Château de Marcay

 

Situé dans le village éponyme, le château actuel de Marcay fut édifié au XVe sur les ruines d'un plus ancien du XIe siècle ( 1050 ). Marcay, anciennement Marcay-lèz-Chinon, une partie des terres de Marcay appartenaient au diocèse de Poitiers, les archevêques de Tours possédaient des droits importants également sur ces terres, néanmoins les terres du seigneur de Marçay étaient indépendantes du diocèse et des archevêques de Tours, le château n'en faisait donc pas partie.

Le château a été racheté en 2014 par un australien et c'est aujourd'hui un hôtel et restaurant de luxe avec 24 chambres dans le château et 6 au Pavillon des Vignes, quelques personnages comme François Mitterrand, Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac y ont fait des séjours. Le château aurait la réputation d'être hanté par une dame blanche.

 

chateau de marcay

 

Historique & Histoire 

 

 

Bien que Marçay appartienne au diocèse de Poitiers, les archevêques de Tours avaient dans cette paroisse des droits importants. Ils étaient patrons de l'église, ils avaient les dîmes des blés, vins, porcs et agneaux de la paroisse; ils y étaient représentés par un notaire et par un prévôt qui pouvait en cette qualité lever des amendes. En 1190, il intervint un accord entre Richard, roi d'Angleterre, et Barthélémy, archevêque de Tours, au sujet des droits à percevoir sur Chinon et Marçay. Ce domaine ecclésiastique était complètement distinct du château, terre et seigneurie de Marçay, fief purement laïque qui n'a jamais dépendu du temporel de l'archevêché de Tours, et dont nous allons parler maintenant.

Le château de Marçay et les terres qui en dépendaient ont appartenu à diverses familles.

En 1213, ils avaient pour seigneur Gaudin de Rannefort

Vers 1260 à la famille de  Hugues de Beaussay. Ils passèrent ensuite dans la maison de Paye, dont un membre, Jean de Paye, a été archevêque de Tours au XIIIème siècle. Le château et ses dépendances ne sortirent de cette famille que sous le règne de François 1er.

Par acte du 9 avril 1525, en effet, René de Paye, écuyer, seigneur de Marçay, et Jeanne de Vertou, sa femme, vendirent à René de Bastarnay, enfant d'honneur du roi, baron du bouchage, seigneur du château de Montrésor et du Bridoré. Marçay était encore en la possession de la famille de Bastarnay à la fin du XVIème siècle. Le 3 Mars 1599, la dame Françoise de Bastarnay fit faire une visite pour constater l'état du chastel de Marçay-lèz-Chinon. Il fut reconnu que de nombreux dégâts avaient été causés au château par les gens de guerre de Mr. de Chavigny et par ceux de Mr. de la Trémoille, qui y avaient séjourné pendant l'année 1597.

Les habitants de la paroisse de Marçay et ceux des paroisses voisines s'y retiraient avec leurs bestiaux, pour se mettre à l'abri des gens de guerre qui couraient la campagne, et avaient aussi participé aux dégradations. Avec le XVIIème siècle paraît une nouvelle famille.

Le 28 mai 1607, messire Simon le Bossu, conseiller du roi, seigneur du château-fort, terre et seigneurie de Marçay, fait arpenter les domaines dépendants de ladite seigneurie. Il est évident que c'était un acquéreur récent qui voulait faire constater d'une manière précise l'état et la contenance de son nouveau domaine. Cet acte de 1607 renferme une description complète du château qui comprenait deux corps d'hostel, flanqués de trois grosses tours, deux rondes et une carrée (ou plutôt octogonale); un jeu de paume, bassecour, caves, prison à mettre prisonniers, le tout entouré de hautes murailles et de fossés profonds.

On mentionne le pont-levis qui donnait accès dans la cour.

Simon le Bossu, laissa pour principal héritier Séraphin le Bossu, son fils, qui fut aussi seigneur de Marçay. Celui-ci se maria le 27 décembre 1629 avec Elisabeth Tronson, et décéda au mois d'avril 1657. Il eut pour enfants Alexandre-Louis le Bossu, son principal héritier, et plusieurs filles; deux d'entre elles Marie et Madeleine furent religieuses à Champigny-sur-Veude. Alexandre le Bossu épousa Renée de Rivière, mais il paraît n'avoir pas laissé d'héritier mâle. A sa mort, Séraphin le Bossu, ruiné, avait laissé de grosses dettes.

Le 21 Mars 1667, le château de Marçay et ses dépendances furent saisis à la requête des religieuses de Champigny sur Veude, auxquelles Séraphin le Bossu n'avait jamais payé la pension de ses filles, religieuses en ce couvent.

Le 7 avril 1723, la terre et seigneurie de Marçay, avec toutes ses dépendances, furent adjugées à dame Françoise Dreux, veuve de messire Charles Odard, chevalier, et à Marie Dreux, sa soeur, filles de feu Guillaume Dreux, écuyer, seigneur de Bellefontaine. Cette adjudication fut prononcée au bailliage de Loudun. La terre de Marçay resta la propriété de la famille Dreux pendant tout le XVIIIème siècle.

1789 elle appartenait à dame Marie-Anne Dreux, veuve de Charles-Antoine-Henri d'Arcemale, baron du Langon, qui la tenait par héritage de Charles Dreux, son frère, mort sans enfants. A la mort de celle-ci, le château et ses terres furent vendus à M. Luc Gilbert de Fontenay qui le legua à ses héritiers, la famille d'Espinay.

1790, à la limite des terres du Loudunais, le château de Marcay quitte étrangement l'Indre et loire pour entrer dans le département de la Vienne après le redécoupage révolutionnaire des départements.

1963, inscription au titres des Monuments Historiques : Les façades et les toitures (cad. B 94) : inscription par arrêté du 7 février 1963.

1973, il est transformé en hôtel par la famille Mollard.

2014, rachat du domaine par le financier australien Eric Lucas.

 

 


Brève description du château

Le château de Marçay était un fief noble relevant directement du domaine royal et du château de Loudun, il accuse diverses époques de construction. L'une des tours rondes située vers le levant est surmontée de mâchicoulis avec ornements à trèfles allongés qui remontent au XVème siècle. L'autre tour ronde porte aussi des mâchicoulis, mais ceux-ci avec ornements flamboyants qui dénotent les premières années du XVIème siècle. Une autre tour, de forme octogonale, et qui jadis renfermait un escalier, était percée de fenêtres à choux frisés qui indiquent également l'époque qui précède immédiatement la Renaissance. On arrive au sommet de cette tour par une élégante tourelle à encorbellement, de la même époque, gracieusement suspendue au flanc de la tour principale. Du haut de ce donjon la vue embrasse toute la plaine du Loudunais, depuis le plateau de la Tour Saint-Gelin jusqu'aux coteaux qui bordent la rive gauche du Thouet ; on découvre Loudun, Saint Léger, le château de Coudray-Montpensier etc.

Ces trois tours, avec le corps de logis central et l'aile à l'ouest qui les relient, forment la partie ancienne du château. Une seconde aile à l'est et une quatrième tour ont été ajoutées par M. Luc Gilbert. Les douves ont été comblées et les hautes murailles en grande partie détruites ; il en reste assez cependant pour se rendre compte de l'ancienne disposition des cours et avant-cours. Il y avait dans les dépendances du château une chapelle aujourd'hui détruite, qui devait être contemporaine de la tour octogonale.

Le château accuse diverses époques de construction. L’une des tours rondes situées vers le levant est surmontée de mâchicoulis avec ornements à trèfles allongés qui remontent au xve siècle. L’autre tour ronde porte aussi des mâchicoulis, mais ceux-ci avec ornements flamboyants qui dénotent les premières années du xvt* siècle (2). Une autre tour, de forme octogonale, et qui jadis renfermait un escalier, était percée de fenêtres à choux frisés qui indiquent également l’époque qui précède immédiatement la Renaissance. On arrive au sommet de cette tour par une élégante tourelle en encorbellement, de la même époque, gracieusement suspendue au flanc de la tour principale. Du haut de ce donjon la vue embrasse toute la plaine du Loudunais, depuis le plateau de la tour Saint-Gelin jusqu’aux coteaux qui bordent la rive gauche du Thouet; on découvre Loudun, Saint-Léger, Le Coudray-Montpensier, etc. Ces trois tours, avec le corps de logis central et l’aile à l’ouest qui les relient, forment la partie ancienne du château, décrite dans ia pièce de 1607 ci-dessus citée. Le château était encore dans le même état à la mort de M'n0 du Langon, d’après un état de lieux dressé à cette époque (3). Une seconde aile (à l’est) et une quatrième tour ont été ajoutées par M. Luc Gilbert. Les douves ont.été comblées et les hautes murailles en grande partie détruites ; il en reste assez cependant pour se rendre compte de l’ancienne disposition des cours et avant-cours (4).

 

Vidéo du Château de Marcay.

 

 

sources :  Bulletin de la Société archéologique de Touraine, Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers,   la nouvelle république.fr

 

 

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