{gallery /}

 

Bataille de Patay - 18 juin 1429
 

Lieu probable de la bataille de Patay, sur l'actuelle D935 et à côté du moulin de Saint-Thomas.

 

La Bataille de Patay est très importante dans la guerre de Cent-Ans et la reconquête de territoires perdus autour d'Orléans,  car elle met un terme quasi définitif à la présence des Anglais dans la Beauce et les alentours d'Orléans. En effet les forces anglaises sont littéralement mis en pièce dont les fameux archers accompagnés de leur Longbow mais aussi supprime plusieurs officiers, unité d'élites et fait prisonnier le valeureux Talbot.

Cette bataille est aussi une victoire écrasante des chevaliers Français, aidé des écossais de la Auld Alliance, contre les archers Anglais, qui permet d’effacer en partie les défaites de Crécy et d’Azincourt, elle a donc un effet psychologique dévastateur pour les Anglais. 

Les Archers avec leur Longbow  étaient alors l'unité d'élite formée et entretenue par le roi d'Angleterre, une armée de métier en somme ce qui est relativement nouveau à cette époque. La perte de ces  milliers d'Archers étaient donc difficile à remplacer rapidement car il fallait une formation longue pour obtenir des Archers performants, d'autant qu'un grand nombre d'officiers sont morts également.

Elle permet aux français de reprendre espoir et à Jeanne d'Arc d'obtenir sa première victoire militaire sur un champs de bataille, même si les commandants tactiques de l'armée sont ,pour cette bataille, le comte de Dunois, le Duc d'Alençon et Gilles de Rais, mais c'est sous le conseil de la Pucelle qu'ils ont agit en partie.  Elle joue donc un rôle galvanisateur sur les décisions prises mais aussi sur ceux qui combattent directement sur le terrain. Les troupes de  la Hire,  Pothon de Xaintrailles, la Auld Alliance Écossaise qui sont en avant poste des combats, sont les premiers à être en contact avec les Anglais puis ils sont rejoints par la suite par le gros de la troupe ( Dunois, Gilles de Rais, Duc d'Alençon et Jeanne d'Arc ).

 


Informations
  •  Adresse : 45310 PATAY 
  •  Téléphone :  
  •  Site  : 
  •  Heures d'ouvertures & Visites & Météo :
  • sur la route, donc visible à côté d'un moulin

 

Chronologie de la Bataille 
 

source : chroniques de Wavrin, Monstrelet, Perceval de Cagny, Chartrier, duc Jean II d'Alençon

 

Quelques jours avant la bataille de Patay

Après la libération d’Orléans le 8 mai 1429, de la  prise de Jargeau le 12 juin 1429, du pont de Meung-sur-Loire le 15 juin 1429, du château Beaugency le 16 juin 1429, ainsi que son pont, par la Pucelle et ses compagnons dont le Comte de Dunois et la Hire, les Anglais obtiennent des renforts de Paris qui arrivent à la mi-juin. Une troupe, de plusieurs centaines d’hommes, voir plus d’un millier, dirigée par Jean Fastolf ( ou John Falstaff ) tente de rejoindre les troupes anglaises dont une partie est encore aux portes du château de Meung-sur-Loire.

Alors que Jean Fastolf veut reprendre Meung-sur-Loire et surtout le pont de cette même ville, qu’il veut assiéger, il est rejoint dans la soirée par John Talbot qui a quitté Beaugency. Mais au lieu de reprendre le pont de Meung-sur-Loire, Fastolf avec les troupes Anglaises quittent Meung pour se diriger vers Janville-en-Beauce. Il y a une certaine incertitude sur le fait que Fastolf soit bien arrivé à Meung-sur-Loire, en effet Perceval de Cagny , très bien renseigné en général et assez précis, écrit que Fastolf a rejoint Meung sur Loire dirigé par Scale, mais les autres chroniqueurs semblent moins précis sauf Wavrin fu côté Anglais.  Jean Chartier écrit que Fastolf devait rejoindre Meung-sur-Loire mais les troupes de  Talbot et Scale reviennent justement du château de Meung-sur-Loire et le rejoigne sur la route entre Janville et Meung-sur-Loire.

Il faut noter aussi que le château de Meung-sur-Loire est quasi assiégé par les troupes françaises qui tiennent donc le pont fortifié du village, point névralgique.
On peut penser que cette imprécision est relative à l’incertitude des évènements, Fastolf et Talbot semblent par ailleurs ne pas avoir les informations nécessaires et sont obligés de prendre des décisions au pied levé. Cette incertitude explique assez aisément  un certain désappointement des troupes Anglaises qui sont désemparée d’une telle situation, alors qu’ils ont mis des mois pour prendre ces places, en quelques jours ils doivent les quitter avec des pertes considérables, plusieurs centaines de mort en quelques heures rien qu’au château de Jargeau dont le frère du comte de Sulffok qui se dernier expliquera par la suite, selon le « greffier de la Rochelle », la chose suivante sur Jargeau : «  il y avait dans Jargeau cinq cent chevaliers, écuyers et autres gens d’armes des meilleurs de toute l’Angleterre , et deux cent archers de l’élite aussi, des meilleurs d’Angleterres » une grande partie des troupes est  massacrée.

Enguerrand de Monstrelet , chroniqueur Bourguignon, l’exprime assez bien dans sa chronique en parlant notamment des troupes à Beaugency :
« voyant que, par la renommée de la Pucelle, la fortune s’était entièrement tournée contre eux, que plusieurs villes et forteresses, les unes forcées d’assaut par la vaillance des armes, les autres à la suite des traités .../… leurs gens étaient pour la plupart démoralisés et épouvantés .../... les capitaines Anglais ne savaient que faire, ni à quel parti s’arrêter »

Cette situation catastrophique pour les Anglais offre la reddition par un traité de la place de Beaugency dont le capitaine est William Gough.
Les français pensant à les combattre dans « les champs » de Beaugency se préparent mais apprennent que les Anglais ont en fait quitté Meung-sur-Loire. Il n’est pas difficile de le savoir vu que le pont qui se trouve à quelques centaines de mètres du château est tenu par les français, cependant des éclaireurs sont envoyés un peu partout pour connaître leurs intentions. Les français se lancent à la poursuite de troupes anglaises qui se dirigent vers Janville.



On est le 18 juin, une chaleur étouffante

Les anglais se rapprochent de la ville de Patay, sans qu’on connaisse encore aujourd’hui l’exacte position, plusieurs théories à ce sujet dont la plus courante est que les Anglais se positionnent principalement entre Saint-Sigismond et Lignerolles.

Le  récit du côté Anglais, par Jean de Wavrin, devenu chevalier mais alors écuyer pendant la bataille de Patay, seigneur du Forestel près de Lille, d’une grande famille Picarde, il fut notamment au service des Bourguignons et de Philippe le Bon Duc de Bourgogne…

Extrait que j’ai modifié en un français plus courant à partir du texte d’origine de Wavrin :

Les dits Français, pour parvenir à leur fin, se mirent en plein champs. Chaque jour il leur arrivait et venait chaque jour des gens nouveaux de lieux divers. A l’avant-garde le connétable le Maréchal de Boussac, La Hire, Phothon et d’autres capitaines. Juste derrière se trouvait le Duc d’Alençon, le Bâtard d’Orléans, Gilles de Rais qui commandaient les opérations militaires, à leur côté la dite Pucelle.
Les forces françaises étaient de 12000 à 13000 combattants (
chiffre très largement au-dessus de la réalité, ils étaient tout au plus 4000 ). Il fut demandé à la Pucelle par les princes et principaux capitaines, ce qu’elle pensait qui devait être fait. Laquelle répondit qu’elle était certaine et savait avec force que les Anglais, leurs ennemis, les attendaient pour les combattre. Disant en outre, qu’au nom de Dieu, on chevaucha contre eux et qu’ils seraient vaincus.
Les français se mirent en chemin en bon ordre ; de 60 à 80 hommes partirent en éclaireur pour trouver les Anglais.
../..
Quand les troupes Anglaises furent en plein champs, on prit le chemin en bon ordre, vers Patay, quand ils s’approchèrent de la ville, ils s’arrêtèrent car ils furent avertis par les éclaireurs de l’arrière garde Anglaise qu’ils virent des gens en grand nombre, ils pensaient que c’était les Français. Alors pour connaître la vérité, les seigneurs Anglais envoyèrent des cavaliers pour savoir ce qu’il en était. Ils revinrent et confirmèrent que c’était bien les français qui étaient en grand nombre.



Les Anglais demandent à l’avant-garde d’avancer promptement vers Patay, pour retarder l’avancée française ils font mettre leurs Archers, plus d’une centaine en avant et 500 archers environ  un peu plus en arrière dans les haies des champs pour tenter de prendre par surprise l’avant-garde française, l'ensemble des 600 archers est commandé par Talbot.
 

Tel est pris qui croyait prendre

Alors qu’ils sont adroitement positionnés pour prendre par surprise les cavaliers français, un fait inattendu  fait  capoter leur tactique en début d’après-midi vers 14h, toujours selon le récit de Wavrin :

« Les Français arrivaient très rapidement, mais ils n’avaient pas encore à ce moment-là découvert où étaient les Anglais, mais l’avant-garde française vit un cerf partir hors des bois, puis se dirigea vers Patay au-devant des Archers qui firent un haut cri ! Ils ne pensaient pas que les français étaient si près d’eux. »
Entendant le cri, les chevaliers français comprirent que c’était les Anglais, ils envoyèrent vers l’état-major, plus en arrière, l’information pour rendre compte de la situation et qu’ils avaient repéré la position Anglaise.

Découvert les archers Anglais tentèrent de changer de position pour se diriger vers Talbot qui était stabilisé sur un étroit chemin un peu plus en arrière. Ce fut un acte fatal, désorganisé ils se font massacrer en quelques minutes et Talbot est fait prisonnier par Jean Daneau qui appartenait à la compagnie de Pothon de Xaintrailles.

Devant la furie des chevaliers Français qui poursuivent les Anglais jusqu’à la position de Jean Falstoff, probablement vers l’actuel village de Lignerolles, qui tentait d’organiser la défense en mettant des pieux ( comme à Montépilloy ), Jean Falstoff est contraint de partir en arrière vers sa troupe positionnée en avant-garde… mais cette avant-garde voyant arriver Falstoff avec un drapeau blanc pensent qu’ils s’agit d’une fuite…le capitaine alors en avant-garde ordonne de partir… Falstoff  voyant l’avant-garde s’enfuir...il dut se résigner à fuir également ! Malgré, selon l’écuyer Jean Wavrin alors présent, qu’il voulait continuer le combat.
 
À Patay, Talbot fut amené devant le duc d'Alençon et le seigneur connétable. Jeanne était présente. Le duc d'Alençon dit  à Talbot: « Vous ne croyiez pas ce matin qu’il vous adviendrait ainsi. » Talbot dit: « C’est la fortune de la guerre. »
 
Falstoff pris la direction du château d’Étampes avec plusieurs centaines de combattants.

Selon Wavrin plus de 2000 Anglais, principalement des archers sont tués et 200 prisonniers, principalement des officiers, du côté Français moins d'une centaine de tués.

On remarquera que dans les récits d'époques, la présence de Jeanne d'Arc est certaine, mais son rôle réel sur le terrain est assez flou le 18 juin. Il faut noter aussi la présence des écossais de la Auld-Alliance qui contribue très largement à la victoire avec à leur tête Patrick Augilvy.



 

Photographies
 

{gallery captions:alwaysOnTop=1}batailles/bataille-patay{/gallery}