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Châteaux de Beauté et de Plaisance
 

 

 

Tour de Beauté

Les châteaux de Beauté sur Marne, aujourd'hui à Nogent sur Marne juste à côté du Pavillon Baltard, ainsi que celui de Plaisance dont la ville de Neuilly Plaisance prendra le nom, étaient deux châteaux de villiégatures des rois Charles V, Charles VI et pendant l'enfance de Charles VII. Le Comte de Dunois, le "restaurateur de la patrie" y naît en 1402. Mais c'est surtout avec Agnès Sorel, favorite de Charles VII qui lui offrit le château, qu'il prit une importance particulière en donnant son "titre" à Agnès appelée par la suite "Dame de Beauté". Dans l'oublie après la mort d'Agnès Sorel, le château tombe en ruine et par ordre de Richelieu il est rasé en 1626 environ. Le château de plaisance subit un sort équivalent en 1818.

 


Informations
  •  Adresse :  voir en bas
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  •  Heures d'ouvertures & Visites & Météo :

  • Château de Beauté, avenue Watteau ( proche du pavillon Baltard ) et château de Plaisance, 30 rue de Plaisance, 94130 Nogent sur Marne. Les deux châteaux n'existent plus, les adresses sont leurs anciens emplacements.

 

Historique
  sources : documentations diverses

 

Nogent sur Marne, château de Beauté sur Marne et de Plaisance
Anciens noms : Novigentum, Nogianis, Nogent-l’Artaud

VIe : C’est au VIe que Nogent sur Marne apparait pour la première fois dans un écrit sur Saint-Germain relaté par Venance Fortunat, évêque de Poitiers d’origine italienne qui fut également poète. Selon l’écrivain l’évêque de Paris Saint-Germain y viendra en visite.
Selon un autre évêque, Grégoire de Tours, historien de l’église, des Francs et de l’Auvergne,  rends une visite à Chilpéric Ier dans la ville  Novigentum , qui est très probablement Nogent-sur-Marne, où une villa royale est mentionnée dès le VIe. ( source )
« Je m’étais rendu à Nogent, où le roi nous fit voir un grand bassin d’or enrichies de pierres de cinquante livres et nous dit : «  j’ai fait ce que vous voyez pour la gloire de la nation des françois, mais j’en ferais bien d’autres si je vis », il nous fit voir aussi des pièces d’or d’une livre chacune…/… » suite ici : source. Chilpéric Ier lui montrera également le traité de Verdun qui partage l’Empire carolingien. La rencontre avec le roi et les ambassadeurs, dont l’évêque de Reims, de retour d’une mission en Orient, démontre que Nogenvitum est alors un lieu de villégiature important. 

IXe : Charles le Chauve donne à l’Abbé de Saint-Pierre des Fossés, futur Saint-Maur des Fossés, la concession d’un droit de pêche à Nogent. Le titre royal est signé au palais de Quiercy dans l’actuelle Quiercy-sur-Oise dans l’Aisne.
« Nogent sur Marne, appelé aussi Nogent-l'Artaud , appartenait depuis longtemps à ce monastère. Il en est question dans un diplôme donné en 829 par Louis le Pieux pour la confirmation du partage des biens entre l'abbé et les religieux et leur séparation en deux manses opérée par Hilduin, abbé de Saint-Denis, de Saint-Germain et de SaintMédard de Soissons. Ce domaine entra dans l'office de la chambrerie et de l'infirmerie. Lors du troisième siège de Paris par les Normands, les religieux transportèrent les reliques de leur patron saint Germain au prieuré d'Enaut près de Sens; puis , dans la crainte que ces hardis pillards ne remontassent la Seine, ils les ramenèrent à Nogent sur Marne où elles n'étaient pas moins exposées. Les Normands naviguaient de la Seine dans la Marne, lorsque Charles le Chauve, qui assemblait alors des troupes à Senlis, accourut à Meaux , leur coupa heureusement la retraite et les obligea à rétrograder. Quand le péril fut passé, les moines de Saint-Germain enlevêrent leurs reliques qui, au rapport d'Aymoin, avaient opéré des miracles à Nogent, et les mirent sur un bateau qui descendit la Marne, puis la Seine, jusqu'à l'embouchure de la petite rivière de Bièvre où ils débarquèrent le 14 des calendes d'août, c'est-à-dire le 19 juillet 863. Dans un second partage de biens fait en 872 par l'abbé Gozlin et confirmé par un diplôme de Charles le Chauve, donné à Saint-Denis le 20 avril 872, Nogent est placé dans le Mulcien [Novigtntum etiam in Meldensi), quoiqu'il fût du diocèse de Soissons.
Le monastère toutefois ne possédait pas Vautel de Nogent lorsqu'en 1096 l'évêque Hugues de Pierrefonds, répondant aux pressantes sollicitations [multisprecibus obsecratus) du roi Philippe, de l'abbé Isembert, d'Etienne,comte de Champagne, et d'Adèle, femme de ce dernier, le lui céda , à la réserve du droit de l'évêque et de l'archidiacre et d'une rente de 5 sols à la cathédrale. La charte de cette donation, rédigée à Soissons, porte les seings de Foucon, archidiacre (de Brie), du prévôt Lysiard, du doyen Hugues, des trois autres archidiacres Ingelran, Pierre et Ebale, de Robert, diacre et chantre, de l'abbé de Saint-Germain, de Hugues le Blanc, seigneur de la Ferté-Milon, et de Hugues, chancelier de l'évêque, etc. » source

Pierre de Chevry, Abbé de Saint-Maur au XIIIe, restaure la villa en ruine, ainsi que la chapelle et d’autres bâtiments. En 1280 le Pape Martin II autorise l’office religieux dans la chapelle.
Il est probable que la construction de l’actuelle église de Saint-Saturnin dans le vieux Nogent soit de cette période, même si le clocher est du XIIe la nef est du XIIIe ainsi que le nouveau cœur. La flèche du clocher ressemble étrangement à l’église de Saint-Martin dans le village de Moisenay située en Seine et Marne à côté du château de Vaux le Vicomte : Moisenay et autre Lien.
Le clocher est de style roman en pierre, sa flèche octogonale, avec fenestraux, très courante à l’époque a par contre la particularité d’être flanquée de quatre petits clochetons dans les angles, c’est la similitude principale avec l’église de Moisenay.
La base à 4 quatre petits clochetons finissant sur le clocher octogonale a aussi une signification religieuse puisqu’il est le symbole de l’humanité puis se termine par un 8 de la flèche qui signifie la résurrection.

Les châteaux de Nogent-sur-Marne


Charles VVers la fin du XIVe et au XVe deux châteaux apparaissent à Nogent, celui de Beauté édifié, ou restauré, par Charles V et celui de Plaisance acheté en 1375 au Duc de Bourgogne qui n’est alors qu’un manoir qui servira de résidence à la reine Jeanne de Bourbon. La reine construira sur l’actuelle Île de Beauté un pavillon de treillage  où diverses fêtes y seront réalisées. Le Duc d'Anjou, frère du roi, se fait construire un autre manoir près de Beauté, mais il n’existe aucune trace aujourd’hui.
Charles V y viendra régulièrement notamment pour lire les livres de sa bibliothèque royale, initialement au Château de Vincennes ,situé à seulement 3.5km environ, et dans le donjon et à Saint-Germain-en-Laye dans l’actuel donjon Charles V. Une bibliothèque est également construite dans le château de Beauté, elle est en partie l’ancêtre de la future bibliothèque Nationale actuelle.


1378, Janvier, Charles V reçoit l’empereur d’Allemagne Charles IV, ainsi que son fils Wenceslas IV roi de Bohême,  qui était venu à Saint-Maur en pèlerinage dans l’espoir d’être guéri de la goutte. L’empereur y restera 4 jours du 12 au 16 janvier, alors que Charles V réside à Vincennes, ils se verront journellement. Cet évènement est décrit par Christine de Pisan qui écrit une biographie de Charles V : « à Beauté fu l’empereur plusieurs jours et le Roy chascun l’aloit visiter et en secret parloient longuement. »
L’empereur allemand, de la lignée des Luxembourg, dira plus tard «  oncques sa vie n’avait vu plus belle et plus délectable place ».


1380, 16 septembre, Charles V meurt au château de Beauté «  dans les bras du sire de La Rivière, que moult chèrement il aimoit »
Charles VI y viendra régulièrement, il a signé plusieurs ordonnances, Isabeau de Bavières mettra au monde un Charles de France mais qui décède rapidement en 1386.
Louis d’Orléans, second fils de Charles V, « se livrait à Beauté aux douceurs de l’étude » selon Antoine Dufournet (NOGENT-SUR-MARNE et le territoire du PERREUX édité la première fois en 1914).

Charles VII

Le futur Charles VII et son cousin Jean de Dunois dit plus tard le « bâtard d’Orléans »  y passeront ensemble une partie de leur enfance, ce dernier est né au château de Beauté le 18 avril 1402.
Le domaine passe aux mains Philippe II de Bourgogne, Duc de Bourgogne, fils du roi Jean le Bon. Il s’illustra notamment à la bataille de Poitiers en 1356 en protégeant son père.

On remarquera sur le dessin de Castillon les fenêtres caractéristiques de la tour Philippe le Bon à Dijon mais aussi celles du château de la ferté Milon du Duc Louis d’Orléans père du comte de Dunois, laissant à penser que la tour eut d’autres modifications après l’édification ou la restauration de Charles V.

 

 

 

fenêtres

à gauche dessin Claude de Chastillon, au centre la Ferté-Milon et à droite la tour Philippe le Bon de Dijon.

 

1404, Charles VI par une charte en Février, exempte les droits de prise sous certaines conditions. En effet les habitants se plaignent d’être taxés régulièrement par le simple fait de la présence royale.
1435, le château de Beauté et de Plaisance retournent dans le giron royal après quelques années de présence Anglos-Bourguignonne. 

 

Agnès Sorel
1448, ou 1444 selon les sources, Charles VII donne le château de Beauté à Agnès Sorel. Elle prit le titre « dame de Beauté » en référence à Beauté sur Marne. Elle donne naissance au château à Jeanne de France. Après sa mort, empoisonnée au mercure, en 1450 la tour est laissée à l’abandon progressivement. Elle est rasée sous Louis XIII par Richelieu vers 1626, Claude Chastillon est probablement le dernier à laisser un témoignage en dessinant une gravure des restes de la tour en 1610. Il y a au musée Carnavalet les restes de plusieurs carreaux et une plaque signalant l'emplacement du château se trouve à Nogent-sur-Marne.

 

 

 

Château de Plaisance, XVIIe

Château de Plaisance, XVIIe



Le château de Plaisance subit un sort équivalent, il est possible cependant que Philibert Delorme soit intervenu sur le manoir lors de sa présence au château de Saint-Maur vers 1550,  en 1726 il est reconstruit par le financier Joseph Pâris dit Duverney, Ecuyer et Secrétaire du Roi, premier Intendant de l'école Militaire dont il est l’initiateur principal. Il y accueillera Louis XV en 1742. Malgré la révolution le château ne fut pas endommagé, mais son héritier  Laurent Alexandre Joseph Falcoz de La Blâche, qui échappe de peu à la guillotine, revend le château, avant sa mort le 5 décembre 1799, à un promoteur qui le démoli en 1818. Il n’existe plus rien du château de Plaisance, excepté des salles basses aujourd’hui renflouées mais découvertes au milieu des années 1970 lors de la construction d’immeubles.

Photographies
 

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