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Château de la Roche Jagu
 

 

Le château de la Roche Jagu est un château de Bretagne dans le département des Côtes-d'Armor. Il a édifié au début du XVe dans une configuration typiquement Bretonne puisque l'unique entrée principale n'était pas en hauteur mais accessible au sol, comme d'autres fortifications de  ce type  en Bretagne. Si aujourd'hui on utilise le terme de Château de La Roche Jagu, il s'agit en réalité plutôt d'une maison forte ou d'un manoir féodal dont l'utilisation étant surtout un lieu d'habitation fortifié, cependant avant la construction de cette maison-forte il y avait un ancien château qui fut détruit au XIVe.

Le château de Roche Jagu est un château très visité en Bretagne avec plus de 200 000 visiteurs par an pour le Parc dont  120 000 environ pour l'entrée payante du château ( une partie du château est cependant gratuite voir en bas ), ce qui confère à ce domaine un lieu de visite incontournable d'autant qu'il y ait organisé de nombreuses manifestations diverses. En dehors du "château", en excellent état et proche de l'oeuvre originelle, le parc , les jardins et la vue sur le Trieux en font une très jolie visite.

 


Informations
  •  Adresse :   adresse la plus proche pour le GPS : 4-7 Pen Boloï 22260 Ploëzal   - adresse officielle : Domaine départemental de la Roche Jagu - 22 260 Ploëzal
  •  Téléphone :  02 96 95 62 35
  •  Heures d'ouvertures & Visites du parc et château  :   
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  • L'accès au parcours permanent situé au rez-de-chaussée est gratuit.L'accès aux étages est payant.

    Plein tarif : 4 € ( 2013 ) (hors période exposition estivale), ( 2013 ) 5 € (période exposition estivale)

    D'avril à octobre : 10 h - 12 h | 14 h - 18 h (fermeture occasionnelle en mai, se renseigner pour ce mois )
    Juillet et Août : 10 h - 13 h | 14 h - 18 h
    Vacances de la Toussaint et de Noël : 14 h - 17 h

 

Historique
  source : source sur place, site officiel, article d'Erwan Chartier

 

 

Château de la Roche Jagu

Le Trieux, ensemble territorial qui va de l'île de Bréhat à Avaugour proche de Guimgamp, se renforce par la construction de fortifications entre le XI et le XIIe. Elles ont pour but de renforcer le pouvoir ducal breton, mais également de se protéger des invasions maritimes anglaises ou terrestres françaises, le Trieux est donc un axe névralgique important. Une grande partie des fortifications sont construites sur les bords des voies navigables dans le but de contrôler la circulation des biens et personnes dans le but notamment de taxer les passages.

Dans ce contexte que la première place forte de La Roche Jagu est construite, dans le but principalement d'assurer la liaison entre les places du Trieux, elle tire de ces droits de passages d'importants revenus. C'est donc au XIe siècle que le château est édifié sur un éperon rocheux qui non seulement permet une belle protection naturelle, mais offre une vue imprenable sur la vallée. La Roche Jagu dépend de la châtellenie de Châteaulin-sur-Trieux.

De ces premières fortifications des châteaux de La Roche Jagu il n'en reste rien, le premier fut probablement une motte castrale, elle fut peut-être édifiée par «  Riou, fils de Jagu » en 1123, peut-être une famille proche du comte de Tréguier dès 1079, puis Richard de la Roche Jagu ( 1200-1251 environ ) qui se marie avec Vilaine de Rohan, Prigent de la Roche Jagu de 1235 à date inconnue, Richard II de la Roche Jagu de 1260 à 1320 qui épousa Gasceline de Montfort, puis Denise de la Roche Jagu qui épouse Henri de Troguindy.

 Comme la plupart des mottes castrales en bois celle-ci fut détruite, les châteaux de pierres qui l'ont remplacé également, dont le dernier construit fut rasé à la fin du XIVe pendant les guerres de Succession de Bretagne. En effet La Roche Jagu prend parti pour Charles de Blois opposé à Jean de Montfort, mais c'est ce dernier qui prend le dessus. Le connétable Olivier de Clisson au service de Jean de Montfort qui après avoirs prit le château le fait détruire pour éviter une réutilisation éventuelle.

C'est donc au début du XVe, en 1405, que Catherine de Troguindy est autorisée par le duc de Bretagne Jean V de construire la maison forte: «  faire réédifier et rebâtir son château qui avait été démoli durant la guerre d'Auray à la charge que le duc y ait toujours son entrée libre sans empêchement de ladite Catherine ». La reconstruction ne se fit pas sans aléa puisque Marguerite de Clisson n'y voyant pas d'un bon œil la nouvelle construction fait emprisonner certaines personnes et ouvriers de Catherine.

 

la maison-forte telle qu'elle pouvait être au début du XVe.



Succède à la famille des Troguindy, Henri du Parc de 1365 à 1423 qui est chambellan du duc de Bretagne, il épouse Catherine de Kersaliou, mais décède sans descendance, leur gisant sont à Runan.
Alain du Parc hérite du domaine et se marie Guilemette de Tréal, sans descendance le domaine passe à sa sœur Jeanne mariée à Rolland Madeuc, seigneur de Gué-Madeuc. C'est leur fille, Sybille, qui se marie avec Geoffroy Péan.

La Roche Jagu entre donc dans la famille des Péan, dont Jean Péan seigneur de la Roche Jagu et  de Grandbois reçu de Pierre II duc de Bretagne ses lettres de banneret le 29 mai 1451, en 1468 il est un des capitaines  de l'évêché de Tréguier. Jean Péan est marié avec Isabeau de Malestroit, fille de Jean de Malestroit , évêque qui fit notamment condamner Gilles de Rais.

En 1481, Pierre Péan de la Roche Jagu, fils de Jean Péan, obtient de François II duc de Bretagne que le domaine soit érigé en Baronnie. Il meurt cependant le 28 juillet 1488 à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier entre les Bretons et le royaume de France.

La seigneurie de La Roche Jagu au XVe et siècle suivant tire la majorité de ses revenus des terres qui sont sous sa juridiction directe, composée de Retenue ( château, dépendances, bois, landes, prairies et champs ), les moulins et métairies. Le Fief, ce sont des terres qui n'appartiennent pas directement au seigneur, mais dont il dispose des services et redevances des vassaux, tenanciers, nobles ou roturiers, et les Métairies sont par ailleurs devenues au fil des siècles les deux exploitations les plus juteuses financièrement.

François Péan épouse, enlevée de force par sont futur mari, Louis de Coëtmen en 1490 cependant elle devient veuve en 1492 et épouse donc Guillaume d'Acigné, seigneur de la Villemario.

Puis suit Louis d'Avigné ( 1525-1591 environ ) qui est chevalier de l'ordre du Roi et qui épouse Claude de Plorec, dame du Plessis-Porec. Devenu protestant il utilise le château comme lieu de rencontre du culte réformé, ses enfants sont eux-mêmes éduqués sous le protestantisme. Mais les différents édits royaux interdit les protestants de détenir des places fortes, il se convertit au catholicisme.

Jean d'Acigné meurt en 1619 , Baron de la Roche Jagu , sa femme fut Jeanne du Bueil. Le château est pris par les ligueurs Kerouzy et Kergoanton. Le territoire revient cependant aux partisans du roi Henri IV, devenu catholique, mais forcé d' entretenir une garnison Jean d'Acigné lèvent des impôts trop importants qui conduisent ses vassaux à le capturer et le libérer contre une rançon de 20 000 écus.

Puis succède Honorat d'Acigné, seigneur de Botloy qui épousa Jacqueline de Lavallezé, Honorat-Auguste d'Acigné, comte de Grandbois, qui épouse en première noce Renée de Keraldanet puis en seconde noce Marie Loz de Kergouanton en 1647.

Le château est de moins en moins utilisé, d'autant que Marie-Anne d'Acigné  semble habiter à Paris, rue de Grenelle à Saint-Germain-des-Prés.

Anne-Marguerite d'Acigné épouse Armand Jean du Plessis de Richelieu , appelé souvent le duc de Richelieu, en 1684. Puis le petit-neveu du duc de Richelieu, il est le fils de François de Vignerot, marquis du Pontcourlay, gouverneur du Havre, et de Marie-Françoise de Guémadeuc, baronne du Pont et de Rostrenen, revend le domaine à Mme de la Bigottière, veuve Le Gonedic de Traissan, en 1783.

Puis suit Magdelein-Marie-Agathe-Renée de la Bigottière de Perchambault épouse en 1747 Olivier-Joseph Le Gonidec, comte de Traissan.

Armand-Mériadec Le Gonidec de Traissan épouse Marie-Charlotte de Morant de Bréquigny, il est forcé de quitter la Bretagne pour la Grande-Bretagne pendant la Révolution Française.

Victoire-Alexandrine Le Gonidec de Traissan épouse en 1807 Louis Joseph, marquis du Plessis d'Argentré.

Le domaine entre donc dans la famille du Plessis d'Argentré, Edmond du Plessis d'Argentré épouse Pauline de Robien en 1837, puis Louis-Marie-Charles , marquis du Plessis d'Argentré qui épouse Marie de Polignac, Yolande-Marie-Pauline-Léa du Plessis d'Argentré et pour finir Gaëtan d'Alès qui cède le château au département des Côtes du Nord en 1958.

Le château est entièrement restauré et ouvert au public en 1966.

 

Photographies
 

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