Village de Moret sur Loing, Visite & Histoire

 

 

Situé en Seine-et-Marne, à quelques km de la frontière historique de la Bourgogne, le village médiéval est un des plus beau de Seine-et-Marne et d'une manière générale d'Île-de-France. La cité médiévale et royale de Moret-sur-Loing avait été élue en 2019 la plus belle commune d’île de France par Radio France (France Bleu). 

Le village fut prisé par de nombreux peintres, impressionnistes principalement, dont Alfred Sisley est l'un des plus fervents artiste. Son patrimoine médiéval est important, avec ses deux entrées du XIIe siècle, très rare en Île-de-France, un donjon médiéval, quelques moulins, une église du XIIe et de vieilles ruelles. C'est un village très agréable, facile d'accès et vivant. On remarquera aussi les nombreuses pistes cyclables dans les alentours et les belles visites pédestres à faire.

Au niveau visite dans le village, vous avez aussi la possibilité de voir le musée du peintre Sisley, le musée du Vélo et le musée Municipal, quelques Hôtels particuliers, la maison Racollet du XIXe et la façade Renaissance de la maison dite de François Ier .

 

village moret sur loing

 Flâner et se reposer sur les bords du Loing à Moret-sur-Loing.

 

Historique & Histoire 

 

850, première mention écrite de Moret lors d'un synode, réunion ecclésiastiques.

1068, l'ancien comté du Gâtinais est réuni au domaine royal.

1112, le castrum de Moret est inféodé aux comtes vicomtes du Gâtinais.

1081, Philippe Ier achète Moret au duc de Bourgogne, de ce fait Moret est à la frontière avec  la Bourgogne. Elle devient de facto une ville stratégique puis qu'elle est située également sur un des passages importants entre le duché de Bourgogne et le royaume de France.

1126, occupation militaire par Louis VI du castrum de Moret. 

1128, début possible de la construction du donjon de Moret par Louis VI, construit sur une période probable entre 1128 et 1154. Elle est appelée la "Grosse Tour", comme il est d'usage à l'époque. Le donjon de Grez-sur-Loing, à quelques km, fut construit également sur un plan similaire à la même époque. Louis VI est mort en 1137, il n'est pas impossible que la construction du donjon soit apparu sous Louis VII.

1154, persécuté par le comte de Nevers, les moines de Vézelay se réfugient dans l'église de Pont-Loup.

1166, début de la fondation de la collégiale Notre-Dame.

 

eglise notre dame porte de bourgogne moret sur Loing

l'église Notre-Dame et la porte de Bourgogne

 

1180, Philippe-Auguste renforce le château et les remparts de Moret initiés par Louis VII. Début de la construction de l'église Notre-Dame.

1226, Blanche de Castille réside à Moret sur Loing pendant une partie de l'année.

1285 - 1314, sous Philippe-le-Bel, la grosse tour est utilisée comme prison royale pour des hôtes d'exceptions.

Pendant la guerre de Cent-Ans, selon Christian Corvisier, (2) le château n'eut très peu d'évolution défensive, les douze couleuvrines étaient initialement pour la ville et non pour le donjon.

1420, Isabeau de Bavière livre Moret aux Anglais, alliés des Bourguignons.

1430, Charles VII, fils d'Isabeau de Bavière, reprend la ville.

Moret sous Louis XI est vendu à Antoine de Chabannes

Cette vente se fait sous le principe de "l'engagement", c'est à dire qu'il est vendu afin de renflouer les caisses du royaume mais il est permis au royaume de racheter la seigneurie(2). Dans les faits, le seigneur à la jouissance du domaine, donc des revenus générés par exemple, mais il ne peut le revendre, le donner ou le léguer sans l'accord du roi qui peut le racheter à n'importe quel moment au prix fixé initialement. On peut  comparer  "l'Engagement" aujourd'hui à la "Concessions" des autoroutes sur une période donnée, en clair l'autoroute appartient à l'état mais la jouissance sont pour les sociétés d'autoroutes, néanmoins l'état peut racheter cette jouissance avant la fin de la période de concession selon les termes du contrat.

C'est l'édit de Moulins de 1566 qui est complété par l'ordonnance de Blois en 1579 qui fixe les règles de gestion du domaine royal et faire disparaître la clause d'inaltérabilité du serment du sacre, néanmoins  l'édit de Moulins, dans l'Allier, a prévu deux exceptions à l'inaltérabilité :

Le roi peut constituer des apanages puisqu'ils sont soumis à la réserve des droits régaliens et reviennent à la Couronne en l'absence d'héritier mâle en ligne directe,
L'engagement d'un bien de la Couronne parce que l'engagiste n'en a que la jouissance. Le roi a la possibilité perpétuelle de reprendre le bien engagé à tout moment en remboursant l'acquéreur de son prix.

 maison facade francois Ier moret sur loing

Façade Renaissance, en 2008, de la maison dite de François Ier. Elle est en 2020 en cours de restauration. Vers 1517, fut édifiée la maison dite de François Ier, probablement par Nicolas Chabouillé, marchand et contrôleur des deniers communs. C'est initialement une galerie reliant deux bâtiments situés sur rue et entre cour et jardin. Elle est vendue au XIXe siècle et remontée à Paris pour orner la façade d'un hôtel particulier du cours La Reine. Cet hôtel est détruit en 1956 et la façade Renaissance est inscrits à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Elle est démontés et remontés à nouveau à Moret-sur-Loing ,mais pas au même endroit que lors de sa construction intiale,  Elle est classée Monument Historique le 24 avril 2002. Elle est fixée à une structure en béton et couverts alors d'une simple dalle. Lors des travaux de restauration il est prévu d'y placer un auvent afin de protéger la façade des intempéries. (3)

 

1526, François Ier réside régulièrement dans les alentours, notamment à Thomery au château des Pressoirs du Roi afin d'y voir sa favorite, la duchesse d'Etampes. C'est dans cette période qu'est construit l'hôtel de style Renaissance dont il reste aujourd'hui la galerie.

1576, Henri III érige Moret en comté, celui-ci sera intégré dans le domaine de Catherine de Médicis, elle y viendra quelques fois. La châtellenie est intégrée au douaire de la Reine-Mère, Catherine de Médicis qui l'engage rapidement à Pierre de Mansfeld, gouverneur du Luxembourg, pour une somme estimée de 36 000 livre tournois.

1580, Pierre de Mansfeld rétrocède son engagement à Christophe de Thou, bailli de Melun et premier Président du Parlement de Paris, son fils Jacques-Auguste de Thou, juriste et historien célèbre, qui va conserver Moret jusqu'en 1594.(2)

1594, Henri IV rachète aliène plus biens de la couronne pour 200 000 écus et récupère la châtellenie de Moret pour l'engager à nouveau au plus offrant. (2) qui sera Maximilien de Béthune-Sully, surintendant des Finances.

Ce dernier va restaurer et apporter d'importantes modifications : terrasses, jardin, restauration du donjon, etc pour la somme de 14994 livres. (2)

1603,  Sully se désengage en vendant son engagement pour 85104 livres, il est probable qu'il a fait une importante plus-value puisqu'il intégre dans le prix 20936 livres de travaux, étant surintendant des finances, il aurait surprenant qu'il n'en fasse pas intelligement profit. La vente se fait en réalité qu'en 1604, suite au désistement du premier acheteur, au Château de Fontainebleau, par Jacqueline de Bueil, maîtresse d'Henri IV. Elle prendra donc le titre de Comtesse. (2)

1617, Jacqueline de Bueil, épouse René du Bec-Crespin, marquis de Vardes. Louis XIII accorde à la comtesse une pension de 14000 livres et des revenus sur les ocrtois de Moret ( Taxe qui était perçue à l'entrée d'une ville sur certaines denrées. L'octroi fut supprimé en 1948, certaines villes conservent encore les bâtiments, comme à Poissy ). 

1621Pierre Marchand, venu de Normandie, pour remettre en état les jardins du château, parterres et potager « tous lesquelz jardins il  sera tenu entretenir netz, comme les jardins de Fontaineblaue… ». (2 citation )

1638, Fondation du couvent Notre-Dame-des-Anges par Jacquelin de Bueil, connu aujourd'hui surtout pour son sucre d'Orge qui permettait à l'époque de faire vivre le couvent.

1658, François-René du Bec, marquis de Vardes, succède à son père, René du Bec-Crespin. 

1664, le marquis de Vardes est exilé à Aigues-Mortes, pendant ce temps Louis XIV confisque la tour de Moret. Il fait enfermé Nicolas Fouquet quelques temps dans le donjon sous la surveillance de d'Artagnan pendant le procès de l'intendant.

 

La Mauresse de Moret

Née vers 1658 (et décédée vers 1730 ou 1732), Louise-Marie Thérèse serait entrée au couvent en 1665 emmenée par Alexandre Bontemps, premier valet de chambre, confident et homme de confiance du roi. La présence des membres de la famille royale lorsque la jeune femme prononça ses vœux, puis leurs visites fréquentes, lors des séjours à Fontainebleau, à cette religieuse a la peau basanée pourrait accréditer la thèse qu'elle serait une fille de sang royal. En effet une des, nombreuses, théories serait qu'elle pourrait être le fruit d'un amour défendu entre le roi avec une femme noire, d'autres pensent plutôt entre la reine et un de ses pages noirs, nain d'origine africaine et la dernière théorie qu'il serait une jeune orpheline protégée par le couple royal. Il existe autant d'avis que de commentateurs, néanmoins aucune ne permet de trancher véritablement, il s'agit pour l'instant que de suppositions.

Même  Voltaire donne son avis,  après avoir rencontré la religieuse en 1719 au couvent de Moret, dans " Le Siècle de Louis XIV" : "On soupçonna, avec beaucoup de vraisemblance, une religieuse de l'abbaye de Moret d'être sa fille. Elle était extrêmement basanée, et d'ailleurs lui ressemblait. Le roi lui donna vingt mille écus de dot, en la plaçant dans ce couvent." (4)

Cette controverse historique aurait donné naissance à Moret-sur-Loing aux « Mauresses de Moret », des carrés fondants de chocolat noir et à la chocolaterie « La Mauresse » dans cette même ville.

1688, Marie-Elisabeth du Bec, hérite du comté de Moret et épouse Louis de Rohan-Chabot.

1695, un édit royal permet le rachat du domaine, toujours sous le principe de l'Engagement. Le comté est revendu pour 64084 livres à Urbain Lefèvre de Caumartin, maîtres des Requêtes, intendant des finances, conseiller d'Etat, marquis de Saint-Ange. Il reste propriétaire jusqu'en 1720. Il était également propriétaire du château de Saint-Ange et/ou de Challeau. Il fait construire un corps de logis, édifice disparus aujourd'hui. Entre 1748 et la Révolution, le château est plus ou moins délaissés.

1720, le duc d'Orléans fait réaliser un canal parralèle au Loing, afin de relier ceux de Briare ( réalisé en 1642 )  et d'Orléans  (1691) à la Seine. Long de presque 50 km, il comporte 21 écluses.

1725, Marie Leszczynska dort au donjon lors de sa venue en France, elle se marie le lendemain au château de Fontainebleau, tandis que son père le roi de Pologne, Stanislas Leszczynska, s'installe au château de Ravannes à Ecuelles.

1796, 30 juin, un procès verbal donne un inventaire général du donjon devenu Bien National.

1813, lors de la Bataille de Montereau, Moret est prise puis abandonnée par les Wurtembergeois.

1815, Napoléon Ier dort une nuit à Moret le 20 mars. C'est aujourd'hui la maison du "Point Sisley".

1879, le 6 novembre, le donjon est acheté par Joanne Thirion. Le pavillon de la terrasse cependant revient à Emile Buffereau.

1944, les Allemands font sauter le pont de Moret afin d'assurer leur fuite. 

2001, Création de la communauté des communes Moret Seine et Loing.

2019, elle est élue la plus belle commune d’île de France par Radio France (France Bleu). 

 

 

 

sources : Guide Touristique de Moret sur Loing - (2) Christian Corvisier - Restauration du Patrimoine Seine et Marne ( archives ) et MORET-SUR-LOINGLE DONJON OU GROSSE TOUR par Christian Corvisier  (3) affiche sur place, (4) Franceinfo

 

Photographies & Photos