Eglise Saint-Pierre de Montmartre

 

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Elle fut édifiée au XIIe siècle, à partir de 1174 et jusqu’à la fin du XIIe, en remplacement d’une plus ancienne qui elle-même fut sur l’emplacement de deux temples romains dédiés à Mars et Mercure. Il était très fréquent que la destruction des temples romains se transforme en petite église, chapelle ou basilique afin d’asseoir la nouvelle religion, en faisant table rase des anciennes.  Si elle est aujourd’hui dans Paris, ce n’était pas le cas à son origine puisque elle était très largement en dehors des murs de fortifications parisiennes.

Historique
source : source sur place, documentation diverses, Livret en vente dans l'église.

 

 

 

Vers 250, selon la légende, dont il est encore aujourd’hui difficile d’en connaitre la réalité historique, Saint-Denis qui fut le premier des évangélisateurs des Gaules aurait été décapité sur la butte de Montmartre par les Romains avec deux compagnons : Rustique et Eleuthère. Après sa décapitation il aurait ramassé sa tête et l’aurait déposé sur l’emplacement actuelle de la Basilique de Saint-Denis. Il faut dire que plusieurs saints auraient connus ce type d’aventure….

IVe siècle, édification connue de deux lieux de recueillements, l’un à Saint-Denis et l’autre sur la butte de Montmartre sur l’actuel emplacement de l’église.

Ve, vers 475, Saint-Geneviève aurait fait édifiée une église sur la butte de Montmartre.

VIe, une nécropole mérovingienne est attestée par des fouilles réalisées au XIXe siècle.

Vers 850, les « miracles de Saint-Denis » fait référence à une église délabrée.

944, l’église est ravagée par un Ouragan.

XIe, Bouchard IV de Montmorency cède le hameau, la chapelle et son cimetière au seigneur Gauthier Payen et son épouse Hodierne. L’acte de cession note un deuxième lieu de culte sur un autre flanc de la colline, une chapelle dédiée au Saint-Martyre en référence à Saint-Denis et ses deux compagnons.

1096, Gauthier Payen vend le domaine aux moines de Saint-Martin des Champs.

1119, l’église Saint-Pierre est mentionnée la première fois dans l’inventaire de Saint-Martin des Champs.

1133, le domaine entre dans le giron des Rois de France après l’acquisition de Louis VI et d’Adélaïde son épouse. Le roi fait édifier sur les deniers de la couronne une abbaye qui sera confiée à des religieuses bénédictines de l’Abbaye de Saint-Pierre-des-Dames de Reims.

1134, réalisation de la quatrième travée.

1147, l’Abbaye Royale de Montmartre est consacrée sous Louis VII par le pape Eugène III, assisté de Pierre le Vénérables de Cluny et de Saint Bernard de Clairvaux. L’église est coupée virtuellement en deux, le chœur est sous le vocable de Notre-Dame et réservée aux Bénédictines et la Nef de l’église sous le vocable de Saint-Pierre et réservée au culte paroissiale.

1153, la reine Adélaïde meurt et inhumée dans le chœur de l’église qui deviendra un sanctuaire des abbesses.

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Pierre tombale d'Adélaïde de Savoie

Avant 1180, un plafond remplace les voûtes qui menaçaient de s’écrouler en forçant sur les contreforts.

XIIe siècle et fin XIIIe, période faste pour l’Abbaye Royale de Montmartre qui se développe. La vigne est activement cultivée.

1461, après la guerre de Cent-Ans, la ville de Paris et ses alentours sont dans un état de délabrement avancé pour une partie. L’abbesse Agnès Dujardin entreprend la restauration de l’Abbaye pendant une dizaine d’année.

1470, les voûtes sur croisées d’ogive sont reconstruites et des chapiteaux détruits. Le couvent lui n’évolue que très peu jusqu’au XVe siècle.

1534 ; 15 août, Saint Ignace de Loyola, Saint-François-Xavier et leurs compagnons se réunissent dans la chapelle du Martyrium et prononcent les vœux de la Compagnie de Jésus.

1559, un violent incendie détruit une partie des bâtiments malgré l’aide des troupes de la garde Suisse d’Henri II.

1590, Henri IV loge dans l’abbaye et aurait séduit l’abbesse Claude de Beauvilliers âgée de 17 ans.

1598, fin des guerres de religions, Marie de Beauvilliers devient abbesse de l’Abbaye Royale et va développer grandement.

1611, 17 juillet, découverte d’une crypte, qui est désignée à l’époque comme le lieu de refuge des premiers chrétiens de l’Île-de-France. Marie de Beauvilliers fait restaurée la chapelle du Saint-Martyre.

1622, la chapelle du Saint-Martyre est érigée en prieuré. L’abbaye dite « d’en haut » est laissée à l’abandon par les religieuses qui lui préféreront le prieuré du Saint-Martyre qui devient l’abbaye « d’en bas ». Elles sont reliées par un passage couvert de Quatre-Cent mètres.

1686, L’abbaye dite « d’en haut » est utilisée en carrière de pierre pour construire le nouveau monastère.

1697, l’église quasiment entièrement dévolue en paroisse se voit construire un nouveau clocher.

1765, le bas-côté Nord est reconstruit.

Révolution Française

1790, l’abbaye royale effectue une déclaration de ses biens au début de l’année.

1792, 19 août, tous les bâtiments sont confisqués, et l'abbaye est vidée de ses religieuses.

Les révolutionnaires en profitent pour profaner et piller l’église. Déclarés bien national, les bâtiments de l'abbaye « d'en bas » sont vendus aux enchères en plusieurs lots, et leurs acquéreurs démolissent les bâtiments. La crypte de la chapelle du Saint-Martyr est réduite à néant, ce qui ne permettra pas de dater cette crypte. L'église Saint-Pierre échappe à ce sort, car elle est l'unique église paroissiale de Montmartre.

1794, une tour du télégraphe est installée sur le chœur de l'église jusqu’en 1844. Le clocher abbatial est abattu. Il a été remplacé au XXe siècle par un autre.

1806, l’église est rendue au culte.

1814, occupée par les troupes Russes, elle est utilisée comme réserve à nourriture.

1838, c’est le bas-côté Sud qui est terminé et reconstruit.

1844, le télégraphe « Chappe » brûle.

1860, la butte de Montmartre entre dans la commune de Paris, incluant donc l’église Saint-Pierre.

1864, le clocher est en ruine et menace de s’écrouler. Les cloches sont enlevées tandis que la partie supérieure du clocher est arasée. Il est envisagé de détruire l’église.

1866, les ruines du télégraphe sont enlevées.

1871, combats de la « commune ». L’église est utilisée comme caserne à munition.

1876, la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre s'élève à l'est du chevet de l'église Saint-Pierre, partiellement sur des terrains paroissiaux.

1880, début des travaux de restauration, il est reconstruit un transept dans un style gothique.

1896, une commission propose de détruire l’église et de transformer le lieu en square.

1897, 12 octobre, le conseil municipal vote un décret qui permet la sauvegarde complète de l’ensemble.

1923, 21 mai, l'église est classée aux monuments.

1952 -1953, le maître verrier Max Ingrand réalise des vitraux de l’église.

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1980, les trois portes sont réalisées par le sculpteur italien Tommaso Gismondi et béni part le Pape Jean-Paul II.

1988 – 1989, l’église est restaurée par la ville de Paris, les Beaux-Arts et les Monuments Historiques.

 

 

 

Photographies

 

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