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Les quartiers "Français" de Rabat sont d'anciens quartiers construits après 1912 lors du protectorat entre la France et le Maroc. Rabat étant devenue la capitale administrative sous le protectorat et ensuite la capitale du Maroc indépendant, une grand nombre de constructions ont été réalisées entre 1920 et 1950. Ces quartiers avaient pour objectif d'y faire résider le personnel administratif, du personnel des entreprises françaises et de l'armée.
Les quartiers étaient adaptées selon le statut social : maisons avec jardins pour les officiers, chefs des grosses entreprises, immeubles plus luxueux et plus grands, pour les cadres administratifs, d'entreprises et les sous-officiers par exemple, et immeubles simples pour les familles du "petit" personnel, soldats du rang et autres. Dans tous les cas, ces constructions étaient très modernes pour l'époque et permettaient par rapport à des petits villages français d'avoir un niveau de confort très largement supérieur en général ( eau courante etc ), d'autant que la météo particulièrement clémente à Rabat favorisait bien sur ce confort général.
Aujourd'hui ces quartiers sont prisés des marocains de classes moyennes principalement, on peut le constater par les voitures neuves récentes garées dans les rues, par leur qualité de construction notamment. L'ensemble de ces quartiers n'ont pas trop changé et sont plutôt bien entretenus, ce qui n'est pas forcément le cas de ce que j'ai pu voir dans les années 80 - 90 en Tunisie. Néanmoins pour les anciens habitants européens qui ont pu les voir jusqu'en dans les années 50, je conseille fortement d'y retourner avant qu'un grand nombre de travaux ne change totalement l'ensemble. En effet certaines maisons ont été détruites pour faire construire des nouveaux bâtiments plus moderne en 2016.
En tout cas pour un touriste français, la visite de ces quartiers vous fera plonger parfois dans les années 30 à 50, une vraie remontée dans le temps salutaire. On pourra remarquer qu'il y a eu une réelle volonté d'adaptée l'architecture de l'époque à son environnement, avec des bâtiments faisant un jolie mixte entre l'art arabe ( arabesque principalement ) et l'art de la construction française souvent très "carrée" et ordonnée. C'est assez étonnant également de voir que cette époque de construction à Rabat n'a pas grand chose à voir avec ce qui a été construit en France parfois à la même époque, en effet la plupart de ces bâtiments ont disparus car la qualité n'était pas forcément au rendez-vous, évidemment le fait que la météo soit très clémente y joue pour beaucoup.


Général Marcel Carpentier en Ier ( Général d'Infanterie ), en seconde position le colonel Delaleu ( Régiment du Génie ) et en troisième le capitaine Montcharmont ( 1er chef de Bataillon du 31e régiment du Génie ( régiment d'origine marocaine ), Polytechnicien ). Port-Lyautey 9 septembre 1947 ( aujourd'hui Kenitra ). Défilé de l'armée Française à Rabat ( porte Bab-er-Rouah ).
Maison avenue des Héros ( aujourd'hui avenue Al-Abtal ) occupée par un officier français jusqu'au début des années 50 ( photo gauche ), maison aujourd'hui détruite en 2015-2016 pour y construire un centre commercial en face du palais royal ( photo droite )
Cinéma Royal à gauche, toujours en activité, ancienne Poste au centre et Campus Etude à droite.
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La ville de Rabat est entourée de trois remparts distincts qui ont été édifiés lors de 3 époques différentes : la muraille Almohade ( XIIe - XIIIe ), celle des Andalous ( XVIIe ) et celle des Alaouites ( XVIIIe et XIXe ). On pourrait intégré aussi la partie dite de "Chellah" mais qui fait l'objet d'un autre article.
Les Almohades (en arabe الموحدون (al-Muwaḥḥidun), en berbère ⵉⵎⵡⴻⵃⵃⴷⴻⵏ (Imweḥḥden)) « qui proclame l’unité divine », ou Banu Abd al-Mumin (en arabe : بنو عبد المؤمن), sont un mouvement religieux fondé au début du XIIe siècle, dont est issue la dynastie éponyme d'origine berbère qui gouverne le Maghreb et al-Andalus entre le milieu du XIIe siècle et le XIIIe siècle.
Après les Almohades, c'est les Morisques qui vont construire l'enceinte dite Andalouse; Ces derniers avaient fuit l’Inquisition espagnole après la fin de l'Espagne musulmane au début du XVIIe siècle. L'ensemble de la courtine est parcouru par un chemin de ronde, ainsi que par des tours carrées de type "barlong" et d'une seule tour ronde qui fait l'angle : le Borj Sidi Makhluf. Elle doit son nom à un saint d'origine juive dont le corps repose à proximité qui fut le patron des bateliers. La muraille des Andalou protège principalement le sud de la médina, le long du boulevard Hassan II. Elle est longue de 1,4 km et son épaisseur est d'environ 1,65m, et haute entre 4,90m à 5,50. Le chemin de ronde ne mesure qu'un mètre de large, ce qui est dans la norme, mais percé de meurtrières ainsi que protégé par des créneaux avec un haut en forme de pyramide.
À la fin du XVIIIe siècle, la ville de Rabat est doublée, du côté du continent, d'une muraille continue qui part de l'océan, englobe une partie de l'Agdal et aboutit à l'extrémité sud-est de l'enceinte almohade. Cette enceinte protégeait le palais de Mawlây Sulaymân, devenu aujourd'hui le palais Royal..
XVIIIe siècle, en 1776, Muhammad III ibn ‘Abdâllah édifie la Sqala, sous les ordres de Ahmed El Inglizi ( qui veut dire littéralement "l'Anglais"). Cet ouvrage défensif de type européen, que l'on peut rapprocher à ce qui se faisait en Espagne, avait comme usage principal le canon. Il comporte une plateforme élevée, flanquée dans les coins d’échauguettes et dotée d’embrasures à canons, dans certains ça on pouvait appeler cela une "terrasse à feu".
Sa position ne doit rien au hasard, situé en face de la mer,en contrebas de la Qasaba des ’Udâyas, la Sqala permet de protéger l’entrée de l’embouchure du Bouregreg. L’ouvrage est entièrement construit en pierre de taille et en moellon, il était composé d'embrasure à canon.
Muhammad al-Inglîzî fait édifier également le Borj Sirat, qui est aujourd'hui le Phare de Rabat. Il fut édifié en 1775-1776 sur une falaise abrupte.
Borj Dâr se dresse au milieu du rempart maritime de Rabat. Il fut édifié par le sultan Sidi Muhammad ibn ‘Abdallâh, contemporain de la Sqala, de la Qasaba et de Borj Sirat. L’inscription qui coiffe la porte d’entrée donne une date plus récente : 1239 H./ 1823-24, ce qui signifie que l’ouvrage a subi une réfection sous le règne de Mawlây ‘Abd al-Rahmân.
Plusieurs ouvrages similaires se trouvent au Maroc, dont Anfa et à Essaouira sous le règne du sultan Sidi Muhammad ibn ‘Abdallâh, il n'est donc pas impossible qu'ils partagent les mêmes architectes militaires.
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