Eglise de Nangis, Saint-Martin-et-Saint-Magne

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Eglise de Nangis, XIIIe siècle

 

Célèbre par ses foires la ville de Nangis, les marchands y venaient de loin, ce qui permis à la seigneurie et aux habitants d’avoir des revenus suffisamment conséquents pour y construire une église de taille relativement importante pour une bourgade relativement réduite.
L’église de Nangis dépendait du chapitre de la Cathédrale Saint-Etienne de la ville de Sens. Elle fut construite en pierre de grès appareillé, ce qui l'a rendu résistante aux affres du temps. Elle garde donc un aspect relativement sobre, voir dure, sans fioriture et sans presque aucune décoration extérieure.
Une des personnalités religieuses les plus importantes fut Guillaume de Nangis, bénédictin de l’Abbaye de Saint-Denis qui vivait au XIIIe siècle, qui y naquit. Il est connu pour avoir écrit les chroniques de roi ou personnalité de l’époque : Saint-Louis, Philippe-le-Hardi et de Robert de Bourgogne.

 

Historique

 

saint martin tunique

Tympan du portail représentant Saint-Martin

L’église est composée d’une nef principale et de deux basse-nefs qui se rejoignent en faisant le tour du chœur. La tour du clocher est relativement massive, à quatre faces avec contreforts. Sa position dans le village, notamment par rapport à l’enceinte de la ville et au château, sa taille relativement imposante, largement supérieure en hauteur que le château primitif et celui du XIIIe, pourrait avoir eu une volonté défensive même s’il n’y aucun aspect militaire qui pourrait le trahir ( pas de meurtrière, etc ), qu’elle fut utilisée en tour de guet est très probable voir quasi certain.Son clocher renferme une cloche du XVIIIe siècle.

Texte de Amédée Aufauvre et Charles Fichot ( fin XIXe ) :

A ce portail est une porte unique à voussures ogivales creusées de gorges ; les tableaux sont décorés d'arcatures trilobées. Le tympan, remis à neuf, n'a plus d'ornements. La baie est défigurée par un chambranle de plâtre. Au-dessus de cette porte, un rang de quatre fenêtres ogivales bouchées et dont les meneaux sont très-détériorés. Au départ des rampants du pignon, s'arrondit une rose polylobée rayonnant autour d'un trèfle. Dans la face nord de la tour est pratiquée une porte ogivale. Elle a trois colonnettes à l'ébrasement et des moulures qui se raccordent avec elles à la voussure. Le tympan est mutilé, un rinceau s'attache encore par fragments à la jonction de la voussure avec le tympan.

La nef principale est épaulée par des contreforts qui, des basses-nefs, s'élèvent pour soutenir des arcs-boutants. Rien ne pyramide, ni ne fait relief au sommet de ces rustiques contreforts. L'utile n'a pas l'agréable pour complément. Le long de la corniche qui termine le bahut de comble aux nefs, les modillons, tous très-frustes, sont taillés en consoles, en figures d'hommes et d'animaux.

En pénétrant dans l'intérieur de l'église de Nangis, on est dédommagé de l'insignifiance de l'extérieur, et l'on se trouve ainsi que l'annoncent les détails des entrées et des bahuts de comble, en plein XIIIe siècle.

L'aspect général de cet intérieur est très-harmonieux. Les détails des chapiteaux et des socles des colonnes devaient contribuer à augmenter la valeur et l'effet de l'ensemble. Malheureusement aujourd'hui, l’œil est affligé par des cassures et les dégâts de toute nature, qui n'ont pas peu contribué à rabaisser l'édifice aux yeux mêmes des habitants. Les différences de hauteur qui caractérisent la grande et les basses-nefs, donnent une opposition très-heureuse. Quoique de médiocre élévation, les grandes voûtes paraissent ainsi prendre de l'élan. Il y a sept travées en arcs ogives le long des nefs, et cinq arcs au chœur. Les colonnes sont surmontées de chapiteaux feuillagés, très-mutilés, comme nous venons de le dire, et portées sur des bases dont les moulures n'ont pas été, non plus, épargnées. Des faisceaux de trois colonnettes partent des grands chapiteaux pour porter les ramifications des nervures, toutes en croisées d'ogive, et composées d'une grosse moulure entre deux filets. Aux intersections sont des clés feuillagées ; dans le chœur et au centre d'où rayonnent les nervures est un agneau portant une bannière.

Au-dessus des arcs des travées se développe une galerie ogivale alternativement divisée en trois et quatre arcs. Au sommet, les murs sont percés d'une claire-voie dont les fenêtres sont à un et deux jours.

Aux bas-côtés, la retombée de nervures (un filet entre deux moulures), s'effectue contre les murs, sur des faisceaux de trois colonnettes.

La première chapelle du bas-côté sud a été reprise à la Renaissance. Aux voûtes, les nervures se ramifient et les colonnes ont des chapiteaux corniches. C'était la chapelle seigneuriale. Il y reste encore peint à fresque, les portraits ou plutôt les restes de portraits de plusieurs membres de la famille des Brichanteau-Nangis. On y compte encore seize figures. Six seulement sont accompagnées des inscriptions suivantes :

  1. Messire Claude-Alphonse de Brichanteau, marquis de Nangis, colonel du régiment de Picardie, tué au siège de Bergues. 13 juillet 1638, marié avec Anne-Angélique d'Aloigny de Rochefort, fille de M. le marquis de Rochefort, chevalier des ordres du roi ;
  2. Messire Nicolas de Brichanteau, chevalier des ordres du roi, conseiller d'état, capitaine de 50 hommes d'armes, seigneur de Brichanteau et de Nangis, l'an 1564;
  3. Edmée-Françoise de Rochefort-la-Croisette, femme rie M. Nicolas de Brichanteau, marquis de Nangis, chevalier des ordres du roi, conseiller en son privé conseil d'état, capitaine de 100 hommes d'armes des ordonnances de sa Majesté, seigneur-marquis de Nangis, baron des baronnies de Meillan, Linières, Charenton-le-Blagen, Berry, Benegon et Ville-Sutoric ; et dame Antoinette de la Rochefoucault, sa femme (1614)
  4. Messire Jean de Brichanteau, seigneur de Brichanteau, Gemmanville et d'Ossonville (1367);
  5. Messire Henry de Brichanteau, chevalier, seigneur de Brichanteau en l'an 1130.

La deuxième chapelle a été reprise dans les mêmes conditions que la précédente. La troisième, prolongée dans l'axe du chœur, a été refaite à la Renaissance. Elle a des fenêtres en plein-cintre, des pilastres et un plafond au lieu de voûte. La quatrième et la cinquième n'offrent pas détails à signaler ; elles portent, comme les précédentes, les traces de restaurations de la même époque.

La masse de l'ancien château, son pourpris, son avant-cour, ses fossés et ses dépendances sont encore très-apparents. Près de l'église et presque en face du portail, s'ouvre une porte plein-cintre à bossages et à entablement, qui date de Louis XIII ; un peu plus loin, sur l'angle en tirant vers la place, est une tour ronde. Toutefois, ce n'est pas de ce côté qu'il faut chercher l'ensemble de l'ancien château très-mutilés, comme nous venons de le dire, et portées sur des bases dont les moulures n'ont pas été, non plus, épargnées. Un peu plus loin, sur l'angle en tirant vers la place, est une tour ronde. Toutefois, ce n'est pas de ce côté qu'il faut chercher l'ensemble de l'ancien manoir des Brichanteau ; il faut aller au côté sud de l'église. Il reste là, un fossé dont l'escarpe est commandée par un rempart dont les courtines sont reliées par des tours et des bastions malheureusement rasés, et où l'on voit encore des restes de canonnières. En retraite de cette enceinte et du côté de la campagne, s'élève un corps de logis dont les ouvertures refaites et déformés ont affaibli le caractère. Aux angles de la grande façade moulent deux tours. Celle de gauche est marquée au cachet du XVIe siècle, qui l'a modifié. Celle de droite, si l'on s'en rapporte aux formes générales, et en l'absence de tout détail caractéristique, doit être contemporaine du siècle de Charles VII et de Louis XICinq contreforts montant de la fosse, portent la masse du corps de logis. Ces ruines ont encore un caractère imposant.

La ville de Nangis n'a plus ni remparts, ni fossés. Les constructions, d'ancienne date, ont subi la loi des embellissements, c'est-à-dire de l'aplatissement moderne. Sur la place qui aboutit à l'église, on voit pourtant encore une maison à alloirs du XV siècle ; son architrave est moulurée en accolade, et son poteau d'angle garde des vestiges indéchiffrables, de sculpture en bois.

source : Les monuments de Seine-et-Marne : description historique et archéologique et reproduction des édifices religieux, militaires et civils du département / par MM. Amédée Aufauvre et Charles Fichot

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Plaque commémorative du Cinquième Centenaire de Jeanne d'Arc. Il n'est pas impossible que Jeanne d'Arc soit venue prier dans cette église, comme elle  faisait avec une certaine rigueur, néanmoins aucun élément historique ne permet de l'affirmer à certitude. On sait cependant qu'elle se trouva à Nangis le 5 et aussi peut-être le 6 Août 1429.

 

 

Photographies

 

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