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Château de Saint-Maur-des-Fossés

 

Le Château de Saint-Maur fut édifié en 1543 par l'architecte Philibert Delorme à la demande de Jean du Bellay. Il était situé dans l'actuelle ville de Saint-Maur-des-Fossés,  au 11-15 avenue de condé, ou impasse du château de Condé. Après la mort de Philibert Delorme, l'architecte Bullant fut chargé de continuer les travaux. Puis  après être tombé dans les mains des princes de Condé, Jean Hérault de Gourville, intendant du Grand Condé à partir de 1669, fait modifier entièrement le château sur les plans de l'architecte Daniel Gittard. Ruiné au milieu du XVIIIe siècle, tout comme l'Abbaye de Saint-Maur-des-Fossés, le château est racheté après sa confiscation comme Bien National à la Révolution Française. Il fut détruit dès 1796 par Marx Cerf Berr originaire de Bischheim en Alsace.

 

Historique
source : source sur place, documentation diverses, Histoire de Saint-Maur-des-Fossés par Émile Galtier

 

Après la sécularisation de l'Abbaye, ses terres et possessions passèrent dans les mains de l'évêque de Paris.

Dans ces possessions il y avait l'hôtel de Charny, ou hôtel de Saint-Maur, à Paris. En ruine il fut revendu pour 4300 livres le 27 août 1541 à Jean Gauchery, avec l’aval du pape Paul III, pour financer une maison de plaisance à Saint-Maur par Jean du Bellay.

Jean du Bellay fait détruire l'ancien logis des moines.

 

Dès 1543, l'architecte Philibert Delorme commence à édifier le château selon ses plans. À la demande de François Ier, le parc est muré. Jean du Bellay s'y réfugie selon Jean Rabelais.

 

1560, Jean du Bellay décède.

 

1566, édit de Saint-Maur par Charles IX

 

1563, 28 janvier, Eustache du Bellay échange le château et ses propriétés contre la terre de Levroux en Berry.

 

Catherine de Médicis fait agrandir et embellir le château, qui selon Philibert Delorme « suivant le bon esprit et jugement qu'elle a très admirable sur le fait des bâtiments, la reine mère en fut le principal architecte ne me laissant que la partie de la décoration ». Catherine de Médicis apportera notamment une importante librairie d'ouvrages divers en langues anciennes comme le Grec ou l'Hébreu.

 

1566, 26 avril, Anne Este épouse Jacques de Savoie, duc de Nemours.

 

1568, 23 septembre, édit de Saint-Maur par Charles IX. Il tente de faire arrêter le prince de Condé et Coligny, mais ils se réfugient à La Rochelle. Le roi ordonna l'interdiction du culte protestant et la suppression de toute liberté de culte. Les réformés sont privés de leurs charges et de leurs biens.

 

1570, le 5 janvier, Philibert Delorme étant probablement mourant, c'est Jean Bullant qui le remplace en tant qu'architecte ordinaire.

 

Henri II y fut notamment le 1er février 1551, ainsi que les enfants comme Charles IX, Henri III, Marguerite de Valois y séjournèrent régulièrement.

 

1581, Catherine de Médicis fait construire une écurie.

 

1582, Marguerite de France y loge plusieurs mois de Juin à Septembre.

 

1590, 25 avril, le pont de Saint-Maur est pris par les troupes par les troupes du roi de Navarre. Il fait pendre les soldats qui avaient résisté dans une place forte, tout comme ceux qui du pont de Charenton.

 

Endettée en grande partie auprès de Hélie du Tillet, sieur de Guex, Catherine de Médicis est forcée de vendre le château de Saint-Maur-des-Fossés à Charlotte-Catherine de la Trémoille, veuve de Henri Ier de Bourbon, duc d'Enghien.

 

1599, Paris subissant une épidémie, Henri II de Bourbon est envoyé par précaution au château de Saint-Maur. Mais le village est également contaminé emportant avec lui Jean de Vivonne, marquis de Pisany, seigneur de Saint-Gouard.

1602, 17 juillet, présence d'Henri IV qui vient régulièrement rendre visite à son cousin de Bourbon-Condé.

 

1605, 5 octobre, Jacqueline du Bueil, maîtresse d'Henri IV, se marie ,avec l'approbation du roi, avec le jeune Chauvalon, musicien et joueur de luth.

 

Henri IV partait régulièrement au château d'Amboile, aujourd'hui château d'Ormesson, pour y rencontrer la demoiselle de Santeny.

 

1612, 8 février, le château est cédé par la veuve du duc de Bourbon à son fils Henri II de Condé. La ferme de Cassine est léguée à Charlotte de Beaune, marquise de Noirmoutiers, qui ne la garde pas très longtemps puis qu'en 1638 c'est Pierre Forest, sieur de la Porte, qui lui rachète.

 

1639, selon du Breul Louis XIII venait chasser régulièrement au château de Saint-Maur-des-Fossés.

 

1651, le prince de Condé craignant pour sa vie se réfugie au château de Saint-Maur-des-Fossés.

 

1652, meneur actif de la Fronde, il fait amener des troupes de l'armée de la Fronde, composée de Français et d'Allemands, et tente d'interdire par la marne le ravitaillement de Paris, il prend également le Pont de Charenton et de Saint-Maur. L'armée de Turenne, au service du roi et de la reine, est lui au château de Grosbois et Villeneuve Saint-Georges.

 

Jean Hérault de Gourville, intendant du Grand Condé à partir de 1669, fait modifier le château sur les plans de l'architecte Daniel Gittard natif de Blandy-les-Tours. Gittard travailla notamment au château de Chantilly pour André le Nôtre ainsi qu'au château de Vaux-le-Vicomte. Gourville, un proche de Nicolas Fouquet fut également condamné à être pendu, il s'exile quelques années, mais il est gracié en 1671 pour service rendu au roi.

Claude Desgots réalise les jardins d'après des plans d'André Le Nôtre.

 

Le château de Saint-Maur probablement après que le Prince de Condé eut donné la jouissance à Gourville, ce dernier est obligé de le restaurer.

 

1673, le prince de Condé donne la jouissance à Gourville du château de Saint-Maur-des-Fossés. Le pacte est de recevoir 12000 livres de rente à condition que Gourville finance à hauteur de 240 000 livres pour achever un côté du château. Selon les mémoires de Gourville, c'est plus de 400 000 livres qu'il va employer à la restauration du château.

 

1675, Mme de La Fayette séjourne régulièrement au château «  quand je suis à Saint-Maur, disait-elle à Mme de Sévigné, je puis écrire parce que j'ai plus de tête et de loisir. Paris me tue ».

 

1700, le dauphin de France, futur Louis XV, est accueilli en grande pompe au château par le prince de Condé. On y dénombre plusieurs personnalités : Le duc de Bourgogne, le duc de Chartres, le duc de Bourbon, le prince de Conti, le comte de Toulouse, le grand prieur, le duc de Grammont, le comte de Brionne, le duc de la Roche-Guyon,  de Liancourt, le duc de la Feuillade, le comte de Fiesque, le comte de Roussy, le comte de Sainte-Maure, le marquis d'Urfé, le comte de Chemerault, le marquis de La Vallière, le marquis d'O et le Marquis de Livry.

 

1706, début de la légende de l'Esprit de Saint-Maur. Un homme de 25 ans environ cru voir un revenant qui tapait sur les murs et faisait des choses bien étranges, attirant la curiosité de tout Paris dont le prince de Condé alors à Saint-Maur.

 

On peut remarquer qu'il ne ressemble plus trop à l'aspect du château sous Philibert Delorme, cette gravure a probablement été réalisée au début du XVIIIe.

 

1750, Louis XV se retrouve au château à l'occasion d'un grand bal organisé par le comte de Charolais. On peut penser que le château est encore en état.

 

Le duc d'Enghien passa une partie de son enfance au château jusqu'à l'âge de 15 ans environ, éduqué par l'abbé Millot. Il finira exécuté au château de Vincennes à quelques km , enlevé à l'étranger par les ordres de Napoléon, puis jugé sans témoin, sans public et avocat.

 

1789, après la prise de la Bastille le 14 juillet, le prince de Condé émigre avec le duc de Bourbon et le duc d'Enghien le 16 juillet. Le château est déjà ruiné depuis plusieurs années et l'Abbaye de Saint-Maur rasée dès 1750.

 

1792, le 2 septembre, les biens des « émigrés » sont confisqués, les officiels de Saint-Maur donnent les clefs du château, des communs, de la maison appelée Cassine, des moulins du Pont de Saint-Maur et l'enclos du grand réservoir proche du Parc de Vincennes.

Le château en ruines fut régulièrement squatté par des familles pauvres cherchant un abris, accélérant sa dégradation. Le conseil municipal déclare le 16 mars 1795 que le château menace de s'écrouler notamment sur la population pauvre qui y habite et demande à le sécuriser. En attendant, le château est pillé de ses restes de plombs et d'autres comme le buste de Bronze de François Ier qui sera vendu, il se trouve aujourd'hui au Musée du Louvre. Tous les éléments rappelant la féodalité, seigneurie où la royauté sont expurgés et détruits du château.

 

Néanmoins le conservateur du Musée des Monuments Français, Lenoir, tente de récupérer la plupart des œuvres du château.

 

Le château est mis en vente et c'est un certain Marx Cerf Berr, habitant au 108 rue du faubourg-saint-honoré, qui le rachète. Les travaux de démolition commencent en 1796, probablement pour revendre les éléments de construction, action fréquente à l'époque que ça soit un château ruiné ou non. Marc Cerf Berr, ou Marx Mordechai Serfberr, fut un entrepreneur des équipages d'artillerie. source

 

1800, le 18 janvier, le château n'existe plus et le terrain est revendu à Jean-Baptiste Barré.

 

1831, son parc est revendu puis cédé à la Compagnie des chemins de fer de l'Est en 1853.

 

Aujourd'hui il ne reste plus rien du château, il était situé au 11-15 avenue de condé, ou impasse du château de condé à Saint-Maur-des-Fossés.

 

Photographies

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