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Comte Arundel, John FitzAlan-Maltravers
John (VI) FitzAlan-Maltravers, 7e comte d'Arundel (né le 14 février 1408 et mort le 12 juin 1435), est une figure militaire marquante et l'un des commandants anglais les plus redoutés de la guerre de Cent Ans , même si sa carrière est assez courte en définitive en comparaison par exemple de Talbot. Décrit comme un colosse mesurant plus d'1,90 m, il est un chef de guerre jeune, riche, beau et doté d'un talent militaire précoce, ce qui lui vaut d'être surnommé l'« Achille anglais », lié surtout à sa mort lors de la Bataille de Gerberoy...

Portrait inspiré de son gisant, travaillé en IA. John FitzAlan-Maltravers.
Origines et jeunesse
Né à Lytchett Matravers dans le Dorset, il est héritier de son titre à l'âge de huit ans en 1415, bien que le Parlement anglais ne lui confirme officiellement ce titre de comte d'Arundel qu'en 1433, pour récompenser ses brillants services militaires en France
Fait chevalier en 1426 aux côtés du jeune roi Henri VI, il épouse Maud Lovell en 1429
Une ascension militaire rapide
Sa carrière sur le terrain prend son essor au début des années 1430. En juin 1430, il participe notamment au siège de Compiègne, théâtre de la capture de Jeanne d'Arc
En 1431, après avoir participé aux tournois pour le sacre du jeune roi Henri VI à Paris, il remporte un succès notable en tendant une embuscade aux Français près de Gournay, où il capture le célèbre capitaine Poton de Xaintrailles
En 1432, il s'illustre par son audace lors d'une attaque surprise française sur le château de Rouen : surpris dans son sommeil, il parvient à s'échapper en descendant les remparts dans un panier (ou une corbeille) accroché à une corde, avant de rallier les bourgeois de la ville pour reprendre le contrôle de la forteresse.
Par la suite, le régent Bedford lui confie le commandement de la frontière sud (Maine et Anjou), où il mène de vastes opérations militaires et s'empare de places fortes telles que Saint-Célerin, Sillé-le-Guillaume et Bonsmoulins
Ses nombreux succès lui valent même de recevoir le titre de duc de Touraine en 1434, territoire cependant sous domination française.
Une réputation contrastée : entre efficacité et cruauté
Si Arundel est hautement estimé par le commandement anglais pour son énergie et son professionnalisme
, il incarne le mal absolu sous la plume des chroniqueurs français de l'époque, tels que Thomas Basin ou Robert Blondel.
Ces derniers forgent sa réputation d'homme cruel et sanguinaire. On l'accuse d'exécuter massivement ses prisonniers par pendaison (comme à Rouen), de commettre des sacrilèges épouvantables (comme le massacre des habitants de Milly-en-Gâtinais, brûlés vifs dans leur église en 1432), et d'avoir prononcé le vœu orgueilleux et impitoyable d'exterminer les habitants révoltés du pays de Caux
La chute à la bataille de Gerberoy

Traitement IA de l'armée d'Arundel ( vidéo Bataille de Gerberoy sur youtube )
Le destin d'Arundel bascule en mai 1435. Alors qu'il se dirige vers la forteresse de Rue avec ses troupes, il apprend que les capitaines français La Hire et Xaintrailles sont en train de refortifier Gerberoy.
Sûr de lui, il décide de faire un détour pour les anéantir. Cependant, il commet l'erreur de sous-estimer ses adversaires et d'agir avec une grande imprudence.
Arrivé devant Gerberoy le 9 mai au matin avec seulement une petite avant-garde, il s'installe dans un creux de terrain en attendant le reste de son armée, apportant même des cordes en prévision de la pendaison des défenseurs français.
Les Français profitent de cette désorganisation : tandis qu'une partie de la garnison l'affronte de face, La Hire le contourne par un chemin caché avec sa cavalerie et écrase sa colonne de renforts, le prenant au piège
Blessure mortelle et postérité
Au cours de ce combat, la suprématie traditionnelle anglaise vacille : Arundel est gravement touché à la cheville par un boulet de couleuvrine (une arme à feu rudimentaire), ce qui lui vaudra sa comparaison avec le héros mythologique Achille. Fait prisonnier, il est transporté à Beauvais où un chirurgien l'ampute, mais il meurt de ses blessures quatre semaines plus tard, le 12 juin 1435, à l'âge de 27 ans.
Selon une légende rapportée par le chroniqueur Basin, le comte, vexé par sa défaite et rongé par l'orgueil, aurait refusé de se soigner.
D'abord enterrée aux Cordeliers de Beauvais, sa dépouille est rachetée par son écuyer (Fulk Eyton) à prix d'or, puis par son frère, pour être finalement rapatriée et inhumée dans la chapelle du château d'Arundel, dans le Sussex. En 1857, l'ouverture de ce tombeau permit de découvrir un grand squelette auquel il manquait bien une jambe, confirmant le récit. Encore aujourd'hui, le vallon situé en contrebas de Gerberoy où il a établi son campement fatal conserve la mémoire de ce commandant en portant le nom de Val d'Arondel.
Chronologie
14 février 1408 : Naissance à Lytchett Matravers (Dorset) de John FitzAlan, fils d'Éléonore de Berkeley et de John FitzAlan (3e baron Maltravers).
1415 : Son père revendique le titre de comte d'Arundel, déclenchant une querelle successorale.
1421 : Mort de son père.
1426 : Il est fait chevalier aux côtés du jeune roi Henri VI (sous le nom de « Dominus de Maultravers »).
Avant 1429 : Mort de sa première promise, Constance Cornwall.
30 janvier 1429 : Naissance de son fils, Humphrey, issu de son mariage avec Maud Lovell.
Juillet 1429 : Il entre en possession de son héritage et est convoqué au Parlement sous le titre de baron Arundel (« Johanni Arundell' Chivaler »).
L'ascension militaire
1430 : Il participe au siège de Compiègne (où Jeanne d'Arc est capturée) et commence à utiliser le titre de comte d'Arundel.
31 août 1431 : Il tend une embuscade victorieuse près de Gournay (avec 600 hommes) et capture le célèbre capitaine français Poton de Xaintrailles.
Fin 1431 : Il est présent à Paris pour le sacre d'Henri VI et s'illustre lors d'un grand tournoi.
3 février 1432 : Le capitaine français Ricarville s'introduit de nuit dans le château de Rouen. Arundel, endormi, s'échappe en descendant dans les douves dans une corbeille attachée à des cordes. Il rallie les bourgeois, assiège la citadelle et la reprend.
1432 : Il mène des campagnes au sud de Paris. Il échoue à prendre Lagny-sur-Marne mais prend Milly-la-Forêt, où a lieu le massacre des habitants réfugiés dans l'église.
Mars 1433 : Il défend la ville de Sées, assiégée en Haute-Normandie.
Juillet 1433 : Il est nommé lieutenant-général de Basse-Normandie.
Courant 1433 : Il confirme officiellement son titre de comte d'Arundel par le Parlement anglais.
Fin 1433 : Il mène une vaste campagne à la frontière du Maine (comté d'Alençon) et prend l'Aigle, Bonsmoulins, Saint-Céneri, Saint-Célerin, Sillé-le-Guillaume et Beaumont-le-Vicomte.
Décembre 1433 : Bedford le nomme commandant en Haute-Normandie et capitaine de Pont-de-l'Arche.
Mai 1434 : Il retourne brièvement en Angleterre pour lever des troupes.
8 septembre 1434 : Il est récompensé de ses services en étant fait duc de Touraine (un territoire encore à conquérir).
Octobre 1434 : Nommé capitaine de Saint-Lô, il mate une rébellion dans le Bessin, empêchant le duc d'Alençon de prendre Avranches.
La fin à Gerberoy
Début 1435 : Face à un soulèvement populaire en Basse-Normandie, il est convoqué de Rouen pour protéger Caen.
Mai 1435 : Alors qu'il est à Mantes-la-Jolie avec 800 hommes pour se rendre à Rue, il apprend que les Français La Hire et Xaintrailles fortifient Gerberoy. Il décide de s'y attaquer.
Nuit du 8 au 9 mai 1435 : Arundel part avec une avant-garde (estimée à environ 320 hommes) et arrive devant Gerberoy vers 8 heures du matin, s'installant dans le Val d'Arondel.
9 mai 1435 : Bataille de Gerberoy. L'armée anglaise est prise en tenaille par surprise. Le comte d'Arundel est gravement blessé à la cheville/au pied par un boulet de couleuvrine et fait prisonnier.
12 juin 1435 : Arundel, transporté à Beauvais et amputé, meurt de ses blessures à l'âge de 27 ans.
Postérité (après 1435)
Initialement enterré aux Cordeliers de Beauvais, son corps est racheté par son écuyer (pour plus de 1 000 £) et rapatrié en Angleterre pour être inhumé dans la chapelle du château d'Arundel.
24 avril 1438 : Mort de son jeune fils Humphrey, le titre passe alors au frère de John, William.
16 novembre 1857 : Ouverture de son tombeau au château d'Arundel, confirmant la présence d'un grand squelette à qui il manque une jambe.