Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes

 

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Erigée en plus de 400 ans, la cathédrale illustre les étapes du Style Gothique, rayonnant et flamboyant, mais l’ensemble est très homogène et admirable tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. De 114m de long et 28.50 m d’élévation, c’est l’une des plus célèbres de France pour son élégance, la qualité de ses sculptures, de ses œuvres peintes, de ses tapisseries et tout particulièrement de ses vitraux classés (1500 m2).
C’est dans cette cathédrale qu’eut lieu le traité de Troyes, ainsi que l’allégeance de la ville au roi de France Charles VII grâce à l’intervention de Jeanne d’Arc lors du chemin du sacre sur Reims.
La cathédrale possède également un trésor inestimable, depuis le pillage de Constantinople en 1204, dont des reliques dites de la Sainte Croix et d’autres objets précieux du XIIe, XIIIe siècle notamment. 

 

Historique
source : source sur place, documentation diverses, Gallica, Wikipedia, Décoration Intérieure

 

 

 

C’est probablement l’évêque de Saint-Loup qui fait édifier la première cathédrale au Ve siècle,  dans l’angle Sud-Est du castrum (citée fortifiée). Elle est cependant presque totalement détruite en 890 quand les Normands incendient Troyes.

À la fin du Xe siècle, après une longue période de troubles, Milon, 44e évêque de Troyes, fait relever l’édifice dans le style roman.

1129, 13 janvier, Concile de Troyes, dans l’ancienne cathédrale de Troyes à l’emplacement de l’actuelle, qui reconnait officiellement l’Ordre des Templiers.

1188, un nouvel incendie ravage une grande partie de la cité et cette deuxième cathédrale (située à l’emplacement de l’actuelle) est gravement endommagée.

Une ère de ferveur chrétienne et d’innovations techniques lance l’art gothique ou art ogival en France au XIIe s : à partir de 1198, les évêques Garnier de Trainel, puis Hervée (représentés sur un vitrail du XIIe siècle, dans le chœur), entreprennent de construire l’une des plus grandes et des plus belles cathédrales de France, en commençant par les chapelles du chevet, sur l’emplacement des anciens remparts gallo-romains. Le transept est construit en 1260 et les premières travées de la nef à partir de 1310, mais la Guerre de Cent-Ans (1337 – 1453) interrompt les travaux.

Dans le chœur, des vitraux du XIIIe siècle, représentent entre autres, Marie, Saint-Jean, divers épisodes de la Bible et des personnages du Moyen-Âge, dans la nef, on peut remarquer l’Arbre de Jessé ( vers 1500 ), et dans les bas-côté nord de la nef, le Pressoir Mystique (1625) de Linard Gonthier, célèbre maître verrier troyen ( 1565 – 1642 ). Les stalles du chœur, en bois sculpté (XVIIe siècle) proviennent de l’abbaye de Clairvaux, ainsi que les célèbres grandes orgues du XVIIIe siècle.

La cathédrale conserve un remarquable trésor, constitué à partir de 1204 (Pillage de Constantinople par les Croisés), qui inclut un ensemble exceptionnel de châsses (dont celle du chef de Saint-Bernard de Clairvaux, restaurés par Viollet-le-Duc), de reliques, d’émaux (reliquaires de Saint-Loup, XVIe siècle) et autres pièces d’orfèvrerie, dont un coffret Byzantin en ivoire pourpré (XIe siècle) et les aumônières des comtes de Champagne (XIIIe et XIVe siècle).

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En 1420 la reine de France, Isabeau de Bavière, avec Charles VI devenu partiellement fou,  y signe l’infâme « traité de Troyes » ,sous l'impulsion du duc de Bourgogne, qui déshérite le dauphin Charles ( futur Charles VII ) au profit d’Henry V d’Angleterre.

1429, Jeanne d’Arc  sur le chemin du sacre de Reims y obtient l’allégeance de la ville au profit de Charles VII.

1536, Denis Bolori, horloger d’origine italienne, est l’un des premiers hommes volants de l’humanité en se lançant avec l’aide de son engin volant de la tour de la cathédrale. Après avoir parcouru  environ 1km il s’écrase et meurt dans la prairie de Foissy sur le secteur de Saint-Parres-aux-Tertres.

Au XVIe, les ultimes travées sont construites sur le site de l’ancienne église. La façade ouest, chef d’œuvre de Martin Chambiges, maître maçon parisien, est achevée en 1554 avec la base de la tour Saint-Pierre (celle-ci ne sera terminée qu’en 1634). Durant leur édification, huit logettes sont accolées à l’édifice, à l’usage des ouvriers et tailleurs de pierre. Elles sont remplacées au XIXe, par des étals où l’on vendait du pain. La tour Saint-Paul, elle, ne sera jamais élevée en raison d’une crise de foi et d’un manque de financement.

Sous la Révolution, la cathédrale subit des dommages considérables. Le vandalisme révolutionnaire touche les grandes statues des portails (qui ont toutes disparu à ce jour et ne nous sont connues que par des documents anciens). Les vitraux du chœur sont en partie démantelés ou bouleversés. Le trésor n'échappe pas non plus aux saccages et il est assailli au cours des nuits des 9 et 10 janvier 1794 par l'orfèvre Rondot et ses amis. Une grande partie des reliques sont quant à elles brulées et leurs chasses en or ou en argent sont fondues.

Restauration de la Cathédrale du XIXe siècle

1840, le mur terminal du bras sud du transept qui menace de s'effondrer est l'objet d'une réparation rapide. Néanmoins, les réparations se révèlent superficielles et il s'avère que les fondations de l'ensemble des parties orientales de la cathédrale sont défectueuses et que des travaux de plus grande ampleur se révèlent donc nécessaires.

Il est alors fait appel à l'architecte Eugène Millet, un émule de Eugène Viollet-le-Duc qui restaura notamment le Châteaux Vieux de Saint-Germain-en-Laye.

De 1849 à 1866 les piliers du chœur sont repris en sous-œuvre. Quant aux vitraux, un grand programme de restauration débute à partir de 1837. La majorité de ces reconstitutions est l’œuvre de Vincent Larcher, à l'exception de quelques interventions de Martin Hermanowska. Édouard Didron les remplace en 1874.

1862, elle est classée monument historique.

La cathédrale subit peu de dommages lors des premières et secondes guerres mondiales : en effet à deux reprises les vitraux ont été déposés, mis à l'abri puis remontés par la suite.

Aujourd'hui, l'entretien de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul est assuré par le Ministère de la Culture, le monument étant propriété de l'État.

 

Photographies