Jean de Dunois

 

 Jean de Dunois est souvent de nos jours mis en retrait lors du siège d'Orléans, notamment par rapport à Jeanne d'Arc. Ce fut cependant l'un des personnages majeurs de la réussite de Jeanne d'Arc à Orléans.

 jean de dunois

 

 

 

Articles connexes : Jeanne d'Arc lors du Siège d'Orléans - Bastille Saint-Loup , Château de Saint-LoupChâteau de ChâteaudunAssassinat du duc Louis d'Orléans à Paris en 1407 - Charles VII

 

 

SOMMAIRE

  1. Enfance de Jean de Dunois
  2. Guerre de 100 ans
  3. Siège d'Orléans, il est alors capitaine d'Orléans
  4. Jean de Dunois et Jeanne d'Arc
  5. Bataille du Berger, quelques jours après que Jeanne d'Arc fut brûlée vive à Rouen
  6. Prise de Chartres
  7. Guerre de Pragueries
  8. Reconquête de la Normandie et de la Guyenne, il devient alors le "restaurateur de la patrie".

 

 

Le siège d'Orléans


Pont des Tourelles, pris par Jeanne d'Arc avec l'aide de Jean de Dunois
 
En vert la position de l'ancien pont des Tourelles pris par Jeanne d'Arc et Jean de Dunois le 8 mai 1429. Le trait vert  exagère un peu la position du pont, c'est lié à la photo panoramique,  mais le pont des Tourelles n'était pas totalement droit avec un décalage sur l'île.
 
 
Si les victoires précédentes ont permis aux Français de reprendre espoir, le siège d'Orléans qui commence le 12 octobre1428 est sûrement un des tournants de la guerre de Cent Ans. Jean de Dunois, alors capitaine, défend la place. Les Anglais, dirigés par Thomas Montaigu comte de Salisbury, vont rapidement prendre le dessus en prenant la barbacane qui défend le pont d'Orléans, puis « les tourelles » abandonnées par les Français qui selon ces derniers ne pouvaient plus les défendre. Les Tourelles étaient à l’entrée du pont, sorte de bastille avec deux tours ( une ronde et une polygonale ) à l’avant et deux tourelles à l’arrière sur le pont.

Mais Salisbury décède après avoir reçu un boulet tiré de la ville, alors qu’il inspectait les Tourelles, il a le visage arraché et un œil crevé, il décède le 3 novembre probablement au Château de Meung sur Loire pris quelque temps avant. Cependant les Anglais font le maximum pour que les Français ne soient pas au courant du décès du Comte, ils ne le sauront donc que bien plus tard.

Pour prendre la ville, les Anglais vont tenter de l’assiéger en construisant des bastilles, dont l’objectif est de couper les routes pour éviter qu'Orléans ne soit ravitaillée. Au Nord-Ouest, les bastilles dites de « Paris », « Rouen », « Londres » et de la Croix Boissée et celle de Saint-Laurent sont reliées entre elles par des fossés. Celle de Saint-Loup est sur l'Est, une autre sur l'île Charlemagne, puis sur l'autre rive celle de Champ Saint-Privé, Saint-Jean-Le-Blanc et avec les Tourelles et deux barbacanes, une dite du boulevard et l'autre Sainte-Augustine. Le pont enjambant la Loire est coupé en deux ou trois, avec « Les Tourelles » tenue par les Anglais et sur l'autre rive du côté français, une petite partie des fortifications sur l'île Saint-Antoine.

Dunois arrive à Orléans vers le 25 octobre 1428 après la blessure mortelle du comte Salisbury, qui est remplacé au pied levé par le comte de Suffolk. Arrivé avec 600 hommes environ, il est accompagné de plusieurs officiers de haut rangs : La Hire, Jean de Brosse, seigneur de Sainte-Sévère et maréchal de France, Jean V de Bueil seigneur notamment du Château de Montrésor Jacques de Chabannes Ier, Pierre d'Amboise seigneur de Chaumont sur Loire, Guillame de Cernay capitaine de Vendôme.

Dunois prend la lourde décision de détruire et faire brûler l'ensemble des bâtiments autour de la ville, y compris les églises. Ceci pour éviter que l'armée anglaise ne prenne ces bâtiments et s’y réfugie pour mener le siège au plus près de la ville, une politique de terre brûlée qui fut en définitive payante.

Les Anglais reçoivent le renfort des Bourguignons et Dunois peut compter également sur le soutien du Dauphin Charles. Certaines estimations donnent jusqu’à 7000 soldats pour défendre Orléans, ce chiffre me paraît très excessif d'autant que la ville avait déjà plusieurs milliers d'habitants et que les ressources alimentaires se faisant rares, un tel nombre de soldats à l'intérieur de la ville est proprement suicidaire. Une ville bien défendue n'avait pas besoin d'un nombre important de militaires, sauf si un nombre important d’habitants de la ville a pris part à la défense de la ville, permettant peut-être indirectement d’atteindre ce chiffre.

Malgré les renforts de part et d'autre, les attaques et contre-attaques et la construction des Bastilles, le siège s'éternise sans qu’aucun parti ne prenne vraiment le dessus. Talbot, qui remplace Suffolk en début décembre , arrive avec un renfort d’environ 300 soldats, ainsi que de la nourriture et des armements. Il n’arrive cependant pas à contrôler totalement les approvisionnements, certes déjà très réduits, au nord de la ville.
 
 
 
 

- Le 10 février 1429, la bataille des Harengs ou bataille de Rouvray-Saint-Denis, proche d'Orléans.


Des informations annoncent qu'un convoi de ravitaillement doit fournir de la nourriture aux soldats anglais, il est donc décidé de l'intercepter pour nourrir la population. Mais l'attaque du convoi se termine en véritable cauchemar par un manque de coordination des forces, sur le papier largement supérieures, d’un côté Jean Stuart de Derneley qui veut une attaque par cheval à l’ancienne, alors que Dunois préfère une attaque à pied pour éviter les archers anglais ( il est plus facile de se protéger des flèches avec un bouclier à pied qu’à cheval ), il a d’autant plus raison que les Anglais ne peuvent s’enfuir. Ils finissent donc par attaquer séparément. Cependant le comte de Clermont en retard n’intervient  pas pour reprendre le dessus alors qu’il en a manifestement les moyens.

Les Anglais tendent une embuscade aux Français en formant avec leurs chariots un cercle ou un U  et vont faire de 300 à 400 morts dont :
Jean Stuart de Derneley, comte de Derneley et d'Évreux, connétable d'Écosse, Guillaume Stuart , Guillaume d'Albret, Jean Chabot, le seigneur du Verduran, seigneur de Châteaubrun, Louis de Rochechouart et quelques autres nobles.

Dunois est blessé à la jambe par une flèche, mais il réussit à rentrer à Orléans grâce à l'aide d'archers français, qui réussirent à le remettre en selle. Les sépultures des nobles sont installées dans l'église Sainte-Croix d'Orléans avec les honneurs. Le comte de Clermont quitte Orléans après la débacle.

Cet échec cuisant met à mal les espoirs des Français et la situation devient critique sans pour autant être intenable.

À la surprise générale, les Bourguignons quittent le siège en mars, n'arrivant pas à se mettre d'accord avec les Anglais sur le sort réservé à la ville. En effet les Bourguignons proposent qu’elle soit mise sous la tutelle du Duc de Bourgogne, ce que le « régent » Bedfort refuse. Il n’est pas interdit de penser que Dunois ait joué un rôle déterminant, preuve s’il en est que l'alliance anglo-bourgignonne est principalement  opportuniste. En effet Philippe de Bourgogne savait parfaitement qu’en enlevant aussi vite ses troupes, les Anglais ne pouvaient plus tenir un blocus qui n'était pas franchement étanche. De là à imaginer que Philippe le Bon voyait d’un mauvais œil la prise d’Orléans, conférant alors aux Anglais un surplus de pouvoir qui pourrait alors le mettre en danger à long terme, n’est pas impossible.

Ce retrait inespéré pour les Français va permettre d’alléger les sièges, mais la situation est cependant déjà catastrophique, la nourriture manque, l'objectif de Talbot est bien d’affamer la ville pour obtenir sa reddition.
 

 

Jeanne d'Arc la Pucelle de Lorraine

 

 

Après la rencontre entre le Dauphin et Jeanne d'Arc - Histoire & Parcours à Chinon , avec l'impulsion de Dunois qui, dans un premier temps, ne semblait pas enthousiaste avant de changer d'avis et d'être l'un des premiers partisans de la pucelle.

Pour en savoir plus, rendez-vous ici : Jeanne d'Arc au Château de Chinon

On peut remarquer également leurs désignations proches ( la Pucelle d'Orléans et le Bâtard d'Orléans ) et qu’ils partagent le même prénom respectif à leur sexe : Jehanne et Jehan ( Jeanne et Jean ).

Même si aujourd’hui on a du mal à connaître l’influence de tel ou tel capitaine lors de la bataille d’Orléans , il est peu risqué de dire que Jean de Dunois est sûrement l’un de ceux qui fut le plus influent dans la réussite de la libération de la ville par celle qu’on appella alors par la suite “la Pucelle d’Orléans”. Tout d'abord parce qu'il est le capitaine d'Orléans et aussi par son caractère assez posé mais relativement efficace comme le verra lors de la reconquête de la Normandie et de la Guyenne.

Il faut noter la présence de La Hire qui est  capitaine des opérations extérieures de la ville d'Orléans, Poton de Xaintrailles, le Gascon et le Duc d’Alençon qui deviendront pour la plupart les compagnons de Jeanne d’Arc.

 

Dunois rencontre Jeanne d'Arc 



Il participe avec Jeanne à la Bataille de Patay le 18 juin 1429, de Jargeau, la reprise de Beaugency et du Château de Meung sur Loire, jusqu’à Reims il est à ses côtés. Il ne semble cependant pas qu’il ait participé à la conquête ratée de Paris, même si c’était un âpre partisan de la reconquête de l’Ile de France, qu’il va poursuivre après la capture de Jeanne.


En tout état de cause après ce fait militaire, Dunois et Jeanne ne vont quasiment plus se quitter jusqu’à la capture de cette dernière à Compiègne le 23 mai 1430, auquel il dira :

je n’aurai de repos que suivant le voeu de la Pucelle ils ne soient tous boutés hors de France”.

 

Pour reconquérir l’Ile de France, il va utiliser une tactique assez proche de celle de Duguesclin. Il ne cherche pas forcément l’affrontement direct mais préfère attaquer par surprise avec la collaboration active des habitants des villes et villages concernés, une forme de guérilla dont l’objectif est d’imposer la terreur dans les rangs anglais.

Jean de Dunois garde pour Jeanne d'Arc une réelle affection bien longtemps après sa disparition. Il fait édifier des Croix en son souvenir comme il le dit lors du procès de révision voir la Croix Pucelle à Saint-Germain-en-Laye :

 

"on plantera non seulement à Rouen, mais aussi dans les principales villes du royaume, des croix dignes et honneste en souvenance et perpétuel souvenir de la Pucelle"

( il est possible que cette phrase soit de Charles VII ou du Comte de Dunois )

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