- Détails
- Catégorie : Maroc
- Clics : 37260
Découvrez Volubilis, l’une des cités antiques les mieux préservées d’Afrique du Nord, bâtie par les Berbères et magnifiée sous la domination romaine au Ier siècle avant J.-C. Située dans les plaines fertiles proches de Meknès, ce site exceptionnel, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, témoigne du génie urbanistique et de la richesse agricole du Maroc antique. En parcourant ses ruines impressionnantes – mosaïques, temples, arc de triomphe, thermes – plongez dans la vie quotidienne romaine et berbère, au carrefour des civilisations méditerranéennes. Volubilis vous offre une immersion unique au cœur de l’histoire et un panorama grandiose sur les paysages marocains, à quelques pas des villes impériales et des villages traditionnels. Préparez votre visite et découvrez pourquoi Volubilis est aujourd’hui une étape incontournable pour tout passionné de patrimoine et de voyage culturel au Maroc.
Situation Historique
Volubilis est une ancienne cité berbère conquise par Rome au Ier siècle avant J-C. Située dans les plaines de Saiss, à proximité de Meknès et à 100 km de Sala ( Rabat aujourd'hui ), la cité devient prospère sous l'empire de Rome. La majorité des ruines actuelles de Volubilis proviennent de l'époque romaine. Contrairement à d'autres cités antiques du Maroc, elle se distingue par le fait qu'elle est située à l'intérieur des terres, tout comme Banasa, alors que des cités telles que Sala ( Rabat aujourd'hui ), Tingis (Tanger), Lixus (à Larache) et Septem se trouvent sur les côtes maritimes ou fluviale.
Cette situation à l'intérieur des terres s'explique par la richesse agricole à l'époque Romaine, beaucoup plus florissante à cette époque, que de nos jours. Les terres de Volubilis sont abandonnées par les romains au IIIe siècle après JC car selon eux difficilement défendable, probablement pour des raisons de logistiques et de manque de personnel, l'empire Romain étant en difficulté sur l'ensemble de ses territoires. Néanmoins la ville continuera d'être habitée pendant 5 siècle avant d'être complètement abandonnée et utilisées comme carrière de pierre pour construire Meknes notamment.
Volubilis un site remarquable du Maroc, Quelle est l'importance de Volubilis ?
Aujourd'hui, c'est l'un des sites les plus visités du pays, offrant aux voyageurs une expérience unique et immersive dans l'histoire romaine et berbère. En arrivant à Volubilis, vous serez instantanément frappé par la beauté et l'ampleur du site. Les ruines se dressent majestueusement sur une colline, offrant une vue panoramique sur les plaines environnantes. Les vestiges bien préservés comprennent des maisons, des thermes, des temples, des mosaïques et même un arc de triomphe, témoignant de la grandeur passée de la cité.

Le Capitole de Volubilis
La visite de Volubilis est une véritable plongée dans la vie quotidienne de l'époque romaine. En vous promenant à travers les rues pavées, vous découvrirez les vestiges des maisons des habitants, ornées de magnifiques mosaïques colorées. Ces mosaïques racontent des histoires de la vie quotidienne, des scènes mythologiques et des représentations artistiques impressionnantes. Les points forts de la visite incluent la Maison de Dionysos, connue pour sa mosaïque de Bacchus, le dieu du vin, et la Maison des Sept Mosaïques, qui abrite une collection impressionnante de mosaïques représentant des scènes de chasse et des divinités romaines.
En explorant les temples de Volubilis, vous pourrez vous imaginer les anciens rites religieux qui se déroulaient ici. Le Capitole, dédié à la triade capitoline de Jupiter, Junon et Minerve, est un exemple magnifique de l'architecture religieuse romaine. Le Temple d'Apollon, avec ses colonnes majestueuses, offre une vue imprenable sur les environs.
Outre son importance historique, Volubilis est également un site naturel exceptionnel. Les collines verdoyantes et les champs d'oliviers qui entourent le site créent un paysage pittoresque. De nombreux visiteurs profitent de cette ambiance paisible pour se détendre et se promener dans la nature environnante.
Pour une expérience encore plus complète, il est recommandé de combiner la visite de Volubilis avec les villes voisines de Moulay Idriss ou de Meknès. Meknès est une ville impériale qui offre une riche histoire, une architecture magnifique et une ambiance traditionnelle. Vous pourrez explorer les palais royaux, les anciennes murailles de la ville et déguster la délicieuse cuisine marocaine dans les souks animés.

La Basilique Judiciaire, comme le Forum c'était un bâtiment multifonction, à la différence avec la Basilique que c'était un endroit totalement ouvert.
Voir aussi
Cité romaine de Lixus Site Archéologique de Chellah à Rabat
Informations Touristique, Heure d'Ouverture :
Comme Lixus, il est conseillé d'y aller le matin ( ouvert à partir de 9h et 7j sur 7j ), après 14h, en été il y fait très chaud. Vous avez la possibilité de vous ravitailler en boisson, eau etc sur place avec un petit restaurant ( prix élevé pour le Maroc ). L'accès est aisé. N'hésitez pas à faire un tour àMoulay Idriss, village en haut de la montagne avec de petites rues qui serpentent le flanc de montagne. Nombreux restaurants sur la place centrale à des prix attractifs.
Historique & Histoire
Chapitre 1: Introduction à Volubilis - Plongez dans l'histoire romaine du Maroc
Volubilis, située dans la plaine du Gharb au nord-ouest du Maroc, est un trésor archéologique qui offre un aperçu fascinant de l'Empire romain en Afrique du Nord. Avec son histoire riche et ses vestiges bien conservés, Volubilis est devenue l'une des destinations incontournables pour les amateurs d'histoire, les archéologues et les voyageurs curieux. Dans ce premier chapitre, nous vous invitons à découvrir les merveilles de Volubilis et à comprendre son importance dans le contexte de l'Empire romain.
1.1 Les origines de Volubilis
Les premières traces d'occupation humaine à Volubilis remontent à l'époque pré-romaine, lorsque la région était habitée par les tribus berbères. Les Berbères ont établi un oppidum, une sorte de place fortifiée, sur le site de Volubilis, profitant de sa position stratégique sur les routes commerciales. Cependant, c'est au 3e siècle av. J.-C. que Volubilis a connu une véritable transformation avec la conquête romaine.
1.2 La colonisation romaine

En 40 av. J.-C., le général romain Juba II, un allié de Jules César, a reçu le royaume de Maurétanie, qui comprenait Volubilis. Les Romains ont entrepris des travaux d'urbanisation et de développement à grande échelle, transformant la petite colonie en une ville prospère. Volubilis est devenue la capitale administrative de la province romaine de Maurétanie Tingitane.
1.3 L'apogée et l'importance de Volubilis
Au cours du 1er siècle de notre ère, Volubilis a atteint son apogée. La ville s'est développée rapidement, attirant des commerçants, des artisans et des colons romains. Grâce à sa position stratégique sur les routes commerciales reliant le nord de l'Afrique à la Méditerranée, Volubilis est devenue un important centre économique et politique.
1.4 La prospérité économique
L'économie de Volubilis était principalement basée sur l'agriculture. Les riches plaines environnantes produisaient du blé, de l'orge, de l'huile d'olive et des fruits, qui étaient exportés vers d'autres régions de l'Empire romain. Les vestiges des vastes domaines agricoles et des pressoirs à huile témoignent de l'importance de l'agriculture dans la prospérité de la ville.
1.5 L'urbanisme et l'architecture de Volubilis
Volubilis était aménagée selon le plan typique des villes romaines de l'époque, avec des rues rectilignes et un réseau d'égouts sophistiqué. Les maisons romaines, construites en pierre et décorées de mosaïques exquises, étaient dotées de riches éléments architecturaux tels que des atriums, des péristyles et des
Thermes privés. Les monuments publics comprenaient des temples, des arcades, des forums et des bains publics.
1.6 Le déclin et l'abandon de Volubilis
À partir du 3e siècle de notre ère, l'Empire romain a connu une période de déclin, marquée par des invasions barbares et des troubles politiques. Volubilis a également été touchée par ces événements. Au 5e siècle, la ville a été abandonnée, et ses habitants ont progressivement quitté les lieux pour s'installer dans des zones plus sûres.
Malgré l'abandon, les ruines de Volubilis ont survécu pendant des siècles, préservant ainsi une fenêtre sur l'histoire romaine au Maroc. Ce n'est qu'au début du 20e siècle que des fouilles archéologiques systématiques ont commencé à révéler la véritable étendue de cette ancienne cité romaine.
En conclusion de ce premier chapitre, nous avons survolé les origines de Volubilis en tant que site archéologique d'importance majeure au Maroc. Dans les chapitres suivants, nous explorerons plus en détail l'histoire, l'architecture et la vie quotidienne à Volubilis, offrant ainsi une immersion complète dans cette ville romaine exceptionnelle.
Chapitre 2: Histoire de Volubilis - Du Berbères à la colonisation romaine
Dans ce deuxième chapitre, plongeons plus profondément dans l'histoire de Volubilis. Nous explorerons les origines de la cité, sa colonisation par les Romains et son importance au sein de l'Empire. Suivez-nous dans ce voyage captivant à travers les époques et les influences qui ont marqué Volubilis.
2.1 Les origines berbères de Volubilis
Avant l'arrivée des Romains, la région de Volubilis était habitée par les tribus berbères. Ces populations autochtones vivaient dans des oppida, des places fortifiées situées sur des collines, et pratiquaient l'agriculture et l'élevage. Volubilis, dont le nom dérive probablement du mot berbère "oulili" signifiant "terre de bonheur", était déjà un lieu de peuplement berbère avant l'arrivée des Romains.
2.2 La conquête romaine et la transformation de Volubilis

La colonisation romaine de Volubilis a débuté au 1er siècle av. J.-C. sous le règne du roi berbère Juba II, allié de Jules César et plus tard vassal de l'Empire romain. Juba II a favorisé l'urbanisation et le développement de Volubilis, faisant de la cité un centre politique et économique majeur de la région.
Les Romains ont apporté avec eux leur savoir-faire en matière d'architecture, de planification urbaine et d'infrastructures. Ils ont construit des bâtiments en pierre, des routes, des thermes et des systèmes d'approvisionnement en eau sophistiqués. La cité a été modelée selon les standards romains, avec des rues pavées, des places et des monuments grandioses.
Elle deviendra une alliée indéfectible de Rome pendant l'Antiquité. Au sein de l'Empire romain, Volubilis se trouvait dans la Maurétanie tingitane, une province située à l'ouest du royaume de Maurétanie. L'empereur Caligula, en 40 apr. J.-C., fit assassiner le roi maurétanien Ptolémée, ce qui déclencha une révolte menée par Aedemon. Toutefois, Volubilis choisit de se ranger du côté des Romains et contribua à l'anéantissement de la révolte en créant une milice d'auxiliaires. Cette révolte causa d'importantes destructions, visibles aujourd'hui à travers des traces archéologiques.
Après la mort d'Aedemon, le royaume maurétanien sombra dans l'anarchie. Volubilis, ayant soutenu Rome, en subit les conséquences et demanda à Marcus Valerius Severus, un notable local, de plaider sa cause auprès de l'empereur Claude et d'obtenir une récompense pour leur loyauté et leur aide militaire. Ce soutien témoigne d'un processus de romanisation préalable à l'annexion complète de Volubilis par Rome.
En 42 apr. J.-C. ou début 43 apr. J.-C., l'Empire romain annexa le royaume de Maurétanie et le divisa en deux provinces : la Maurétanie tingitane à l'ouest, avec Tingis ( Tanger ) comme capitale, et la Maurétanie césarienne à l'est, avec Iol Caesarea comme capitale. Volubilis fut récompensée de sa loyauté en se voyant attribuer le statut de municipe romain par l'empereur Claude. Tous les habitants libres de Volubilis, auparavant considérés comme pérégrins, devinrent désormais des citoyens romains. La cité bénéficia également d'autres avantages, notamment dans le domaine du droit du mariage, des successions et des avantages fiscaux pendant une décennie.
Cette évolution du statut de Volubilis entraîna d'importants travaux de construction et des changements majeurs sur les plans institutionnel et religieux. Bien que l'occupation romaine fut relativement légère, les Romains s'appuyèrent sur le réseau urbain hérité de l'époque punique et des colonies établies sous Auguste. Volubilis devint ainsi un élément clé du dispositif romain en Afrique, faisant face aux tribus semi-nomades. La cité était reliée à la capitale de la Maurétanie tingitane, Tingis, et elle se développa au-delà de ses enceintes au cours du Ier siècle. Des quartiers supplémentaires furent construits au IIe siècle. Sous le règne des Sévères, à la fin du IIe siècle et au début du IIIe siècle, d'importants travaux d'embellissement touchèrent les monuments publics.
Volubilis, avec son statut de municipe romain et son rôle clé dans la région, offre aujourd'hui aux visiteurs l'opportunité de découvrir les vestiges de l'Antiquité romaine au Maroc. Ses ruines bien préservées, ses mosaïques colorées, ses temples et ses rues pavées transportent les voyageurs dans le passé glorieux de cette cité. Une visite à Volubilis est une plongée fascinante dans l'histoire et la culture romaines, offrant une perspective unique sur l'ancienne vie urbaine de l'époque.
2.3 Volubilis et l'Empire romain
Au fil du temps, Volubilis a gagné en importance et est devenue la capitale de la province romaine de Maurétanie Tingitane, englobant une grande partie de l'actuel Maroc. La cité était un carrefour commercial crucial, reliant les régions productrices de blé, d'huile d'olive, de céramiques et d'autres biens de première nécessité.
Volubilis était également un centre administratif, où les fonctionnaires romains géraient les affaires de la province. La ville possédait des temples dédiés aux dieux romains, tels que Jupiter, Junon et Mercure, témoignant de l'influence de la religion romaine dans la vie quotidienne des habitants.
2.4 L'apogée de Volubilis et son rayonnement culturel
Aux 1er et 2e siècles de notre ère, Volubilis a atteint son apogée. La ville s'est enrichie grâce au commerce florissant et à sa position géographique stratégique. Les maisons des riches citoyens romains étaient ornées de superbes mosaïques, reflétant la prospérité et le raffinement de la vie à Volubilis.
La ville a également connu une effervescence culturelle, où l'influence romaine s'est mêlée aux traditions locales. Des coutumes berbères ont été intégrées dans la vie quotidienne, créant une culture unique à Volubilis. Cette fusion culturelle se reflète dans l'art, l'architecture et les pratiques religieuses de la cité.
2.5 Les défis et le déclin de Volubilis
Au 3e siècle de notre ère, l'Empire romain a commencé à connaître des difficultés économiques et politiques. Les invasions barbares et les révoltes internes ont fragilisé l'Empire, y compris ses provinces lointaines comme Maurétanie Tingitane. Volubilis a également été touchée par ces troubles.
Le déclin de la cité s'est accentué au 4e siècle, lorsque l'Empire romain a perdu le contrôle de la région au profit des Vandales, des envahisseurs germaniques. Ces bouleversements politiques et les changements dans les routes commerciales ont conduit à l'abandon progressif de Volubilis.
2.6 La redécouverte de Volubilis
Après son abandon, Volubilis a été lentement recouverte par la terre et le sable, tombant dans l'oubli. Ce n'est qu'au début du 20e siècle que des archéologues français ont entrepris des fouilles systématiques pour redécouvrir les vestiges de cette ancienne cité romaine.
Depuis lors, les fouilles archéologiques à Volubilis ont permis de mettre au jour de nombreux éléments de l'architecture romaine, des mosaïques, des statues et des objets du quotidien. Ces découvertes ont enrichi notre compréhension de la vie à Volubilis à l'époque romaine, et ont confirmé l'importance de la cité dans le contexte de l'Empire.
En conclusion de ce chapitre, nous avons exploré l'histoire de Volubilis, de ses origines berbères à sa colonisation romaine, en passant par son apogée et son déclin. Le prochain chapitre se concentrera sur l'architecture et les monuments de Volubilis, offrant un aperçu détaillé des merveilles qui ont survécu à travers les siècles.
Chapitre 3: Architecture et Monuments de Volubilis - Trésors de l'Empire romain
Dans ce troisième chapitre, nous explorerons l'architecture et les monuments qui font de Volubilis un site archéologique exceptionnel. Des maisons luxueuses aux structures publiques impressionnantes, plongeons dans les détails de ces trésors de l'Empire romain.
3.1 Les Maisons romaines de Volubilis
Les maisons romaines de Volubilis sont parmi les éléments les plus remarquables du site. Construites en pierre avec des murs épais, elles étaient dotées de nombreuses pièces organisées autour d'un atrium central. Les maisons aisées étaient souvent décorées de mosaïques colorées qui représentaient des scènes mythologiques, des motifs géométriques et des portraits.
Parmi les maisons les plus célèbres de Volubilis, on trouve la Maison de Dionysos, la Maison d'Orphée et la Maison des Sept Demeures. Ces maisons offrent un aperçu précieux de la vie quotidienne à l'époque romaine, mettant en évidence le luxe et le raffinement des habitants de Volubilis.
3.2 Les Thermes romains
Les thermes romains étaient des bains publics essentiels à la vie sociale et culturelle de l'époque. À Volubilis, les thermes étaient des structures bien conçues et complexes, comprenant des salles chaudes, tièdes et froides, ainsi que des piscines et des espaces de détente. Ils étaient décorés de magnifiques mosaïques, offrant une expérience luxueuse aux habitants de la ville.
Les thermes de Volubilis se distinguent par leur système de chauffage innovant, connu sous le nom d'hypocauste. Ce système permettait de chauffer les sols et les murs grâce à des conduits souterrains, assurant ainsi une chaleur constante et agréable dans les différentes salles des thermes.
3.3 Les Monuments publics

Volubilis abrite également plusieurs monuments publics remarquables qui témoignent de l'importance politique et religieuse de la ville. Parmi eux, on trouve le Capitole, qui était le principal temple dédié à la trinité des dieux romains : Jupiter, Junon et Minerve. Le Capitole de Volubilis était un édifice imposant avec ses colonnes majestueuses, ses statues et ses autels dédiés aux divinités.
Le Forum romain, situé près du Capitole, était un espace central où se déroulaient des activités économiques, politiques et sociales. Les marchands se rassemblaient pour le commerce, les citoyens se réunissaient pour discuter des affaires de la cité et des événements culturels y étaient organisés.
3.4 Les Arcs de Triomphe

Arc de Caracalla à Volubilis.
Comme dans de nombreuses villes romaines, Volubilis possédait également des arcs de triomphe, des structures monumentales érigées pour célébrer des victoires militaires et honorer des personnalités importantes. L'Arc de Caracalla, l'un des arcs les plus connus de Volubilis, a été construit en l'honneur de l'empereur Caracalla, pour commémorer ses victoires en Maurétanie.
L'Arc de Triomphe de Sévère Alexandre est un autre exemple impressionnant de l'architecture romaine à Volubilis. Érigé pour célébrer les victoires de l'empereur Sévère Alexandre, il est richement orné de sculptures représentant des scènes de bataille et des divinités romaines.
3.5 Les Édifices religieux
Outre le Capitole, Volubilis abritait plusieurs édifices religieux importants. Le Temple du Génie Auguste était dédié à l'empereur Auguste, considéré comme un dieu, et était un lieu de culte majeur dans la ville. Les habitants de Volubilis y rendaient hommage à l'empereur et participaient à des cérémonies religieuses.
Le Temple de Saturne était un autre lieu de culte notable, dédié au dieu romain Saturne, associé à l'agriculture et à la prospérité. Les fouilles archéologiques ont permis de découvrir des inscriptions et des sculptures liées à ces temples, offrant un aperçu précieux des pratiques religieuses à Volubilis.
3.6 La préservation et la mise en valeur des monuments
Au cours des dernières décennies, des efforts considérables ont été déployés pour préserver et mettre en valeur les monuments de Volubilis. Des travaux de restauration ont été entrepris pour consolider les structures et préserver les mosaïques et les éléments décoratifs.
Aujourd'hui, les visiteurs de Volubilis peuvent admirer la grandeur de l'architecture romaine, se promener dans les rues pavées, et contempler les mosaïques qui ont survécu à travers les siècles. Des panneaux d'interprétation et des visites guidées sont également disponibles pour fournir des informations historiques et contextuelles sur les monuments.

Chapitre 4: La vie quotidienne à Volubilis - Un aperçu de la société romaine
Dans ce quatrième chapitre, nous plongeons dans la vie quotidienne à Volubilis, en nous intéressant aux aspects sociaux, économiques et culturels qui animaient la cité romaine. Explorez avec nous les activités quotidiennes, les coutumes et les traditions qui ont façonné la vie des habitants de Volubilis.
4.1 La population de Volubilis
Volubilis était une ville cosmopolite, où diverses cultures et communautés se côtoyaient. La population de la cité comprenait des Romains, des Berbères, des citoyens d'autres provinces de l'Empire romain, ainsi que des esclaves et des affranchis. Cette diversité se reflétait dans les coutumes, la langue et les pratiques religieuses de la cité.
La société de Volubilis était organisée en classes sociales, avec une élite aristocratique qui détenait le pouvoir politique et économique, tandis que la majorité de la population se consacrait à l'agriculture, au commerce et à l'artisanat.
4.2 L'agriculture et l'économie
L'agriculture était le pilier de l'économie de Volubilis. Les terres fertiles de la région permettaient la culture du blé, de l'orge, des olives et des vignes. Les agriculteurs produisaient également des légumes, des fruits et de l'huile d'olive, qui étaient échangés sur les marchés locaux et exportés vers d'autres régions de l'Empire.
Le commerce était également florissant à Volubilis. La cité se trouvait sur les routes commerciales reliant le nord de l'Afrique à l'Europe et à d'autres provinces romaines. Les marchands proposaient une variété de produits, tels que des textiles, des céramiques, des épices et des produits de luxe importés de différentes régions de l'Empire.
4.3 La vie sociale et les divertissements
La vie sociale à Volubilis était animée, avec de nombreux lieux de rencontre et d'échanges. Les thermes, en plus de leur fonction de bains publics, étaient des espaces où les citoyens se réunissaient pour discuter, se détendre et établir des contacts sociaux.
Les amphithéâtres et les théâtres étaient des lieux de divertissement populaires. Les spectacles de gladiateurs, les représentations théâtrales et les compétitions sportives attiraient un public enthousiaste. Ces événements étaient souvent organisés à l'occasion de festivités religieuses ou de célébrations impériales.
4.4 Les coutumes et les traditions
Les habitants de Volubilis observaient également des coutumes et des traditions spécifiques. Les fêtes religieuses étaient célébrées avec enthousiasme, impliquant des processions, des offrandes aux dieux et des sacrifices d'animaux. Les habitants honoraient les dieux romains ainsi que leurs propres divinités locales, mêlant ainsi les croyances romaines et berbères.
La nourriture occupait une place importante dans la culture de Volubilis. Les repas étaient souvent l'occasion de rassembler la famille et les amis, et la cuisine romaine était influencée par les traditions culinaires locales. Les mosaïques découvertes dans les maisons de la ville représentent des scènes de banquets et de festins, mettant en évidence l'importance de la gastronomie dans la vie quotidienne.
4.5 L'éducation et la religion
Volubilis possédait des écoles où les enfants étaient éduqués selon les normes romaines. Les enfants des classes supérieures recevaient une éducation plus approfondie, apprenant le latin, la littérature et la philosophie. Les mosaïques et les inscriptions découvertes dans les maisons de Volubilis témoignent de l'importance accordée à l'éducation.
La religion jouait également un rôle central dans la vie quotidienne. Les habitants participaient aux rituels religieux et aux cultes, offrant des prières et des sacrifices aux dieux. Les temples et les autels étaient des lieux de rassemblement et de communion spirituelle.
4.6 La vie après Volubilis
Malgré son déclin, Volubilis a laissé une empreinte durable dans l'histoire et la culture du Maroc. De nos jours, la région attire les visiteurs du monde entier qui viennent admirer les vestiges de cette cité romaine autrefois florissante. La mise en valeur du site et les efforts de préservation continuent de permettre aux visiteurs d'explorer et de découvrir la richesse de la vie quotidienne à Volubilis.
En conclusion de ce chapitre, nous avons exploré la vie quotidienne à Volubilis, en nous intéressant à l'agriculture, à l'économie, aux divertissements, aux coutumes, à l'éducation et à la religion. Ces aspects nous permettent de mieux comprendre la société romaine et la façon dont elle s'est intégrée à la culture berbère à Volubilis.

Une très belle iconographie d'animaux d'Afrique pour une grande partie.
Chapitre 5: Redécouverte et préservation de Volubilis - Un trésor archéologique préservé
Dans ce cinquième chapitre, nous explorerons l'histoire de la redécouverte de Volubilis et les efforts entrepris pour préserver ce trésor archéologique unique. Du passage des Romains à l'intérêt croissant pour l'archéologie, plongeons dans le récit fascinant de la renaissance de Volubilis.
5.1 Le déclin de Volubilis
Après des siècles de prospérité, Volubilis a commencé à décliner à partir du IIIe siècle. Les invasions barbares, les troubles politiques et les changements économiques ont tous contribué à la diminution de la ville. Les tremblements de terre ont également endommagé les structures, entraînant un déclin progressif de la cité.
Au fil du temps, la population de Volubilis a diminué et la ville est finalement tombée dans l'oubli. Les pierres de ses monuments ont été réutilisées pour construire de nouvelles structures et les ruines se sont enfouies sous des couches de terre et de végétation.
5.2 La redécouverte de Volubilis

La maison dite du Désultor. Autrefois, les personnes habiles à sauter d'un cheval ou d'un char à l'autre étaient appelées "désultor" en latin (celui qui saute) et "apobates" en grec (celui qui descend).
La redécouverte de Volubilis a eu lieu au XIXe siècle, lorsque les premiers explorateurs et archéologues ont commencé à s'intéresser à l'histoire romaine du Maroc. En 1830, le Français Charles de Foucauld a visité le site et a commencé à documenter ses découvertes. Par la suite, d'autres explorateurs, notamment Henri Lhote, ont mené des fouilles et des recherches approfondies.
Les fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour les vestiges de la cité romaine, révélant des mosaïques magnifiquement préservées, des maisons, des temples, des thermes et d'autres structures. Ces découvertes ont suscité un grand intérêt et ont établi Volubilis comme l'un des sites archéologiques majeurs du Maroc.
5.3 Les travaux de préservation et de restauration
Après la redécouverte de Volubilis, d'importants travaux de préservation et de restauration ont été entrepris pour sauvegarder les ruines et les protéger des éléments naturels et de l'érosion. Des équipes d'archéologues, d'architectes et de conservateurs ont travaillé ensemble pour consolider les structures, préserver les mosaïques et restaurer certains éléments.
Des techniques modernes ont été utilisées pour préserver les mosaïques fragiles, telles que la création de structures spéciales pour protéger les sols ornés. Des mesures de conservation ont également été prises pour protéger les vestiges des intempéries et des visiteurs, tout en permettant aux touristes d'admirer les ruines de manière sécurisée.
5.4 La reconnaissance de l'UNESCO
En reconnaissance de sa valeur historique et de son importance culturelle, Volubilis a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1997. Cette distinction a renforcé la visibilité internationale du site et a contribué à sa préservation continue.
L'inscription de Volubilis sur la liste du patrimoine mondial a également suscité un intérêt croissant pour le tourisme culturel au Maroc. Des visiteurs du monde entier viennent découvrir les vestiges bien préservés de cette ancienne cité romaine, contribuant ainsi à l'économie locale et à la valorisation du patrimoine marocain.
5.5 La valorisation touristique de Volubilis
Au fil des années, des améliorations ont été apportées à l'infrastructure touristique de Volubilis. Des sentiers balisés ont été aménagés pour permettre aux visiteurs de se promener à travers les ruines et d'admirer les différents monuments. Des panneaux d'information ont été installés pour fournir des explications historiques et contextuelles, offrant une expérience enrichissante aux visiteurs.
Des visites guidées sont également disponibles, animées par des guides compétents qui partagent des connaissances approfondies sur l'histoire et l'architecture de Volubilis. Ces visites permettent aux visiteurs de plonger dans le passé et de mieux comprendre la vie des habitants de la cité romaine.
5.6 Le futur de Volubilis
Alors que Volubilis continue d'attirer des visiteurs du monde entier, la préservation et la protection du site restent une préoccupation majeure. Des efforts sont déployés pour renforcer les mesures de conservation, pour poursuivre les fouilles archéologiques et pour approfondir notre compréhension de la cité romaine.
De plus, la mise en valeur du patrimoine de Volubilis ne se limite pas aux ruines elles-mêmes. Des initiatives sont également entreprises pour promouvoir la culture et l'artisanat local, offrant aux visiteurs une expérience complète et immersive de la région.
sources : affiche sur place
- Détails
- Catégorie : Maroc
- Clics : 26752
Lixus, située à Larache au Maroc, est un site archéologique majeur dans l'histoire de la région. Avec ses origines remontant à l'époque phénicienne, Lixus a été témoin de l'évolution de plusieurs civilisations au fil des siècles. Cet article vous plongera dans l'histoire fascinante de Lixus, en mettant l'accent sur cinq aspects clés de ce site historique. Moins connu que Volubilis, Lixus doit son intérêt par un paysage maritime, les ruines du palais, son amphithéatre antique unique au Maroc et également son industrie du poisson qui à l'époque est l'une des plus grandes du monde occidental médittéranéen.
Elle fut une ville florissante, se distinguant par son art de vivre. Les habitants, économiquement dynamiques, ont accumulé des richesses et ont connu une ascension sociale. Cette prospérité s'est reflétée dans leur mode de vie raffiné, caractérisé par l'importation d'objets de luxe tels que des meubles et des bijoux en or, en argent et en bronze, ornés de pierres précieuses et de pâte de verre. Les Lixitains étaient également habiles dans la création de bijoux et d'accessoires en utilisant divers matériaux, notamment des os d'animaux.
L'activité de pêche et l'industrie de salaison de poisson jouaient un rôle central dans l'économie de Lixus. La pêche, pratiquée depuis des temps préhistoriques avec des techniques rudimentaires, ainsi que la collecte de coquillages, étaient principalement destinées à la consommation alimentaire. En revanche, l'industrie de salaison de poisson et l'extraction de la pourpre à partir du murex remontent à l'époque phénicienne. Ces activités ont connu un développement considérable à l'époque romaine, lorsque la cité est devenue le plus grand complexe industriel spécialisé dans la salaison de poisson et la production du garum, une sauce très prisée dans tout l'Empire romain.
Par ailleurs, les habitants de Lixus avaient développé diverses activités artisanales pour répondre à leurs besoins quotidiens. La métallurgie du fer, du plomb et du bronze leur permettait de fabriquer des armes, des poids, des couteaux et des couperets. Le travail de la pierre était indispensable pour la création de meules utilisées pour moudre le blé...

Situation géographique

La colline de Tchoummich, autrefois le site de la ville antique de Lixus, se dresse comme un promontoire atteignant une altitude de 85 mètres, situé à environ 4 km de la côte. Du sommet de cette colline, on peut profiter d'une vue panoramique sur la vaste plaine marécageuse où le fleuve Loukkos serpente avant de se jeter dans la mer. Le paysage s'étend également jusqu'aux hauteurs de Raqqada, à la ville de Larache, ainsi qu'à l'estuaire du fleuve et à l'océan. À l'ouest de la colline, sur la rive gauche du Loukkos, s'étendaient jadis de vastes salines, dont seules quelques-unes subsistent aujourd'hui. Cette position stratégique, offrant un contrôle visuel sur les environs, en plus d'être un endroit escarpé facile à défendre, peut expliquer pourquoi la colline de Tchoummich a été choisie pour la fondation de la colonie phénicienne. De plus, les lieux présentaient des avantages en termes de port.
Selon des études géomorphologiques visant à reconstituer le paysage ancien de la basse vallée du Loukkos, il semble qu'un golfe se soit formé dès l'époque phénicienne et a perduré jusqu'à l'époque romaine, s'étendant sur une grande distance vers l'intérieur. Selon cette reconstitution, le promontoire de Tchoummich apparaît comme une presqu'île faisant face à un autre promontoire (Sidi Mbarek) que certains identifient à l'île où, selon les sources antiques, l'autel ou le temple d'Hercule aurait été érigé. Ainsi, le port antique de Lixus devait se trouver au pied de la pente sud ou sud-est de la colline de Tchoummich.
Les origines phéniciennes de Lixus :
Lixus a été fondée par les Phéniciens au VIIe siècle av. J.-C. en tant que colonie commerciale importante. Les Phéniciens, connus pour leur expertise en navigation et leur commerce florissant, ont établi Lixus comme un avant-poste stratégique pour leurs activités en Méditerranée occidentale.
La prospérité romaine à Lixus

Bracelet en verre et bronze d'un meuble.
Au IIe siècle av. J.-C., Lixus est devenue une cité prospère sous la domination romaine. Les Romains ont développé le commerce, l'agriculture et l'architecture à Lixus, construisant des infrastructures telles que des thermes, des temples et des villas luxueuses. La ville a connu une période de prospérité économique et culturelle remarquable.
Lixus et l'ère des Vandales
Au Ve siècle de notre ère, Lixus a été envahie par les Vandales, un peuple germanique. Cette période a été marquée par des troubles et des conflits, et Lixus a perdu une grande partie de sa splendeur passée. Néanmoins, la ville a continué d'exister en tant que centre régional d'importance stratégique.
Lixus sous le règne des Omeyyades
Au VIIIe siècle, Lixus a été intégrée dans l'Empire Omeyyade. Sous la dynastie omeyyade, la ville a regagné de l'importance et a été fortifiée pour protéger les côtes marocaines contre les invasions. Les Omeyyades ont apporté des améliorations à Lixus, notamment la construction d'une grande mosquée.
La redécouverte de Lixus
Après des siècles d'oubli, Lixus a été redécouverte par des archéologues au début du XXe siècle lors du concordat français. Des fouilles ont été entreprises pour mettre au jour les vestiges de l'ancienne cité. Des découvertes remarquables ont été faites, notamment des mosaïques, des sculptures et des inscriptions qui témoignent de la richesse culturelle de Lixus à travers les âges.
Lixus à Larache est un site d'une importance exceptionnelle dans l'histoire du Maroc. Il incarne l'héritage phénicien, romain, vandale et omeyyade, offrant un aperçu précieux de l'évolution de la région au cours des siècles. Les vestiges archéologiques de Lixus permettent aux visiteurs d'explorer les ruines des anciens temples, des bains publics, des ruelles pavées et d'autres structures qui témoignent de la grandeur passée de cette cité antique. Aujourd'hui, Lixus est un site touristique important, où l'histoire se mêle à la beauté naturelle de la région, offrant aux visiteurs une expérience inoubliable et une fenêtre sur le passé fascinant du Maroc.
Voir aussi
Patrimoine du Maroc - Volubilis - Chellah
Informations Touristique :
Mon conseil : allez-y le matin, il fait plus frais, car l'après-midi en été il y fait très chaud, prenez une bouteille d'eau. Ne commencez pas par le complexe industriel du poisson, le parcours proposé n'est pas le plus intéressant. Commencez par le palais palatial, puis suivez le parcours en sens inverse…vous serez moins fatigué, le complexe industriel du poisson n'a que peu d'intérêt pour le visiteur lambda, il vaut mieux le faire à la fin. Par la suite vous pouvez allez à Larache, belle ville côtière avec quelques restes de constructions européennes lors du Protectorat, vous y trouverez facilement de quoi vous nourrir.
adresse : site archéologique de lixus, Larache 92000, Maroc ( proche de la N1 ou de l'autoroute A5 )
HORAIRES :
Horaires d'Ouverture :
Ouvert tous les jours, Du 1 Octobre au 28 Fevrier: de 9 h à 18 h
et du 1 Mars au 31 Octobre de 9 h à 19 h
TARIFS en 2024:
PLEIN TARIF: MAROCAINS: 10 Dh ETRANGERS: 60 Dh
TARIF GROUPE SCOLAIRE: 5Dh
Gratuité: Les Vendredi et Jours de Fêtes Religieuses et Nationales pour Les Marocains
Historique & Histoire
Lixus (en berbère : ⵍⵉⴽⵙⵓⵙ - Liksus), en arabe : ليكسوس) est une ville antique fondée par les Phéniciens au xiie siècle av. J.-C.1,2,3,4,5 Elle est située à proximité de la ville actuelle de Larache au Maroc, sur la rive droite de l'oued Loukkos. Lixus est certainement une des cités les plus anciennes d'Afrique du Nord à en croire les sources anciennes (Pline l'Ancien) ; selon ces dernières, Lixus aurait été fondée à la fin du xiie siècle av. J.-C., bien avant Carthage et Cadix. Ses ruines occupent la colline connue actuellement sous le nom de "Tchoummich", qui dérive de "Tchimmis" ou "Tuchumus", nom qui désignait le site à l'époque médiévale. Contrairement à l'idée bien reçue, ce nom n'a rien à voir avec le nom "Maqom Shamsh" (ville du soleil) qui apparaît en néo-punique sur des monnaies antiques frappées au ier siècle av. J.-C. par une ville non encore identifiée. La première installation est donc fondée sur une colline dominant un estuaire, situation topographique très recherchée des Phéniciens.
Bien que les sources antiques attribuent la fondation de la cité de Lixus au XIIe siècle av. J.-C., les fouilles archéologiques ne remontent pas au-delà du VIIIe siècle av. J.-C., révélant ainsi une occupation pré-phénicienne du site par une cité indigène antérieure à l'établissement du comptoir phénicien. Les couches les plus anciennes du site révèlent une période pré-phénicienne marquée par la présence de poteries locales de type graffito, présentant des similitudes frappantes avec des séries découvertes dans le nord du Maroc et dans le sud de la péninsule ibérique datant de l'âge du Bronze6. Ces découvertes comprennent des structures domestiques construites localement, une porte mégalithique donnant sur une route bordée de tombes7, ainsi qu'un armement en bronze comprenant une épée de type Ballintober datant de la période de l'âge du Bronze tardif atlantique (1300-1150 av. J.-C.)8. Cela corrobore les indications du Pseudo-Scylax, qui décrit dans son Périple la cité phénicienne de Lixus voisine de celle des Libyens.
Lixus jouissait d'une réputation prestigieuse dans l'Antiquité et était mentionnée dans les sources gréco-romaines comme une ville légendaire où deux des exploits d'Hercule auraient eu lieu. En effet, c'est à Lixus qu'Hercule aurait vaincu Antée et cueilli les pommes d'or du jardin des Hespérides, défendu par un redoutable dragon10. Sur un plan plus concret, Lixus a connu un essor économique et commercial significatif. Les habitants de Lixus auraient largement exploré la côte atlantique de l'Afrique jusqu'au golfe de Guinée. Des sites éloignés tels que l'île de Cerné, peut-être l'une des îles Purpuraires près d'Essaouira, étaient en réalité des comptoirs lixites, fréquentés également par des Phéniciens de la côte ibérique. Lixus s'est peuplée de Phéniciens, de Cananéens et d'Égéens, certains d'entre eux se mélangeant aux Berbères libyens autochtones, donnant ainsi naissance à une nouvelle société punique en Afrique du Nord.
Contrairement à de nombreuses autres villes maurétaniennes, Lixus a conservé son autonomie et n'est pas tombée sous le contrôle carthaginois. La cité n'a pas adopté les dieux de Carthage, tels que Ba'al Hammon et Tanit, largement vénérés en Tunisie, dans une partie de l'Algérie, ainsi qu'en Sardaigne, en Sicile et à Malte. D'après les témoignages fournis par les monnaies, Lixus possédait son propre dieu poliade, représenté sous les traits d'un personnage généralement jeune et imberbe portant une tiare conique avec un cordon, parfois muni d'une double hache sur certaines séries rares. Il s'agit probablement de Chosour ou peut-être de Milqart, qui était le protecteur de la ville de Lixus et le dieu de la fertilité et de l'abondance.
La période du royaume maurétanien sous le protectorat romain, de 25 av. J.-C. à 39/40 apr. J.-C., a été une période de prospérité nouvelle pour Lixus. Le port était très actif et exportait du bois de thuya, du blé, des raisins et surtout des produits de la mer, tels que le thon et les condiments à base de poisson fabriqués dans de nombreuses industries spécialisées. Pendant cette période, la cité s'est agrandie avec la construction de nouveaux quartiers résidentiels fortement influencés par l'urbanisme hellénistique.
Suite à l'assassinat du dernier roi de Maurétanie, Ptolémée, en 39/40, le pays a été annexé par l'Empire romain après deux années de campagnes militaires. Claude a accordé à Lixus le statut de colonie romaine10, la distinguant ainsi des autres cités de la nouvelle province de Maurétanie tingitane, qui étaient presque toutes des municipalités de droit latin ou pérégrin.
Lixus a développé ses infrastructures à l'époque romaine et a étendu son enceinte au-delà des limites maurétaniennes, en direction de la rivière Loukkos. Des maisons à péristyle (comme la Maison des Trois Grâces, la Maison d'Hélios, la Maison de Mars et Rhea) ainsi que des thermes ont été construits, ornés de magnifiques pavements en mosaïque. À partir du IVe siècle, la situation a sensiblement changé et la faiblesse de l'administration impériale a conduit à un repli de la cité derrière une nouvelle enceinte construite en hâte. Des fortifications ont été érigées à proximité de Lixus pour défendre la vallée du Loukkos contre d'éventuelles incursions maures. Ce nouvel aménagement était également en accord avec la décision de Dioclétien d'évacuer la majeure partie de la Tingitane et de concentrer les forces militaires sur le détroit de Gibraltar.
Il semble que le christianisme se soit développé dans la région de Lixus. Les dernières industries liées aux activités maritimes ont cessé leurs activités dans les années 430, ce qui correspond à l'invasion des Vandales venus d'Espagne voisine. À partir de ce moment, la cité de Lixus a lentement décliné, survivant en tant que communauté christianisée parmi les vestiges d'une époque plus glorieuse mais révolue. Lorsque les premières troupes musulmanes ont atteint les côtes atlantiques à la fin du VIIe siècle, elles ont découvert une agglomération chrétienne coexistant avec les vestiges de l'Antiquité. Le califat omeyyade de Damas y a établi des éléments militaires issus des tribus nord-arabiques des Banu Qays. À cette époque, une mosquée et des bains ont été découverts non loin de l'ancienne acropole. Cependant, le destin de l'antique Lixus était scellé. Elle devait disparaître au profit de la nouvelle ville de Larache, qui s'est développée de l'autre côté du Loukkos. Lixus antique est devenue Choummich ou Tchoummich médiévale, un nom et un toponyme qu'elle porte encore aujourd'hui. Il semble que la ville, qui était initialement un petit centre urbain d'environ quatre hectares situé dans une nouvelle enceinte, se soit développée à partir du XIe siècle pour atteindre 14 hectares, avant d'être définitivement abandonnée vers le XIVe siècle.
La présence d'une mosquée sur le site de Lixus, sur l'acropole, indique qu'à un moment donné entre l'arrivée de l'islam au VIIIe siècle dans cette partie du Maghreb (sous Musa ibn Nusayr al-Lakhmi) et le XIVe siècle, il y avait une importante communauté musulmane qui a ressenti le besoin de construire un lieu de culte, aussi modeste soit-il. Cependant, la présence de céramiques ne peut être datée qu'entre le XIIe et le XIVe siècle.
Monuments de la ville antique
Les Thermes et l'amphithéâtre

Le seul amphitheatre antique au Maroc.
Le quartier est composé de l'amphithéâtre et des thermes publics.
L'amphithéâtre de Lixus demeure l'unique édifice de spectacle mis au jour dans un site antique du Maroc. Son arène abritait les combats de gladiateurs et des fauves.
Les thermes publics sont composés d'un vestibule, d'une grande salle froide ornée d'une mosaïque géométrique représentant le dieu Océan, ainsi que des salles tièdes et chaudes et des piscines. Ces thermes d'époque romaine étaient également richement ornés avec des peintures murales et du marbre.
Les deux édifices ont été construits durant la seconde moitié du Ier siècle après J.-C. et ont été abandonnés, transformant tout le secteur en cimetière à partir de la fin du IIIe siècle après J.-C.
Ruines de fabrique de garum

les thermes romains juste à côté de amphithéâtre.
Quartier industriel
C'est un complexe industriel spécialisé dans la fabrication des salaisons de poisson. Il est situé dans la partie basse du site, à proximité du fleuve et de l'emplacement présumé du port fluvial de la cité. Il est composé de 10 usines et 150 bassins (cuves de macération du poisson), capable de produire jusqu'à 1 million de litres de sauces de poisson par campagne de pêche, ce qui en fait l'un des plus grands complexes industriels du genre dans tout le bassin méditerranéen. La fondation de ce complexe remonterait au Ve siècle av. J.-C., mais les données archéologiques datent ces usines du Ier siècle av. J.-C., puis agrandies durant l'époque romaine, et elles ont continué de fonctionner jusqu'au Ve siècle apr. J.-C.
Le garum est un produit dérivé de cette industrie, fabriqué à partir des entrailles et du sang des poissons, notamment des thonidés, macérés avec du sel. C'était une sauce très prisée durant l'Antiquité.

Complexe palatial
Il s'agit d'un ensemble architectural composé d'un palais et de ses annexes, d'un temple, de thermes avec palestre, d'une villa d'époque médiévale et d'une mosquée. Les monuments d'époque antique datent du règne du roi Juba II et de son fils Ptolémée, mais le quartier a été transformé et réorganisé à l'époque romaine. Situé au sommet de la colline, les vestiges représentent toutes les époques que le site a connues, des Phéniciens jusqu'au XIVe siècle, date de l'abandon de Lixus au profit de la nouvelle ville de Larache. En plus de ces ensembles, le site renferme également des enceintes de différentes époques, des citernes pour le stockage de l'eau potable, les restes d'un aqueduc, des maisons d'époque maurétanienne et des nécropoles.

Quartier résidentiel

Panneau affichage sur le site mis en place en 2019
Il s'agit d'un ensemble de demeures situées au sommet de la colline, à l'exception d'une maison qui se trouve dans la partie basse du site. Composé de maisons romaines à péristyles, spacieuses et richement décorées, il témoigne de l'aisance dans laquelle vivaient les propriétaires des usines de salaisons et des fermes de l'hinterland de la ville. Ces maisons sont ornées de mosaïques géométriques et figurées, de peintures murales, de thermes privés et d'objets d'une très grande valeur artistique. Toutes les mosaïques découvertes dans les années 1950 sont actuellement exposées au musée archéologique de Tétouan, situé à 100 km de Lixus. Les mosaïques figurées représentent des thèmes mythologiques tels que Mars et Rhéa Silvia, Hélios, Eros et Psyché, les trois grâces, le cortège bachique, etc.
La mosaïque du dieu Océan découverte dans les années soixante est restée sur place. Pour des raisons de conservation, elle a été couverte en 2001, puis redécouverte et restaurée in situ en 2020.
Les Nécropoles de Lixus

Au cours de son histoire, la ville de Lixus a été entourée de nombreuses nécropoles témoignant de différentes époques et cultures. À ce jour, les tombes de l'époque maurétanienne (ou préromaine) découvertes indiquent l'existence d'au moins deux nécropoles à proximité immédiate de la ville, l'une à l'ouest et l'autre à l'est.
La nécropole occidentale, située à l'extérieur de l'enceinte et dominant l'estuaire de l'oued Loukkos, occupait toute la zone ouest. À partir du 4e siècle avant J.-C., elle aurait été utilisée, comme le prouvent récemment la découverte de deux tombes à caissons à l'ouest des usines de salaison. Le rite funéraire observé dans ces tombes était l'inhumation, couramment pratiqué dans les nécropoles contemporaines du nord du Maroc. Cependant, le mobilier funéraire se distingue par la présence d'éléments céramiques importés, dont une kylix à figures rouges de tradition grecque. Une tombe en forme de chambre rectangulaire, construite avec de grandes dalles taillées et présentant une architecture mégalithique, appartient également à cet espace funéraire. Cette tombe, dont la date de construction reste incertaine, témoigne de l'importance accordée par certains habitants de Lixus à l'enterrement de leurs morts. L'utilisation de cette nécropole occidentale a perduré jusqu'au début du 1er siècle après J.-C., comme en témoigne la découverte d'hypogées similaires à celles de Gades en Espagne. Ces tombes contenaient des ossements brûlés, indiquant que les habitants de Lixus avaient adopté à cette époque tardive le rite d'incinération, probablement sous l'influence de leurs contacts avec les Romains, déjà très présents.
La nécropole orientale, quant à elle, abrite le monument funéraire le plus imposant sur le plan architectural, connu localement sous le nom d'"Al Kantara". Il s'agit d'une chambre rectangulaire semi-enterrée de plus de 5 mètres de long, construite et couverte avec d'énormes dalles et blocs de pierre. En raison de ses dimensions et de son architecture mégalithique, ce monument a probablement été érigé pour un habitant de Lixus de haut rang social. Bien que sa présence au 1er siècle avant J.-C. soit confirmée par les monnaies de Lixus et de Tingi qui y ont été retrouvées, la date de sa construction demeure inconnue. Selon les archives des archéologues travaillant sous le protectorat espagnol, 32 autres tombes ont été découvertes dans cette nécropole. L'une de ces tombes a livré une boucle d'oreille en or portant le symbole de "Tanit" (ou Tennit), un symbole fréquemment gravé sur des stèles votives à Carthage.
Concernant l'époque romaine, deux nécropoles ont été identifiées jusqu'à présent. La première, datant du 1er siècle après J.-C., se trouve dans la partie orientale du site, en contrebas de l'amphithéâtre. Les monuments funéraires qui y ont été explorés sont deux columbaria, comprenant chacun un ensemble de niches destinées à abriter les défunts. Ces monuments, réservés à des familles spécifiques, sont les seuls de leur genre visibles et conservés au Maroc. Ils témoignent également de l'introduction à Lixus de nouvelles formes architecturales funéraires liées à la romanisation. Cependant, cette nécropole a rapidement été abandonnée en raison de l'extension de la ville dans cette zone.
La deuxième nécropole, datant au moins du 4e siècle après J.-C., a été établie dans la partie sud-ouest du site, où se trouvait la nécropole du 4e millénaire avant J.-C. Les sépultures découvertes montrent que les habitants de Lixus étaient alors complètement christianisés, comme en témoigne la position dorsale des squelettes.
Outre la colline de Tchoummich, la nécropole la plus ancienne et la plus importante reste celle découverte près du village de Raqqada, à 1,5 km au nord-ouest de Lixus. Utilisée entre le 6e et le 4e siècle avant J.-C., puis de manière restreinte au 2e siècle avant J.-C., cette nécropole était réservée à l'enterrement de certaines familles privilégiées qui ont choisi de s'éloigner de la ville. La plupart des défunts de cette nécropole étaient d'origine autochtone, comme en témoigne la position semi-fléchie imposée aux corps, une tradition protohistorique que l'on retrouve également dans la nécropole contemporaine d'Azib Slaoul, près de Ksar el Kébir, ainsi que dans toutes les nécropoles dites "phéniciennes" découvertes dans la région de Tanger. Ce qui rend cette nécropole particulièrement importante, c'est la richesse et la somptuosité du mobilier funéraire : parures en or et en argent de tradition phénico-punique, vases à parfum en pâte de verre polychrome, vases en bronze exceptionnels tels que les plats à une seule anse importés de Chypre et uniques en Méditerranée occidentale jusqu'à présent.
Vidéo sur Lixus
sources : wikipedia, affiches sur place, musée de lixus
Plus d'articles...
Page 3 sur 11










































































































































