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Château d'Arthies - Manoir des Tournelles
 

 

 

   Château d'Arthies

Situé à 50km au Nord-Ouest de Paris dans le Val d'Oise, le château est sur la route D983 qui va vers Magny en Vexin et Mantes la Jolie. Le nom d’Arthies vient du celte « arthies »», qui veut dire Maison, mais également, sans source sûre, du gaulois « attegia »» qui veut dire Cabane. Notons également qu’il faisait partie du domaine royal, puisqu’il était à la lisière de la forêt d’Arthies qui rejoignait à l’époque la forêt de Saint Germain en Laye.

Situé dans un village, dont l’existence est attestée à partir de 690 dans un testament, écrit sur papyrus, d’un « inconnu d’Arthies », il dénote totalement des châteaux des alentours par sa conception : un appareillage en damier de pierre et de brique. Cet appareillage au-delà de son aspect, assez joli, au visuel caractéristique, a aussi des vertus défensives non négligeables. Il est parfois appelé aussi Manoir des Tournelles.


Remerciements : Association Forteresse  & Le propriétaire Mr Hugues Flochel pour son chaleureux accueil.

 
 


Informations
  •  Adresse : Dans le village d'Arthies dans le Val d'Oise, code postal : 95420. Chercher la rue Gaillard sur le GPS.  
  •  Téléphone :  Hugues Flochel - 01 34 67 06 15
  •  Site  :  
  •  Heures d'ouvertures & Visites  : 
  •  
  • Ne se visite que lors des journées du Patrimoine ou sur demande pour les groupes. Entrée gratuite ( 2010 )

 

Historique
  Sources :  Divers : le site officiel ainsi que d'autres précisés dans le texte

 
 
 
Le château est pour l’instant composé de plusieurs parties ayant trois dates de constructions importantes :
 
•    La Tour carrée, ou donjon, aujourd’hui en ruine qui semble se rapprocher de la tour d’Omerville, très probablement du XIIe ou XIe. Elle surplombait la route menant à Mantes ou Magny en Vexin, aujourd’hui la départementale D983. Elle servait de tour de guet mais vu qu'elle était plus haute que le donjon actuel (manoir seigneurial) et au vu de sa superficie trois fois plus étendue qu'actuellement, on ne peut pas être certain de sa fonction. Elle a été construite sur l’emplacement d’une ancienne villa mérovingienne. La chapelle est peut-être de la même époque, mais remaniée à plusieurs reprises.
 
•    Le Manoir seigneurial du XVe ou fin XIVe, modifié au XVIIe et au XIXe. Les enceintes, le pigeonnier et les tours datent des années 1430 ou de la fin XVe.
 
Selon Henri Soulange Bodin, le château date de 1430, il est édifié par Pierre de Themericourt (1); ce qui ferait de lui le premier ou l’un des premiers châteaux avec cet appareillage en damier dans le département. Mais d’autres recherches indiquent que le château a été construit par Bertin de Silly (seigneur de la Roche Guyon) vers la fin du XVe. La datation n’est donc pas aisée et on ne peut à l’heure actuelle privilégier aucune hypothèse.
 
L’appareillage en damier a des avantages avec cependant quelques défauts :

Appareillage en Damier
 
En termes de défense, cette méthode permettait :
 
Lors d’attaques au boulet de bombarde ou de mangonneau, de casser l’onde de choc par l’assemblage en « lego ». En effet au lieu de se propager sur toute l’enceinte, voire au-delà, elle est automatiquement absorbée et brisée. Cet effet est encore plus marqué par la bi-matière utilisée : pierre carrée avec des briques assemblées en carré également. Leur densité et leurs taux d’absorption ne sont pas les mêmes, ce qui démultiplie encore plus l’effet. La brique par ailleurs, en se brisant lors du choc, va permettre aux pierres adjacentes de mieux tenir sur leur socle. Quant aux parties en pierre, elles se déboiteront sous l’effet du boulet, voire se briseront, mais tout cela sans détruire les autres parties ou les abîmer. Bien sûr on parle d’une époque où les boulets de canons (bombardes etc) n’étaient pas très précis.
 
Lorsque le boulet de canon détruit une partie du mur, seule la partie touchée part. Il n’y a pas d’effondrement, puisque les carrés de bloc en pierre ou de brique sont déboités de leur emplacement. 
 
Et même en cas de travail de sape, l’assemblage permet de s’effondrer sur lui-même. On peut supposer aussi que l’appareillage permet, comme un arc de décharge, de résister à un effondrement général du haut de l’enceinte.
 
L’autre avantage est d’ordre pratique. Il est plus facile de remonter un mur constitué de carrés, puisqu’il faut ‘simplement’ replacer des carrés de pierres et de briques aux endroits disparus. C’est très intéressant car ça demande moins de main d’œuvre, c'est plus facile à réparer rapidement y compris lors d’un siège. Il faut pour cela avoir des éléments de rechange… en avaient-ils ?
 
Alors avec tous ces avantages, on aurait pu penser que cette technique géniale se soit développée un peu plus. Mais il y a plusieurs inconvénients :
 
Une question d’époque, cette technique semble arriver tardivement et les technologies à poudre se développent et deviennent plus précises et puissantes. Il faut donc changer de tactique (Vauban notamment apportera son lot de modifications).
 
Il faut davantage d’ouvriers avec une meilleure qualification pour la conception de l’enceinte, puisque les technologies utilisées pour leur création et assemblage ne sont pas les mêmes. De plus il faut deux circuits d’approvisionnements, ce qui demande aussi une meilleure gestion de la matière première et de la main d’œuvre. Ce qui provoque une augmentation du coût de construction, même si on peut considérer qu’elle était limitée par le fait qu’il y a moins de pierre à tailler, deux fois moins qu’un château équivalent.
 
La matière première est souvent sur place lors de la construction des châteaux. Ils n’avaient pas de camion … donc le plus facile était d’extraire et tailler sur place la pierre. Mais il est difficile de trouver des pierres de qualités faciles à tailler ainsi que des fabriques de briques au même endroit, ce problème a été ici, semble-t-il, résolu. En effet en 1898 a été découvert un four à brique. Ce qui suppose de la part du seigneur une certaine aisance financière. La brique, depuis l’époque romaine, est très développée dans la région. Quant à la pierre, les carrières semblent nombreuses puisque un grand nombre de pierres partaient pour Paris.
 
(1) « châteaux anciens de France connus et inconnus » de 1962, Henri Soulange Bodin.
 
Bertin de Silly puis la famille de la Rochefoucault (château de la Roche-Guyon) gardèrent le château jusqu'à la Révolution française. Le capitaine D'Anse devint l'heureux propriétaire du château et laissa son nom à une croix située près du château " la croix d'Anse". Le château va rapidement se dégrader et la ferme dite "la feuge" qui jouxte le château fut seule mise en état par la duchesse d'Enville.
 
Plus tard c'est un certain Matthieu Gouttard (ancien régisseur de La Roche-Guyon de 1728 à 1768) qui fait l'acquisition du Château. Il est possible qu'il ait vendu des pierres pour la construction de maisons dans les alentours. Il le revendit à la famille Morin de la Sablonnière, puis par alliance le château appartint à la famille de Francmesnil qui y habitait jusqu'à la seconde guerre mondiale. Par la suite un couple franco-américain, les "White", restaure le château et la petite chapelle. Le propriétaire actuel est leur neveu, Hugues Flochel, qui y vit depuis l'âge de 6 ans, et par héritage en devient l'heureux et passionné propriétaire.

Deuxième Guerre mondiale : La résistance française à Arthies

Le château, alors aux mains d’une partie de l’état-major allemand, va vivre lors de la débâcle allemande une histoire tragique :


Le 21 Août 1944, quelques habitants d’Arthies qui forment un groupe de résistance vont attaquer un camion sur la D983 sur le côté du château. Le camion explose et tue un officier allemand et en blesse plusieurs autres. Plusieurs soldats sont alors capturés et enfermés dans les caves du château. La réponse des SS  est sans équivoque. Le 22 Août 1944, les SS vont dans les villages d’Arthies, Aincourt et Charmont et prennent plusieurs otages. Deux des habitants résistent et sont exécutés sur place. Le camion va emmener les otages dans la direction de « la fosse rouge », et s’arrête entre Charmont et Banthelu. Les SS les font descendre et leur demandent de partir vers le champ. 13 des otages sont tués et d’autres survivent de leurs blessures. Il existe aujourd’hui à leur mémoire un monument sur le lieu de l’exécution.

Source principale : Site municipal de Clery en Vexin d’après un texte de Léopold Cabanau secrétaire à la Mairie de Charmont.
 
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Vérifié par Cécile Bricault

  

 

Photographies
 

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