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Château de Yèvre-le-Chatel
 

 

Château de Yevre le Chatel, Châtelet d'entrée

Yèvre-le-Châtel a le privilège depuis le 30 novembre 2002 d'être mis dans le très sélect " les plus beaux villages de France", qui comprend aujourd'hui 144 villages ( 2008 ). Il est assez vrai que le village est plutôt joli, bien entretenu et le château bien qu'il ne soit pas complet, n'est pas une ruine en voie de disparition. Bien au contraire le château vit et la visite est très agréable.

On est au départ très surpris par la hauteur du château, surtout quand vous vous retrouvez dans les restes des fossés. C'est même très impressionnant. On remarquera le châtelet d'entrée, encore imposant et qui aujourd'hui fait office de magasin et d'accueil pour les visiteurs.

Il y a par ailleurs régulièrement des manifestations au village et le jour de ma visite c'est les Chevaliers Paladins d'Etampes qui ont fait revivre pendant trois jours le château. Ils y viennent régulièrement et le spectacle sans être spectaculaire est instructif et fait par des passionnés (comme souvent !). Il est toujours intéressant de voir des associations faire parfois des merveilles et de travailler d'arrache-pied pour faire vivre un patrimoine culturel important. En tout état de cause, vous y apprendrez beaucoup sur la médecine d'époque, les arcs et autres techniques de combat du Moyen Age, tout cela dans une bonne ambiance.

La visite du château permet de passer par les courtines et les chemins de ronde, d'avoir une très belle vue de la vallée et aussi de visiter les tours. On a aussi le net avantage de pouvoir monter sur trois tours dont la tour maîtresse, ce qui pour beaucoup de châteaux est quasi impossible aujourd'hui.
Je vous conseille par ailleurs vivement, s'il fait beau surtout , de visiter la vieille église de Saint-Goult juste en face du château et l'église de Saint-Lubin à quelques centaines de mètres plus au sud du château.
 


Informations
  •  Adresse : Château de Yèvre le Châtel  - 45300 Yèvre le Châtel
  •  Téléphone :  02 38 34 25 91
  •  Heures d'ouvertures & Visites  : Visite du château tous les jours, du 1er avril au 31 octobre, de 14h à 18h. Visite guidée pour les groupes toute l'année sur rendez-vous.

    Tarifs :
    - Adultes 5 Euros ( 2008 - 2016 )
    - Enfants de moins de 10 ans 3 Euros
    - Visites guidées sur réservation pour les groupes : Adultes 5 Euros - Scolaires 3 euros

 

Historique
  Sources :  Documentation sur place

L’histoire de la forteresse de Yèvre le Châtel est liée à celle de la dynastie capétienne. En 987, au moment où Hugues Capet devient roi de France, Yèvre est alors la propriété de l’abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire et sous la responsabilité d’Arnoult, neveu de l’évêque d’Orléans.


Situé sur un éperon, à la limite du pays des Carnutes et du pays des Senons, dont l’Essonne et la Rimarde marquaient la frontière, Yèvre commandait le passage de la voie romaine allant de Sens au Mans. Cette situation géographique fait qu’Arnoult va donc en 988 construire une première fortification.
 
Château Yevre le Chatel, Basse CourMais Arnoult va piller et rançonner, tel un brigand, ceux qu’il avait pour mission de défendre… Les protestations grondent et une lettre est envoyée au roi en 993… soit seulement 5 ans après la construction de son château. On y trouve notamment dans la lettre un indice de la personnalité d’Arnoult : « contre les mauvaises coutumes et les rapines incessantes d’Arnoult  d’Yèvre ». Dès le XIe siècle, Gauslin, l’abbé de l’Abbaye de Fleury-sur-Loire va obtenir gain de cause, et le château sera détruit. Lucinde, la femme d’Arnoult, va construire alors une abbaye sous l’invocation de Saint Gault, peut être pour faire pardonner alors son mari. Saint Gault est un saint de Bretagne, dont des reliques ont été apportées dans la région par des moines, qui fuyaient les invasions meurtrières normandes.

Le château est plusieurs fois démoli et reconstruit. Au début du XIIe, Foulques, le vicomte du Gâtinais, prend possession des lieux. Mais sa lutte inutile contre Louis XI le Gros, va lui faire perdre ses châteaux de Boesses, Morel, Chambon et de Yèvre. Louis VI rattache alors plusieurs fiefs secondaires à Yèvre pour en faire une châtellenie royale, tenue par un prévôt nommé par le Roi. Le château en bois est transformé avec des murailles de pierre, ce qui permet à Louis VI de pacifier le Gâtinais.

Comme la place commandait la route de Paris à Orléans, artère vitale du domaine Royal, il fut décidé, au début du XIIIe siècle, sous le règne de Philippe-Auguste, de reconstruire le château selon les derniers perfectionnements de l’architecture militaire, rapportés par les croisades.

Pendant la guerre de Cent Ans et notamment durant l’offensive de 1429, Yèvre le Châtel reste, avec Montargis, la seule place forte au nord de la Loire à ne pas tomber entre les mains des Anglais ou des Bourguignons. Nicolas de Giresme, capitaine au service du roi de Charles VII, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem fut présent lors de la prise des Tourelles à Orléans par Jeanne d'Arc le 7 mai 1429, il prit par surprise les Anglais en construisant sur le pont une passerelle pour rejoindre les Tourelles à revers. Jusqu’en 1436, la garnison participe activement aux combats.

Saint Lubin
À la fin du XVe siècle, du fait de l’extension du domaine royal et des progrès de l’artillerie, qui rendent ses défenses obsolètes, Yèvre le Châtel perd son rôle de place forte, et au XVIe siècle le château cesse d’être entretenu.

De plus en plus mal entretenu, le château est occupé par les protestants, pendant les Guerres de Religion, et c’est probablement à cette date que s’effondrent les voûtes du Logis. Dès 1610, il y a des traces écrites parlant des ruines du château.
Pour autant, malgré le désintérêt militaire, Yèvre va rester le siège d’une justice royale jusqu’à la Révolution.
 
Petite description du château (aujourd'hui):
 
De l’enceinte extérieure, il reste au sud le châtelet d’entrée avec ses deux grosses tours rondes. A l’est, se trouve une partie des remparts percés d’une poterne qui permet aux piétons d’accéder à la basse cour.
 
Châtelet de Yèvre le Châtel

Le fossé a toujours été sec, il faisait 10m de large et 3m de profondeur. Il ne bordait cependant pas le château sur tout l'ensemble mais uniquement sur trois côtés.
Dans la basse cour, se dresse le donjon sur une motte d’environ six mètres de haut. C’est dans ses murs épais, ou courtines, que les arcs de décharges contrebutés par les tours d’angle permettent de lutter contre le travail de sape. En fait le bas des murs pouvait s’écrouler sans que le reste le soit, c'est-à-dire toute la partie haute.
 
Arc de Décharge


Les murs du Nord Ouest et du Sud sont entourés de fossés profonds ou aussi désignés comme ‘lices’. L’entrée du Donjon par une porte qui s’ouvre à 5.6 m du sol, est accessible par un pont mobile. Une autre porte s’ouvrait dans les courtines Nord, elle était accessible par un pont en bois. Les diamètres des tours, reliées entre elles par le chemin de ronde des courtines, variaient de 9.5m à 10.20m.

 

Photographies
 

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