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Donjon de Montrichard

 

 

Donjon de Montrichard

 

Situé à quelques km du château de Chenonceau, le petite village de Montrichard surplombe majestueusement le Cher. Le village fait par ailleurs beaucoup d'efforts pour attirer le tourisme et met en valeur ses atouts :


Le Donjon de Montrichard : bien qu'il soit  dans un état de délabrement avancé, il est quand même intéressant. La vue du haut de la terrasse supérieure, l'architecture et sa situation en font un endroit tout à fait plaisant.

- Musée gallo romain : Sarcophages et autres vestiges de l’époque gallo-romaine et mérovingienne.
- Salle sur la moulinologie : elle vous apprendra tout sur les céréales, les farines, le pain, la meunerie et les moulins. Des pièces rares sont réunies ici, dont une meule de Pompéi.
- Musée ethnologique : sur 3 niveaux, ce musée abrite des collections et souvenirs de la vie de la Cité, avec son histoire et les faits marquants tant régionaux que nationaux, vécus au cours des siècles passés.
- Musée du Poids-lourd : Musée récent que je n'ai pas vu mais qui fait toute une rétrospective du camion en général, ciblée principalement sur le poids-lourd.
 
Montrichard est un village attrayant avec d'anciennes maisons, un vieux pont et bien sûr le vieux donjon. Si la visite intérieure du donjon ne manque pas d'attrait, il est cependant impossible aujourd'hui de monter sur le sommet, pour des raisons de sécurité. Mais la vue au premier niveau (donc au pied du donjon) est déjà assez haute !
Pour autant, la surprise a été surtout le musée de la Moulinologie ( étude des moulins ). On y apprend beaucoup dans une salle assez petite, mais unique en Europe. Les musées gallo-romain et ethnologique m'ont moins emballé, il faut dire qu'après avoir vu le musée des Antiquités de Saint-Germain-en-Laye, il est difficile de faire plus complet. Par ailleurs, c'est un sujet que je connais peu.
La visite du Donjon inclut la visite des musées de la Moulinologie, d’Ethnologie et gallo-romain pour un prix modique de 5 € ( en 2008 ).
Le village ne manque pas d'intérêt :
Une ancienne annexe des Templiers (surprenant mais propriété privé donc non visitable mais visible de l'extérieur) et un pont avec l'une des plus vieilles maisons transformée aujourd'hui en bar.
 


 


Informations
  • Adresse : Donjon de Montrichard - 41400 (Loir-et-Cher). Rue du donjon 
  • Téléphone :  +33 (0) 2 54 32 05 10 
  • Heures d'ouvertures & Visites  :
  •  
  • Avril/mai/juin/septembre : Lundi au dimanche inclus (jours fériés également inclus) 10/12h et 14/18h
    Juillet/août : Lundi au dimanche inclus 10/18h  -
  • (1 seul billet pour la visite du Donjon et des Musées du Donjon)

 

Historique
Sources :  Documentation fournie par l'office de tourisme, avec mes remerciements.

C'est au début du XIème siècle (1010) que Foulque Nerra, comte d'Anjou, grand bâtisseur des châteaux forts de Touraine, fit commencer la construction du donjon actuel du château de Montrichard, avec comme architecte Lisoie de Bazougers, un de ses capitaines, filleul de Hugues Capet.

La nouvelle construction remplaçait des fortifications en bois, car de tout temps l'endroit avait été jugé des plus favorables pour l'érection d'un fort, qui se trouvait placé sur un coteau presque inaccessible à l'époque, de tous les côtés, et qui commandait deux routes essentielles, la route de Bourges à Tours (ancienne voie romaine) et la route de Paris vers l'Espagne par Orléans, Blois, Châtellerault.

Mais Montrichard était également revendiqué par Eudes, comte de Blois qui voulait s'en emparer ; il fut écrasé le 6 juillet 1016 au cours d'une bataille sur le plateau de Pont-Levoy (4 km de Montrichard), bataille qui fut l'une des plus meurtrières du temps (plus de 6 000 combattants tués ou prisonniers).

Avant sa mort, Foulque Nerra donna à Lisoie de Bazougers, les seigneuries d'Amboise et de Montrichard, celui-ci fut de ce fait le fondateur de l'illustre maison d'Amboise, tout en restant le vassal des comtes d'Anjou, possesseurs du comté de Touraine.

En 1044, ce comté allait dépendre d'une branche de la famille, les Plantagenêt.

Pendant la deuxième partie du XIème siècle, Montrichard et ses environs furent sans cesse désolés par de petites guerres.

Le camp retranché de Foulque Nerra étant trop faible pour les guerres du XIIème siècle, un de ses descendants, Hugues 1er, renforça la forteresse en lui adjoignant une deuxième enceinte et les habitants des environs se ressemblèrent au bas de la colline sous la protection du château ; ainsi naquit une bourgade qui fut entourée d'une enceinte de murs avec des fossés remplis d'eau, un pont fut ensuite jeté sur le Cher, face au donjon.

La garnison était alors d'environ 500 hommes.

Montrichard passa alors sous la domination étrangère lorsque la famille des Plantagenêt accéda au trône d'Angleterre.

En 1188, Philippe-Auguste, en guerre avec l'Angleterre, vint mettre le siège devant le château de Montrichard, occupé par les troupes de Richard Cœur de Lion, duc de Touraine.

Le roi de France combattit longtemps sans succès, mais grâce à une sape qui provoqua une brèche dans les remparts, il put s'emparer de la place et fit prisonniers 42 chevaliers ; on pense que Richard Cœur de Lion était du nombre.

D'après un historien contemporain, Philippe Auguste livra le château et la ville aux flammes et détruisit de fond en comble une grande tour qui les protégeait.

Le traité de Colombiers, le 5 juillet 1190, aurait toutefois rendu Montrichard au roi d'Angleterre, de Richard Cœur de Lion aurait alors rétabli les fortifications démantelées.

Mais par un traité en 1193 avec le duc de Mortagne, surnommé Jean sans Terre, Philippe-Auguste acquit légalement Montrichard, qui appartint alors à la Couronne de France.

Pendant deux siècles peu d'évènements, il faut noter toutefois la construction au cours de la deuxième moitié du XIIIème siècle d'une troisième enceinte ; il est probable que l'importance de ces fortifications sauva Montrichard des dévastations nombreuses qui ravagèrent les campagnes du XIIIème au XVème siècle.

En 1422 Montrichard reçut le dauphin Charles, futur Charles VII ; celui-ci y revint comme roi, cinq ans après en janvier 1427, et y fit légitimer et connaître comme sa sœur naturelle Marguerite de Valois, fille naturelle de Charles VI.

Louis d'Amboise, seigneur de Montrichard, ayant comploté contre le favori de Charles VII, La Trémoille, fut condamné à mort en 1431 par le parlement de Poitiers et ses biens confisqués furent donnés en 1432 à La Trémoille.

Toutefois en 1434, Louis d'Amboise II, fils du précédent, fut réintégré dans la plupart des biens de son père, dont Montrichard.

En 1448, Louis II vendit la terre de Montrichard à Guillaume d'Harcourt, comte de Tancarville et à son épouse Péronelle d'Amboise. Mais en 1461, Louis XI qui venait de monter sur le trône de France, comprenant l'importance d'une place comme Montrichard, et ne voulant pas la laisser au pouvoir d'un turbulent vassal, chargea Pierre Bérard, seigneur de Chissay, d'échanger la terre de Montrichard avec le Seigneur d'Harcout, contre les seigneuries de Gournay et de Gerté-en-Braye.

Au mois de novembre de la même année, Louis XI, dans des lettres patentes datées de Montrichard, donnait à son frère Charles de France l'apanage du Berry.

En 1466, les habitants de Montrichard reçurent l'ordre de remettre en état les fortifications qui avaient dû être délaissées.

Les Anglais ayant été définitivement expulsés de France, les châteaux forts perdirent de leur importance, mais Montrichard allait conserver encore pendant un siècle une place intéressante dans l'histoire.

Dans la chapelle du château, aujourd'hui église paroissiale de Sainte-Croix, le duc d'Orléans (plus tard Louis XII) pour complaire au roi Louis XI, épousa sa fille Jeanne de France, le 8 septembre 1476 ; il devait la répudier à son avènement au trône, et l'ancienne reine, retirée dans un couvent, devait être canonisée sous le nom de Sainte Jeanne de France.

Il semble qu'au cours des dernières années de son règne, Louis XI revint plusieurs fois à Montrichard ; il en avait confié la garde à Guy Chasteignier, seigneur de Chissay et de la Roche-Posay, qui prit plus tard le titre de seigneur de Montrichard.

A la mort de Louis XI, Charles VIII devint propriétaire de Montrichard ; puis ce fut Louis XII qui aliéna le fief de Montrichard avec faculté de rachat au sire de Grignaus, chevalier d'honneur de la reine Marie d'Angleterre, troisième épouse de Louis XII.

Le rachat fut opéré en 1516 par Jacques de Genouillac, grand écuyer de France.

Au cours du XVIème siècle, la terre de Montrichard fit définitivement retour à la couronne.

François Ier vint quelquefois, au retour de ses courses dans les forêts d'Amboise et de Montrichard, se reposer dans le vieux castel ; et la cour venant de Loches pour aller à Amboise passa à Montrichard en décembre 1539.

A la mort de François Ier, la terre de Montrichard fut donnée en apanage de douaire à sa veuve Eléonore d'Autriche ; elle appartint au même titre à la reine Marie Stuart, veuve de François II.

François de France, duc d'Alençon, fils d'Henri II, devint à son tour apanagiste de Montrichard. Mais, apparemment, le fief fut inféodé, et divers gentilshommes, pendant ces apanages, furent titulaires de cette seigneurie.

 

En 1562, après la bataille de Dreux, l'amiral de Coligny, en se retirant, vint assiéger Montrichard qui se rendit après quelques jours de résistance, mais fut délivré rapidement par les troupes royales.

 

Le 23 octobre 1585, Philippe Hurault, chancelier de France, comte de Cheverny, acheta la terre de Montrichard avec condition de rachat perpétuel.

 

Quatre ans après, le 19 mars 1589, Henri III reçut dans le château l'illustre Sully pour la conclusion d'un traité entre lui, dernier roi de la race des Valois, et Henri, roi de Navarre, futur roi Henri IV ; le traité fut signé dans la nuit et Sully repartit aussitôt.

La présence d'Henri III prouve que, tout en aliénant la terre, les rois de France s'étaient réservés la jouissance de la forteresse et probablement la faculté d'y mettre des troupes.

Au mois de septembre de la même année, la Ligue s'empara de la ville de Montrichard ; mais Henri de Navarre, devenu roi depuis l'assassinat de Henri III, la reprit en novembre ; la place n'attendit pas l'assaut et se rendit à la première sommation.

Henri IV pardonna aux rebelles avec menace de pendaison en cas de récidive, et vint plusieurs fois à Montrichard, lorsqu'il luttait en province sans pouvoir pénétrer dans Paris. Mais lorsqu'il eût établi définitivement son autorité, il se souvint de Montrichard et pour éviter toute nouvelle surprise, il décida que la forteresse serait démantelée et rasée de 12 pieds ; l'exécution de cet ordre amena le donjon à sa hauteur actuelle.

Le chancelier Philippe Hurault, encore seigneur de Montrichard pendant les troubles de la Ligue, succomba le 25 juillet 1599 dans son château de Cheverny, laissant sa terre de Montrichard à l'un de ses fils Louis, comte de Limours et seigneur de Chissay.

Le 18 juillet 1614, Louis XIII, venant de Chambord, coucha à Montrichard ; et l'année suivante, pendant 5 jours, du 25 au 30 août 1615, la cour vint à Chenonceaux et chassa dans les forêts d'Amboise et de Montrichard ; il est probable qu'à plusieurs reprises, le roi vint se reposer au château.

Marie de Médicis, évadée de Blois, passa à Montrichard, où elle fut reçue par l'archevêque de Toulouse, fils du duc d'Epernon. Louis Hurault vendit la terre de Montrichard à sa belle-sœur Jeanne de Montluc, princesse de Chabanais, épouse de Charles d'Escoubleau, conseiller du roi.

Leur fille, Isabelle de Sourdis, épousa le marquis d'Effiat, et transmit plus tard le domaine de Montrichard à son fils, Antoine Rusé, marquis d'Effiat, grand écuyer du duc d'Orléans, jugé si défavorablement par Saint Simon dans ses Mémoires.

Le marquis d'Effiat menait tous les ans les chevaux et les chiens du prince d'Orléans à Montrichard pour y chasser.

Le château étant devenu inhabitable, il occupait à Montrichard un hôtel, dont il fit don à sa mort, à la ville de Montrichard, pour y fonder un hôpital. A la mort du marquis d'Effiat en 1714, Montrichard échut à François Gilbert Colbert, marquis de Chabanais, maréchal de camp.

En 1765, ses héritiers vendirent ses terres au duc de Choiseul, qui possédait Amboise et Chanteloup, où il fut exilé en 1770 par Louis XV. Puis la seigneurie devint la propriété du duc de Penthièvre, seigneur engagiste de Montrichard, qui acquit la possession définitive de ce fief par un échange, dans lequel il abandonnait au roi la principauté des Dombes et le comté d'Eu.

Toutefois en 1759, le marquis de Chabanais avait cédé les terrains du château à un maçon de Montrichard, Pierre Pochet, de sorte que ce domaine ne fut pas aliéné à la Révolution comme bien national.

Le château de Montrichard a donc, au cours des siècles, joué un certain rôle dans l'histoire de la France ; il n'en reste plus maintenant que des ruines. Sa destruction a été encore aggravée en juin 1940 par les bombardements de l'artillerie française au cours d'une des dernières escarmouches de la désastreuse campagne de France ; l'armée française tentait désespérément d'interdire à l'armée allemande le passage du Cher pour bloquer la route du sud.

Malgré tout, ces ruines restent grandioses ; et la petite Cité de Montrichard, dans son site merveilleux, en dehors du vieux donjon et d'une partie des anciennes enceintes, a conservé, venant des autres siècles, de nombreux édifices, qui témoignent également de son lointain passé.

Texte complet écrit par Albert Denis. Article publié dans le Bulletin des Amis du Vieux Montrichard et qui m'a été fourni généreusement par l'Office de Tourisme de Montrichard.

 

 


 

Bibliographie

La Loire historique de TOUCHARD (Lafosse 1851)

Notice sur Montrichard, par le Docteur BOUCHEDEAU

Notice historique et archéologique sur Montrichard, par Célestin BRETHON (1883)

Etude historique sur Montrichard et Nanteuil, par l'Abbé LABREUILLE (1896)

Montrichard, par Aramis BOUCHER (1929)

Personnages : Pierre Victor Palma Cayet, historien et controversiste français, né en 1525 à Montrichard , mort en 1610. Il écrit de nombreux ouvrages dont une partie sur le Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye.

 
 

Photographies

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