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Donjon & Château de Trèves
 

 

 

Château et Donjon de Trèves, de Robert le Maçon

 

Le donjon ou le château  de Trèves est situé sur les bords de la Loire. Trèves fait partie d’une communauté de communes regroupant ainsi Chenehutte, Trèves et Cunault. Le donjon, du XVe et l'un des plus beau de son époque dans un état remarquable, ne se visite pas et semble faire partie d’une propriété privée, même si aucune interdiction ou panneau y fait référence.

Après avoir discuté avec un aimable habitant de Trèves et voisin du donjon, il m’a indiqué que les propriétaires des lieux n’y venaient plus depuis des années. Cependant le Donjon est en très bon état et si il ne se visite pas de l’intérieur, il est très facilement accessible de l’extérieur. Cependant pour éviter tout risque je ne donnerai pas les indications nécessaires pour pénétrer dans les lieux pour des raisons évidentes de sécurité, en effet il y a des trous, des souterrains et des accès assez risqués qui peuvent sans aucun doute être mortel.

Cependant le village de Trèves permet déjà d’avoir un très bel aperçu du donjon et une petite balade pédestre vous permettra d’y voir certains éléments dont la très belle église de Saint-Aubin et la jolie échauguette en trompe des anciennes écuries de Condé.
 


Informations
  •  Adresse : 2 rue Jean Luc Rapado – 49350 – Trèves
  •  Téléphone : inconnu
  •  Site Officiel :  aucun
  •  Heures d'ouvertures & Visites  : Ne se visite pas ( 2010 ) y compris lors des journées du patrimoine ( 2013 )

 

Historique
  Sources : en partie  documentation sur place

 
 

8ième Siècle : Pépin le Bref, le père de Charlemagne, donne le domaine de Clémentiniacus aux moines bénédictins de Saint Aubin d’Angers, qui fondent tout près sur les hauteurs le Prieuré de Saint Macé.
 
1020 : La région appartient jusqu’à Gennes à Eudes II. Comte de Blois, formant une enclave dans les possessions de Foulques III Nerra, Comte d’Anjou, ce qui crée un état de guerre plus ou moins permanent entre les deux comtés.
 
Selon un chroniqueur de l’Abbaye de Saint Hilaire Saint Florent près de Saumur, Gueldin guerrier responsable du Saumurois sous les ordres du Comte de Blois, aurait demandé une Trèves à Foulques Nerra. Celui-ci va alors édifier une petite forteresse qu’il appelle Trèves. On peut observer encore la motte de Foulques Nerra située à quelques mètres du donjon actuel.
 
Clémentiniacus va devenir Trèves-Castrum qui a servi notamment d’appui à la prise de Saumur en 1025 à quelques kilomètres du Donjon actuel.
 
1040 : Foulque de Nerra décède lors de son retour de la croisade, il meurt à Metz.
 
1069 : Geoffroy Martel, fils de Foulques Nerra, n’a pas de descendance directe. Ses deux neveux Geoffroy le Barbu et Foulques le Réchin se disputent l’Anjou. Le Réchin est vainqueur du Barbu à la Bataille de Brissac en 1068. Malheureusement pour lui Geoffroy le Fort seigneur de Trèves avait pris part pour le vaincu. En représailles le mauvais Réchin rase le Château et fait enfermé à Chinon pendant 30 ans Geoffroy le Barbu.
 
1089 : Le comte d’Anjou, toujours Foulques le Réchin, confie le domaine ravagé 20 ans plus tôt à son sénéchal Geoffroy Fulcrade, qui reconstruit le château avant de se faire moine à l’Abbaye de Saint Florent de Saumur. Son fils, qui s’appelle également Geoffroy, lui succède et pour remettre en état sa Seigneurie, il fait appel aux Bénédictions de Saint Aubin.
 
1106 : Les moines entreprennent la construction de l’Eglise actuelle entre la Loire et le Château.
 
1147 : Le seigneur de Trèves, Régnault le Roux, part en croisade avec le Roi Louis VII.
 
1206 : Trèves est assiégée par Jean sans Terre ( Comte d’Anjou et également alors roi d’Angleterre après la mort de Richard Cœur de Lion ). Le château tient bon jusqu’à l’arrivée de l’armée du roi de France , Philippe Auguste. ( on voit là nettement l’intérêt de pouvoir tenir un siège ).
 
1417 : Pour 4000 livres, la Baronnerie de Trèves est acquise par Robert le Maczon, Chancelier de la Reine Isabeau et Conseiller du Duc d’Anjou.
 
1418 : Le 29 mai à Paris , le Maczon ( Maçon ou Masson ) aide le jeune dauphin Charles à échapper aux bourguignons en lui donnant son cheval.
 
Le futur roi de France lui ordonne alors plus tard de construire «  moult forte place sur la rivière de Loire » et l’autorisera à financer les travaux en créant un péage sur tout batël ( batelier ) dévalant ou montant le fleuve, 10 deniers sur chaque pipe de vin ( une pipe = 402 litres ). Il pouvait également prélever le premier saumon pris dans l’année.
 
1419  : Robert le Maçon tente de convaincre le Dauphin, futur Charles VII, de ne pas tenter d'assassiner ou une action contre le Duc de Bourgogne Jean sans Peur lors de la rencontre sur le pont de Montereau (  lors du rendez vous sur le pont il est tenu à l'écart ), le futur Charles VII n'a que 16 ans, selon une déclaration de Jean de Poitiers, évêque de Valence, venu témoigner sur l'enquête du meurtre. Une lettre écrite , le 16 juillet 1425, par Tanguy du Chastel disculpe totalement le Chancelier " à tous et par la foy et serment de nostre corps, sur l'honneur  que devons à la chevallerie et sur le dampenment de notre âme, que le dit Robert le Maçon, seigneur de Trèves, ne fut présent au conseil ( réunion ) de donner la mort au duc de Bourgogne" source : Tanguy du Chastel, l'Homme de Montereau
 
 
C'est La femme de Robert le Maçon, Jeanne de Mortimer, qui fin février va inspecter la virginité de Jeanne d'Arc au Château de Chinon.
 
Robert le Maczon, seigneur de Trêves rencontre Jeanne alors qu'il est avec le roi au Château de Loches, juste après la libération d'Orléans surement vers la mi-mai, selon le témoignage du Comte de Dunois :
 
"le roi était dans sa chambre de retraite, ayant avec lui son confesseur, le seigneur Christophe d’Harcourt, évêque de Castres, et le seigneur de Trêves en Anjou, ancien chancelier de France, lorsque Jeanne, qui se disposait à entrer chez lui, frappa à la porte. Presque aussitôt, elle franchit le seuil, se mit à genoux et, tenant embrassées les jambes du roi, elle lui dit ces paroles ou d’autres semblables : "Gentil dauphin, ne tenez pas davantage tant et de si interminables conseils; mais venez au plus vite à Reims pour prendre votre digne couronne"
 
Le 8 décembre 1429 il participe à l'anoblissement de Jeanne d'Arc à Mehun sur Yèvre comme le stipule la fin de la lettre : Blason et Anoblissement de Jeanne
 
1430 : L’année précédente le dauphin Charles devient symboliquement alors Roi Charles VII en se faisant sacrer à Reims, il était déjà roi avant le sacre mais la symbolique est importante. Par lettres patentes du 23 décembre il confirme alors les privilèges déjà accordés à Robert le Maczon. Il est un des conseillé du Roi, on ne connait pas son implication réelle sur l'affaire Jeanne d'Arc à Chinon avec le Dauphin sur la rencontre avec Jeanne d'Arc. 
 
1435 : Robert le Maczon termine son château. Trèves est devenue une baronnie florissante avec un petit port très actif, ses halles, ses trois foires annuelle exemptes de droit royaux ( grand privilège pour l’époque ). Le seigneur crée une aumônerie pour secourir les pauvres ainsi qu’une maladrerie pour soigner les lépreux.
 
1443 : Robert le Masson meurt à 77 ans sans descendance malgré ses deux mariages. Il est enterré dans son église, le deuxième jour de janvier.
 
1445 : Jeanne de Mortimer, la veuve du Baron, se remarie avec Duy d’Acigné seigneur Breton.
 
1616 : Sous Louis XIII, le seigneur de cette époque est Pierre de Laval ; il est marié avec Isabelle de Rochechourt Mortemart. Ils établissent des jardins en terrasses qui vont agrandir pour moderniser le château. ( plan ci dessous )
 

Château de Trève , plan du XVIIe

1618 : Pour conserver près d’eux leur fille Catherine, qui avait pris le voile chez les religieuses bénédictines de la fidélité de Poitiers, ils établirent à l’est du Château un petit prieuré où la demoiselle fut installée l’année suivante en qualité de Supérieure avec deux religieuses et deux novices.
 
 
Plan du château de Trèves près du château de Saumur. Sur l'extrême gauche on trouve les écuries de Condé. Les bâtiments au centre sont totalement ruinés.
 
1642 : Urvain de Maillé Brézé qui enviait depuis longtemps d’ajouter ce domaine à sa terre de Milly toute voisine, fit intervenir l’influence de son beau-père pour violenter les refus persistants de Hilaire de Laval qui avait pourtant 114 000 livres de dettes. Mais il avait épousé la sœur de Richelieu en 1617, Nicole de Plessis. Le 8 Mars, avec la promesse d’Aégier Lezay en marquisat, le cardinal achète le domaine et le château pour 200 000 livres et 8 jours plus tard , pour la même somme, la baronnie passe au maréchal. Il léguera directement à sa fille Claire Clémence le domaine, elle venait de se marier à Louis de Bourbon Condé, homme de guerre, terreur des Espagnols . Il remportera notamment la victoire de Rocroi le 19 mai 1643. Selon un texte dans wikipédia : “ Maillé Brézé qui aurait détruit en grande partie le château pour empêcher Hilaire de Laval de bénéficier du privilège de retrait lignager qui permettait à une famille seigneuriale de recouvrer son domaine vendu, moyennant restitution du prix payé, se hâta de démolir une grande partie des travaux de Pierre de Laval et d’abandonner le reste à la destruction du temps “.
 
1747 : par échange du 23 mars, la terre de Trèves passa de la famille des Condé au comte Louis César d’Estrées et au maréchal Adrien Maurice de Noailles qui vendront le château 4 jours plus tard à Jean de Stapleton.
 
1747 : Jacques II d’Angleterre alors réfugié au Château Vieux de Saint Germain en Laye est accompagné par Jean de Stapleton seigneur Irlandais. Ce dernier va acquérir alors plusieurs domaines dont celui de Trèves pour la somme de 510 000 livres. Louis XV va alors ériger la baronnie en Comté.
 
1750 : Trois ans plus tard, mystérieusement le Comte de Trèves fait abattre en grande partie le château mais garde le donjon. On peut se poser la question légitime sur la destruction du château, peut-être était-il dans un sale état qui ne permettait plus alors de l’entretenir ou alors en payant très cher. Le donjon alors solide ne posait évidemment pas ce même problème.
 
1776 : Le premier juin, Jean de Stapleton trépasse à 80 ans, il est enterré dans le chœur de l’église de Cunaud ( à quelques kilomètres ). Sa litre funéraire est toujours visible, peinte en noir sur les piliers.
 
Il ne reste alors que les écuries ( ci dessous ) avec son échauguette en trompe , le donjon, quelques éléments dont les grottes et souterrains. On peut retrouver ce genre d’échauguette dans Paris dans la rue des Franc-Bourgeois et aussi au château d’Ormesson avec son pavillon d’angle. 

 

Photographies
 

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