (deux étages, de pierres, deux de bois, couverture d’ardoises). Du rez-de-chaussée, on pénétrait, par un trou, dans la prison souterraine, encore existante. La porte (à gauche, condamnée) ouvrait sur l’escalier qui descendait au sous-sol, près du pont-levis. Au deuxième étage se trouvait la chapelle. Au troisième, des chambres et garde-robes.

 

10 — Tour construite en 1348.

Elle s’élevait à la même h. du fond des douves (deux étages de pierres, deux de bois, couverture d’ardoises). — Plus au nord s’élevait une tour semblable, dont l’étage inférieur communiquait avec les caves de la Grande Salle, au nord, et avec les douves. — Au fond, une ouverture basse, avec voûte de protection et double porte, permettait de sortir du fort sans passer devant le pont-levis, en cas de besoin. — Au-dessus, la bouteillerie, garde-robes, etc.

 

11 --Tour octogogne. (xve s.)

tour octogonale XVe

Reconstruite vers 1455, par René d’Anjou. — Les vassaux y ren­daient foi et hommage. — Les receveurs du Comté y recueillaient les grains et récoltes. — Pendant une partie du XIXe siècle, elle servit de prison. Sous la Révolution, sept ou huit Vendéens amenés de Fontaine-Guérin y furent pris et tués par les hussards de pas­sage (mai 1793). — Vers sud, une haute muraille, en hémicycle, la reliait à la tour carrée du XIVe siècle. Vers l’ouest, elle commu­niquait avec la Grande Salle.

 

16 — Logis (xvie-xvne siècles) de la motte du château.

 

Derrière l’ancien collège, mis à découvert, en 1899, lors de la construction de la nouvelle Caisse d’Epargne et du Musée (1900- 1904).

Les fossés (7 et 8 mètres de profondeur) de l’enceinte du château ont été retrouvés, en creusant les fondations du monument, sur la ligne indiquée par les décombres.

 

  

source du texte : Joseph Denais, historien local. Gallica.Bnf.fr

 

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